Atomic Blonde, du réalisateur David Leitch, est un film basé sur le roman graphique The Coldest City d’Antony Johnston et Sam Hart. Lorraine Broughton, agent du MI6 doit se rendre en plein Berlin pour récupérer une liste et coincer le double espion Satchel. Porté par une Charlize Theron dans la forme de sa vie et un James McAvoy presque aussi spécial que dans Split, ce film percute par sa bande son tout autant que par sa baston.

Charlize Theron is dressed to kill

Lorraine Broughton est un agent d’élite du MI6, le rapprochement avec James Bond est donc inéluctable. Le spectateur aguerri le sait, James Bond peut se battre, sortir de l’eau, et son brushing est toujours impeccable. Ce qui fait du bien dans Atomic Blonde c’est que Charlize Theron prend des coups et ça se voit ! Les plans séquences de bagarre sont tout aussi excellents que ceux où l’on observe longuement le visage tuméfié de l’agent Broughton. Un grand bravo à l’équipe maquillage. Pas de balbla donc, se battre ça coupe le souffle, professionnel ou pas peu importe. Charlize Theron a dû pour cela s’entraîner intensément. Oui, il s’agit bien d’elle à l’écran lors de cette scène de combat de 7 minutes 30, dans laquelle l’agent Broughton se débarrasse de ses assassins un par un. Son sparring partner n’était autre que Keanu Reeves. Keanu + David Leitch => bonjour John Wick ! Il y a aussi un peu de Jason Bourne dans Atomic Blonde, mais ce que l’on aime c’est que tous les coups soient donnés par une femme. Lorraine Broughton ne se laisse pas marcher dessus ! En talons hauts, vêtue d’un beau manteau blanc, armée d’un tuyau d’arrosage, elle a tout simplement la classe. Charlize Theron campe une héroïne tout aussi stylée que Colin Firth dans Kingsman n’en déplaise à David Percival et son sens douteux de la mode.

Atomic Blonde’s Universe

Atomic Blonde a su recréer l’ambiance du Berlin des années 1989 par une très grande variété de filtres. Visuellement, Jonathan Sela, le directeur de la photographie, s’est employé à élaborer toute une palette graphique : « J’ai opté pour des couleurs saturées de néon bleu et rose, notamment dans le bar où Lorraine et Delphine se rencontrent. Le gris était réservé à l’austérité du côté Est. Le vert quant à lui servait à symboliser la créativité qui régnait à l’Ouest ». L’équipe du film a tourné à Budapest, car avec certains ajustements, on pouvait trouver à la fois Paris et Londres. L’avenue Etrassi a donc servi de base pour abriter les locaux du MI6. Le mur a été évidemment un gros chantier, un pan de 76m de long et près de 4 mètres de haut a été créé. Le mur de Berlin était tagué du côté Est, des graffeurs locaux ont donc été engagés pour reproduire ses graffitis. L’univers d’Atomic Blonde s’étend tout autant dans le visuel que dans le sonore. La bande son du film n’a en effet rien à envier à celle de Baby Driver. L’hommage à David Bowie, qui avait vécu à Berlin dans les années 70, et y avait écrit 3 albums, connus sous le titre de Berlin Trilogy est évident. Cat People raisonne d’ailleurs parmi les chansons présentes dans le film. Le bon vieux Sweet Dreams d’Eurythmics est aussi là, alors sortez la boule à facette ! Non non je rigole c’est un film d’action, mais quand même tout se mélange au Pike Club, vous verrez. Une dernière chose, pour ceux qui disent que la narration est ratée, je dis NON ! Les aller-retour entre la salle de témoignage et le déroulé de l’histoire permette de respirer et aussi de créer le bon décalage.

Atomic Blonde : Lorraine Broughton punches Berlin

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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