19 ans, Lola est une expat’ provinciale qui reste à gauche sur les escalators du métro, qui cherche sa Navigo pendant 10 minutes devant les bornes et qui sourit encore à tout le monde : elle rêvait de Paris, elle va y découvrir l’accueil phénoménal que les parisiens lui réservent. Expérience n°5 : l’administration.

 

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Je ne connais pas vraiment le système administratif universitaire. Je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne. Et pourtant, sans n’y avoir jamais mis les pieds, j’ai déjà entendu parler de leur réputation. Ils sont cons, ne comprennent rien, sont tout le temps en vacances et finissent à 16h tous les jours. C’est vrai. Ce n’est pas un mythe.

Administration, mon amour ! 

Surtout concernant celui-la, Jérôme, « le gars de l’accueil » comme on le surnomme. Lui, Jéjé, c’est le meilleur de l’administration. Il pue la clope à 3 km, se balade en jogging dans les couloirs et passe sa langue sur sa moustache toutes les 15 secondes. Un espace de tic désagréable pour l’entourage.

Et on me parle souvent de Myriam, la bonne femme au ventre aussi rond qu’un tonneau, au faux dentier et à la cervelle de moineau. D’après la légende, Myriam met 25 minutes à répondre à un mail et prend une pause de 2h38 chaque midi. La reine des clichés. Et c’est cette équipe de bras cassés que je vais affronter. La Mymy et le Jeje, ensemble.

bdur J’ai un problème de carte étudiante. Un vrai gros problème. Le genre qui m’empêche de passer les examens. Et si en soit l’idée ne me déplaît pas, ma mère n’est pas de mon avis. « Tu vas à l’administration immédiatement Lola Bérangère Gutenberg » m’a-t-elle dit au téléphone avant de me raccrocher au nez. C’est sa technique, à ma mère, de donner mon 2ème prénom quand elle est énervée. Elle croit que ça la rend plus sévère. Ça marcherait presque. Sauf que mon 2ème prénom, c’est Nicole. Alors, sous les grognements de maman version Alzheimer, je pars, mon courage sous le bras, rencontrer l’administration.

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Sûre de moi, je me retrouve devant cette porte à demi clos, qui laisse entrevoir mon futur. Je me lance finalement et découvre l’inimaginable. Jéjé, derrière son ordinateur, remplit des tonnes de dossiers plus gros les uns que les autres. En face de lui, Mymy au téléphone ne relève même pas la tête tant sa concentration la submerge. Ils travaillent. Vraiment. Ils  répondent au téléphone, envoient des mails, remplissent des dossiers. En d’autres mots, ils sont bons.

Surprise, Surprise … Quand les apparences sont trompeuses

Je n’ose en croire mes yeux et demande confirmation en acte. Je m’approche, leur demande de l’aide, leur explique mon problème d’inscription, mon incapacité à passer un exam’ et le texto de ma mère. Je n’oublie rien. Et, en donnant les détails, je prends conscience de la gravité de ma situation. Bientôt, si personne ne règle mon problème, je vais repartir dans ma petite province nourrir les poules (parce que c’est évident qu’en province, on ne fait que de l’agriculture), je vais finir esthéticienne ou coiffeuse pour vieux dans un village paumé, je vais perdre le peu de culture que Paris m’a offert. Je sens que mon cœur s’emballe, que je panique et ventile.

Mais sans faillir une seconde, la grande Mymy m’attrape par la main, ordonne à Jéjé d’appeler le numéro secret et me dit que tout est sous contrôle. Et elle a raison. Elle a tout sous contrôle la grosse dame. (et d’ailleurs, si toi aussi tu veux tout avoir sous contrôle, n’hésite pas, tu peux apprendre)

Deux jours après, mon dossier était validé et j’allais passer mon premier exam’ la semaine prochaine. Je raconterai votre histoire Mymy et Jéjé, je raconterai votre histoire… soyez-en sûrs.

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#Conseil n°5 – Contacter l’administration universita…

par La Rédaction Temps de lecture : 3 min
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