Le dernier tube d’Indochine « College Boy », sorti en 2013 nous avait laissé sur notre faim. Pas de panique ! Voici un retour plutôt alléchant du groupe légendaire pour leur album 13. 

Un album avec l’identité d’Indochine 

Après quatre ans sous silence, le célèbre groupe français nous livre un nouvel album entre mélancolie et quête de sensations : 13. Le psychédélisme ambiant de ces nouveaux titres nous transporte dans un univers purement indochinien d’un « moi » en introspection. Il suffit de se laisser envoûter par les riffs électrisants de la guitare et de se laisser bercer par des paroles remplies de poésie et nous voilà en route vers une quête de vie et de sens. Le titre « Song for a dream » se fraye ainsi un chemin dans les peurs les plus profondes de l’auteur, des peurs qui nous sont communes à tous : ne pas être oublié. C’est ce qu’on aime dans cet album : il dit ce que nous avons peur de nous avouer tout haut. Nous avons tous ce « rêve incroyable » qui sommeille en nous, qui nous fait défaut mais auquel on croit. 

On pourrait reprocher à cet album un manque de renouveau musical. En dehors de quelques débordements électro un peu « too much » on retrouve avec plaisir le combo équilibré du groupe. On a beau connaître par cœur le son d’Indochine, c’est pourtant une griffe à laquelle on tient : celle qu’a créée le groupe depuis ses débuts et qui lui vaut son succès. 13 est avant tout un album échappatoire, une porte de sortie vers un monde parallèle que tous les adultes rêvent de passer pour s’inventer une nouvelle vie, et l’auteur le dit si bien dans la chanson « Cartagène » : « Je me suis enfui au bout du temps, j’y ai songé parfois souvent ». On a qu’une seule envie : le suivre.

Entre beauté et cruauté : des textes envoûtants

Comme toujours avec Indochine, les mots existent pour eux-mêmes ; la voix de Nicola Sirkis ne fait que leur donner la vie. Les paroles, à la fois percutantes et criantes de vérité, ne peuvent que raisonner en chacun de nous. « La vie est belle est cruelle à la fois », nous en faisons tous l’expérience, et c’est justement ça qui nous parle et qui nous donne envie de rester accroché aux cordes de cette chanson. C’est grâce à « La vie est belle » que l’album se fait connaître, un titre empli d’une mélancolie joyeuse et universelle. Le titre « Gloria » quant à lui nous illumine de cette poésie fraîche et lunaire qui nous a tant charmé par le passé, à tel point qu’on ne voudrait rien d’autre que savourer les mots dans leur plus pure musicalité. Quand bien même la tonalité générale de l’album éveille en nous quelque nostalgie d’un temps révolu, il met aussi en lumière des événements d’actualité récents qui en révoltent plus d’un…

Des sonorités politiques

« Un peu d’espoir », c’est ce que Nicola Sirkis demande dans le titre « Black Sky ». On ne peut qu’acquiescer et chanter l’espoir avec lui. Nous pouvons sans hésiter rapprocher ce titre de plusieurs autres de son album qui font référence au sombre tournant que prennent nos vies depuis quelque temps. Un hymne contre l’obscurantisme ?  Quoi de mieux que l’art, et surtout la musique pour rendre la vie plus belle ! Les artistes ne peuvent pas faire autrement que de s’exprimer, et la politique est de loin une très bonne source d’inspiration. Indochine nous le prouve à nouveau avec le titre « Trump la vie ». C’est sans mâcher ses mots que le chanteur annonce « on n’avait rien vu venir d’aussi pire que ça ». Le président américain est certes une proie facile pour les artistes, il n’est pas le seul à être visé par la plume de l’auteur. « Un été français », joué sur des airs de pop rock simpliste ne nous laisse pas indifférent quant au « froid national » qui bouleverse « un pays infernal », vous aurez sans doute deviné…

13 est un album aux textes savoureux et aux mélodies qui ne déçoivent jamais ! A écouter, ou plutôt à lire avec excès !

 

Emma Zégarski

13 : un album à cœur ouvert signé Indochine

par contributeurs Temps de lecture : 3 min
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