Du 22 octobre au 20 février, la fondation Louis Vuitton, accueille la très importante collection d’œuvres d’art du Russe Chtchoukine. L’exposition se déploie sur 14 salles et présente 127 pièces allant du très connu Picasso à des artistes soviétiques comme Vladimir Tatline. Pour voyager à travers une palette si large, il n’y avait pas meilleur lieu où se poser que le vaisseau de l’architecte Frank Gehry.

Chtchoukine Vuitton
La fondation Louis Vuitton habillée par Buren. © Aliénor Pérignon

Chtchoukine l’industriel russe chez Vuitton l’homme du luxe français

Sergueï Ivanovitch Chtchoukine est né à Moscou en 1854 au sein d’une riche famille d’industriels du textile. Il prend la tête de l’empire familial à la suite de la mort de son père en 1890. Avec sa femme, Lydia Koreneva, il s’installe au palais Troubetskoï. Pour montrer sa richesse, il décide de décorer sa demeure et commence ainsi la collection qui fait l’objet de cette exposition. Dans son palais moscovite, il rassemble ainsi un ensemble de 275 œuvres d’art moderne, signées en majorité par des artistes français. Il achète ses premières œuvres en 1898, Monet notamment et continue en 1904 avec Degas. En 1908, il ouvre gratuitement sa collection au public le dimanche pour faire découvrir l’art moderne aux plus pauvres. Avec la Première Guerre mondiale et la révolution de 1917, son désir de collectionneur s’amoindrit. Sa collection est nationalisée en 1918 puis dispersée par Staline en 1948. Il ne verra donc pas ses œuvres entrer au musée Pouchkine et de l’Hermitage puisqu’il meurt à Paris en 1936. L’exposition « Icônes de l’art moderne » à la fondation Louis Vuitton est donc l’occasion de rendre hommage à un collectionneur mais aussi à un créateur.

Vuitton Chtchoukine
Sergueï Ivanovitch Chtchoukine. © Aliénor Pérignon

Gauguin, Matisse, Picasso & co

Chtchoukine présente principalement trois grands peintres. Si leurs œuvres sont visibles dans toute la fondation Louis Vuitton, chaque artiste à une salle qui lui est proprement dédiée. Dans la salle 6, nommée « La grande Iconostase », c’est Paul Gauguin qui tient la vedette. Entre 1904 et 1910, Chtchoukine acquiert 16 toiles de l’artiste dont 11 sont visibles dans cette exposition. Vous pourrez ainsi apprécier ses célèbres tahitiennes Vairaumati. Une période tahitienne qui aura beaucoup fasciné le collectionneur Chtchoukine. Deux salles plus loin, ce sont les toiles de Matisse qui envahissent les murs. Parmi 41 toiles, on admirera son tableau La danse (1910) ainsi que L’Atelier rose (1911). La n°11 ou « cellule Picasso » est dédiée au fameux artiste espagnol. 54 œuvres du maître sont exposées en tout. Les tableaux datant de sa période bleue, rose, africaine ou encore cubiste. C’est Matisse qui introduira Chtchoukine à Picasso en 1908. L’exposition Picasso-Giacometti permet de voir bon nombres de tableaux de Picasso, mais rien ne vaut la collection Chtchoukine. Si Gauguin, Matisse et Picasso sont à l’honneur, vous pourrez aussi admirer d’autres peintres célèbres. Le Déjeuner sur l’herbe de Monet a été acquis par Chtchoukine pour 11,6 millions d’euros tandis que les Danseuses bleues de Degas lui ont coûté 13,5 millions. Sont aussi exposé des peintres moins connus comme Popova ou Malevich.

Chtchoukine Vuitton
Aha Oe Feii? Gauguin. © Aliénor Pérignon

Comments

comments

Chtchoukine expose ses icônes chez Vuitton

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
0