19 ans, Lola est une expat’ provinciale qui reste à gauche sur les escalators du métro, qui cherche sa Navigo pendant 10 minutes devant les bornes et qui sourit encore à tout le monde : elle rêvait de Paris, elle va y découvrir l’accueil phénoménal que les parisiens lui réservent. Expérience n°5 : la bibliothèque universitaire.

J’ai un examen. Un truc en histoire de l’art très basique mais qui nécessite des connaissances que je n’ai pas. Ce qui implique que je dois réviser. Et ça, je déteste. Je n’ai jamais vraiment compris le principe des révisions. Parce qu’en vrai, ce n’est pas réviser qu’il faudrait dire, mais bourrer le crâne à de pauvres petits étudiants en détresse. Franchement, les examens c’est du pipeau, du pipi de chat, des tonnes d’information englouties pour tout recracher quelques heures après. C’est ce que j’ai toujours fait. Au bac notamment. Trois nuits blanches et un weekend non stop. Ça avait été ça, pour moi, le bac. Pas vraiment enrichissant donc.

 

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Et c’est le temps des partiels !

Et cette fois, c’est les partiels. Mes premiers partiels à l’université.  Je veux les réussir, mais genre, vraiment. Alors, j’essaye de m’organiser un peu mieux. En d’autres termes, éviter les révisions juste deux semaines avant l’exam.

Et j’ai un allié : la bibliothèque universitaire, mieux connu sous le nom de BU. Ahhhhh, la BU, quelle belle découverte ! Ses livres aux feuilles arrachées, ses interdictions aberrantes et ses élèves aux rires stridents. Surtout ses élèves aux rires stridents. C’est une nouvelle pour moi. Le concept d’une bibliothèque où l’on rit à gorge déployée, où l’on court entre les couloirs, où l’on se jette les stylos de table en table. Une sorte de mini cour de récré cachée du regard des surveillants. 

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Rapidement, je comprends. Alors que je suis l’une des seules la tête dans les cahiers, à enregistrer par cœur la moindre phrase de mon cours indigestif, je me fais aborder par un jeune homme plutôt charmant, une tonne de flyers à la main.  Et, sans prendre le soin de chuchoter, il m’explique qu’une grosse soirée se prépare et qu’il se ferait un plaisir de m’y accueillir. Et à peine a-t-il le temps de terminer son argumentaire, qu’une jeune fille en tenue de pompomgirl – qui a encore une tenue de pompomgirl à la fac ? Ou tout court, d’ailleurs ? On est dans une série américaine et on ne m’a pas prévenue ? – me jette à son tour un prospectus à la gueule. Et, l’ambiance festive me gagne peu à peu. Les gens parlent, rigolent, crient parfois. Les nanas mâchent leurs chewing-gum la bouche ouverte, les mecs font grincer leurs baskets.

La BU : THE place to be !

Et après plus de 4h à la bu, recouverte d’une vingtaine de prospectus, la tête comme un gros chat, je n’ai rien retenu et, pire, j’ai complétement abandonné. En revanche, j’ai rencontré deux nouvelles amies. Des étudiantes de 25 ans en L1 qui semblent s’être perdues dans la bibliothèque un peu trop longtemps. Très sympathiques. Alors, aussi surprenant soit-il, la bibliothèque ne va pas me faire réussir mon examen mais elle a un autre pouvoir. Le pouvoir de socialisation. Et ca, ca n’a pas de prix. Entourée de mes nouvelles acolytes, je deviens la reine de la bibliothèque, le stylo sur l’oreille et le crayon à papier retenant mes cheveux. C’est décidé, je viendrais réviser plus souvent à la BU.

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Conseil n°6 : Aller à la BU. Ou pas.

par La Rédaction Temps de lecture : 3 min
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