Sept ans après Déboutonnage, Claire Renaud revient avec Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, une histoire d’amour des temps modernes… aussi sublime que dérangeante.

Il était une fois…

Elle est le prototype parfait de la femme-enfant. Elle vit dans son propre monde, un univers qu’elle s’est construit au fur et à mesure des années. Dans ses rêves, Raphaëlle file le parfait amour avec Philippe, son collègue de bureau. Parfois maladroite, souvent mal fagotée et franchement naïve, le lecteur ne peut qu’éprouver de la compassion à son égard.

Lui est un beau parleur qui enchaîne les conquêtes. Il n’a aucune considération pour les femmes qu’il rencontre, « il veut du simple, qui ne fait pas de cauchemars la nuit, qui mange, qui rit, qui baise, qui déteste sa mère, qui adore être couverte de cadeaux mais se défend d’être achetée ». En parfait salaud, Philippe n’a qu’un seul objectif : agrandir son tableau de chasse.

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères est le portrait d’un couple, de ses balbutiements à son éclatement. Raphaëlle et Philippe racontent tour à tour les mêmes événements, mais ce même devient autre par le jeu des points de vue…

Claire Renaud : de l’Amour à la Haine

Dans ce roman, Claire Renaud nous parle d’amour crasse. Bien loin des contes de fées, les personnages plongent tous deux dans une relation malsaine. Elle, aveuglée par un amour inexorable, sera d’abord sa victime. Ils ne coïncideront dans les sentiments qu’un seul soir : « Entre nous plus de guerre : nous sommes face à face, perchés sur nos tabourets, à la même hauteur, égaux. Nos armes, d’attaque et de défense, gisent à nos pieds. C’est le bar de la trêve ».

À partir de là, les rôles s’inversent : « C’est comme s’ils étaient déjà périmés. Ils ont tourné. Ils le savent bien, eux qui travaillent dans le yaourt. La date sur le couvercle était celle du bar à Bastille, acmé, apothéose, et depuis lors, ils vont vers leur pourrissement ». Le bourreau devient alors la proie : c’est le début de La mort des amants.

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

 

Un second roman baudelairien pour Claire Renaud

par Aude Norguin Temps de lecture : 2 min
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