Les offres abondent à Rurrenabaque, en Bolivie, pour découvrir le bassin amazonien. Pour notre séjour dans la jungle, nous avons choisi de mettre le prix (150 € par personne pour trois jours et deux nuits), et de faire confiance à l’équipe de Madidi Travel afin de découvrir la réserve Serere. Voyage au coeur de la jungle Amazone.

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A la lisière de la forêt

Trois heures de pirogue à moteur sur le Rio Beni sont nécessaires pour rejoindre la réserve de Serere de la ville de Rurrenabaque. Ce fleuve, le plus large de Bolivie, finit sa course quelques centaines de kilomètres plus loin dans l’Amazone.

En cette saison sèche, après avoir débarqué sur les rives du fleuve, il faut parcourir une dizaine de mètres sur le limon craquelé pour approcher de la lisière de la forêt. Très vite, l’atmosphère se fait plus chaude, plus lourde. Les cris des oiseaux résonnent de plus en plus fort. Les arbres s’étirent vers le ciel, la lumière se faufile entre les feuilles et les branches de ces géants sur tronc et des lianes qui les assaillent.

La réserve de Serere accueille toute l’année un nombre restreint de touristes et autres passionnés de nature qui souhaitent découvrir ou redécouvrir la « selva », encadrés par des guides et un personnel bolivien tous désireux de préserver cet environnement menacé. Ici, on est loin des « pampas tours » et des « jungles tours » à sensation qui promettent de vous tirer le portrait avec un anaconda autour du cou. Lors de ces tours organisés, proposés par des dizaines et des dizaines d’agences à Rurrenabaque, peu importe que l’insecticide soigneusement répandu sur votre peau soit une des causes de la disparition de l’animal tant redouté. Peu importe aussi que la bête ait été enfermée dans un sac en tissu plusieurs heures durant afin que le groupe suivant puisse avoir la « chance » d’avoir déniché un anaconda « comme par hasard ».

Dans l’organisation Madidi Travel qui gère la réserve, on a choisi d’adapter la présence humaine à cet environnement, et non l’inverse. A Serere, les groupes de touristes sont limités à six personnes, les éco-lodges qui les hébergent sont dépourvus d’électricité et astucieusement construits. Des chambres doubles avec des moustiquaires en guise de murs : ambiance « jungle » garantie.

 

Bolivienne et propriétaire de la réserve, Rosa Maria vit ici toute l’année. On ne se lasse pas de nous raconter la fois où, se baignant dans le lac en face de sa cabane, elle s’est faite attaquer par un caïman. René, comme les autres guides qui travaillent ici, est membre d’une communauté qui borde le fleuve. Depuis vingt ans, il passe le plus clair de son temps à parcourir la forêt. Ses sens aiguisés par des années de pratique lui permettent de débusquer le moindre petit animal. Et son grand-père, chamane du village, lui a appris à reconnaître et à utiliser les plantes médicinales.

 

Une forêt pas si vierge

Dans la selva, nombreux sont les groupes de singes Saïmiris (ou singes- écureuils), reconnaissables à leur pelage jaune-crème, qui, par groupe de vingt ou plus, dépouillent en quelques minutes les grappes de fruits suspendues à des dizaines de mètres au-dessus du sol. Leurs cris, le bruissement des feuilles et le craquement des branches indiquent rapidement leur position. Avec un peu d’attention, les oiseaux et notamment le fabuleux Serere, dont la réserve tient son nom, sont aisément visibles. D’autres animaux sont quasiment impossibles à apercevoir, comme le jaguar et le puma, qui chassent principalement la nuit et qui restent à bonne distance des hommes. En revanche, dès que le soleil se couche, la forêt devient le terrain de prédilection des insectes. Leurs chants envahissent l’atmosphère. Les araignées sortent de leur cachette pour s’installer sur leur toile et attendre patiemment leur proie. Au bord des lacs, ce sont les caïmans qui, immobiles, guettent leur repas.

Le décor de ce théâtre animalier est le monde végétal. Pour être le premier à atteindre les cimes ensoleillées et y déployer son feuillage, les arbres luttent parfois jusqu’à la mort, les lianes grimpent sur leurs flancs jusqu’à ce que leur poids fasse chuter leur hôte dans un vacarme assourdissant. Rien ne se perd, le moindre rayon de soleil apporte son énergie à des dizaines d’espèces en même temps, fournissant ainsi matière aux colonies de fourmis et autres insectes. Ces derniers nourrissent les petits mammifères, qui sont la proie des oiseaux et des plus féroces carnivores.

 

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Bolivie – Voyage au coeur d’une jungle énigmatique

par contributeurs Temps de lecture : 3 min
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