La sortie de son premier roman est toujours une occasion spéciale, ce fut le 12 avril pour Alex Laloue et Marie Talvat. Dans la collection Sang Neuf, chez Plon, sortait : Comme des Bleus. Ce livre raconte l’histoire du meurtre de la fille d’un ténor du barreau, mais surtout ce qui va en découler : la rencontre improbable entre Arsène Galien, flic et Pauline Raumann, journaliste. 321 pages d’une enquête palpitante, écrite et vécue à quatre mains.

Une enquête polaromantique

Dès le début du roman, on insiste sur le fait que les deux protagonistes sont célibataires, jeunes et attirants. Arsène et Pauline ne sont pas censés se rencontrer, mais voilà, le crime sonne à la porte de la journaliste dans les traits d’un bel officier. Les descriptions sont flatteuses et quand la rencontre s’effectue, le charme opère : « Arsène Galien est du genre grand brun ténébreux, désabusé, mal rasé, mais bien coiffé, avec une voix rauque, et les yeux qui ont l’air de revenir de la guerre » (P53). Un binôme journalistico-policier semble tout indiquer pour mener une enquête, mais si les deux finissent au lit, ce n’est pas ensemble qu’ils travailleront. Leurs métiers respectifs semblent même être un obstacle à leur histoire. Toutefois, le cœur a ses raisons… Absorbé par l’enquête, ou pas, Arsène ne peut s’empêcher de rêver de Pauline : « En fermant enfin les yeux, je revois Pauline. Elle me hante, comme un fantôme » (P113). Quand le privé s’immisce dans le professionnel, venant dangereusement mettre à mal les deux côtés, les personnages sont bien déboussolés : « Pauline seule dans son appartement, abandonnée par le seul homme qu’elle aime au monde, deuxième » (P265). Comme des bleus, mêle donc deux styles : le policier et la romance pour plus de plaisir.

Comme des bleus : un premier roman générationnel

Comme des bleus commence le vendredi 18 novembre 2016 à 5H50 pour se terminer le 2 décembre à 00H17. Nous allons suivre les deux protagonistes dans une égalité parfaite, les chapitres « Lui/Elle » alternant les points de vue. Pour ménager le suspens et éviter une temporalité trop linéaire, certains chapitres ne se suivent pas directement. Les auteurs racontent une histoire contemporaine qui permet au lecteur de s’identifier plus facilement, notamment aux personnages. Les héros du roman font partis de la génération Y comme les romanciers. Cette écriture proche participe à un certain sens du réel. Comme des bleus dépoussière le genre du polar et y apporte les considérations de la jeunesse : « On fait partie de cette génération qui n’arrive pas à se gérer elle-même sans un tag Facebook, mais en qui les adultes mettent tant d’espoirs qu’il va bientôt nous être demandé, chacun dans notre domaine, de rendre le monde meilleur » (P28). Le roman fait mouche de par son style et surtout le ton qui lui est donné. L’impertinence est présente par touche : « Une scène de crime, c’est un peu l’agitation de Wall Street, mais avec les moyens d’une compagnie de taxi-brousse » (P61). L’expression « comme des bleus » qui sert aussi de titre au roman est reprise plusieurs fois comme un clin d’œil : « Le petit Galien a beau être encore vert, il n’a pas l’intention de se faire avoir comme un bleu » (P184) ou encore « On se sera fait baiser comme des bleus » (P245). C’est tout cela qui fait de ce roman un récit original et vif !

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

Comme des bleus : une enquête de rookie … ou pas !

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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