19 ans, Lola est une expat’ provinciale qui reste à gauche sur les escalators du métro, qui cherche sa Navigo pendant 10 minutes devant les bornes et qui sourit encore à tout le monde : elle rêvait de Paris, elle va y découvrir l’accueil phénoménal que les parisiens lui réservent. Expérience n°3 : Une soirée étudiante.

C’est le comble, moi, toute jeune présidente du BDE de sciences humaines, je participe à une soirée d’intégration. Ce sont les plus déjantées, à ce que me dit un camarade. Un mec un peu chelou qui s’assit toujours à coté de moi en cours, le genre de type qui, à 20 ans, a déjà de la bedaine et des cheveux gris. Il parait que c’est la nouvelle mode (la bedaine, pas les cheveux gris). C’est ce que les américains appellent le Dad Bod, en d’autres termes, le gros bide dégueulasse de papa qui a bu 4 bières par soir depuis 10 ans. C’est ce qu’a Vince, alors qu’il est encore très jeune. Je n’imagine même pas dans quelques années. Un tonneau le mec.

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Mais pour le moment il est là. Là, étalé à côté de moi, me rappelant combien il est important que je participe à cet événement qui semble pourri. J’aime pas vraiment les boîtes de nuit, tout ce qui est piste de danse où une barre de fer se transforme en ta meilleure amie et qu’un cocktail devient ton nouveau coup de foudre. C’est pas trop mon truc. Je préfère les petits cafés en coin de rue que personne ne connaît. Mais pour m’intégrer, pour devenir cette étudiante dont je rêve, je vais faire un effort. Et Vince veut m’aider. Sans que je le comprenne, il attrape son téléphone, textote deux trois personnes et, après quelques minutes seulement, je me retrouve avec mes places en main, prête à faire vibrer le dance floor. C’est ce qu’a dit Vince. Il a dit «  Vibrer le dance floor ». On se décide donc, après notre cours, à s’ambiancer tranquillement et à rejoindre cette fameuse boîte qui allait changer ma vie, un endroit hyper stylé connu de tous dont j’ai déjà oublié le nom.

dance

C’est le moment. On y est, dans ce lieu magique. Et on ne nous a pas menti. Sur le trottoir, des centaines de gens attendant que le videur leur donne leur sésame, dont moi. Oui, Vince a pris nos tickets, mais ce gros boulet s’est trompé de date. Une soirée quelques semaines plus tard. C’est donc le destin du commun qui nous est réservé. Triste réalité.

Quand la chance te sourit …

Mais alors que je grelotte sous le froid parisien, dans ma petite jupe noire un peu trop courte, sans manteau pour ne pas payer le vestiaire, une petite bande d’hommes aux regards de braise passe devant moi et s’arrête. Ils me connaissent, les 4. Ces 4 beaux gosses aux épaules aussi grosses que mes yeux me connaissent. Ils m’expliquent qu’ils m’ont vu tomber (cf conseil n°1), qu’ils ont trouvé ça cool, qu’ils ont kiffé et que, grâce à moi, ils ont un super GIF à utiliser.

slam-dunk

Et là, tout s’enchaîne, ils me disent que je ne dois pas attendre, qu’ils m’emmènent avec eux, et je me vois partir dans leurs bras, laissant Vince seul dans la file interminable. Désolé Vince, c’est ma gloire qui m’attend. Et j’ai bien fait. Dans la boîte, c’est la folie. Des nanas vomissent dans les chiottes, d’autres se frottent sur les fameuses barres en fer et d’autres dansent sur le podium. Dont moi. Certes, je pensais ne pas aimer les boîtes. Mais ça c’était avant, avant d’être LA nana du groupe des beaux mecs trop cools.

Dance-Floor, tu es à moi !

Je trémousse mon petit cul sur la scène, me donne, bois, bois et bois encore sous les encouragements de ces quatre playbloys. Et je finis par vomir. Sur l’un des mecs. Celui que je préfère. Et alors que je pense que c’est fun, que vomir sur ses potes c’est swagg comme disent les jeunes, je comprends rapidement que non, lorsque l’un d’eux m’attrape et me met la tête dans les chiottes. Bien sur, cela n’arrange rien, et je vomis encore plus.

Puis, ces sales cons me laissent sur le sol trempé de pisse et d’alcool, abattue et seule, sans personne pour m’aider. Et alors que je tente de me relever de mes misères, toutes les filles, presque plus saoules que moi, me prennent en photo et m’affichent déjà sur les réseaux sociaux. #vomito écrivent-elles, j’imagine.

Puis trou noir, je ne me souviens plus de rien. Mais lorsque je me réveille enfin, je suis dans un lit chaud et confortable, Vince est sur le canapé, et le petit déjeuner sur la table. Il m’a ramenée, malgré tout. Conseil n°2 : Participer à une soirée d’intégration, d’accord, mais surtout, y aller entre amis.

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Conseil n°3 : Participer à une soirée d’intégration

par La Rédaction Temps de lecture : 4 min
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