Après quelques jours à Cracovie, je peux vous assurer que la vie bat son plein ici ! Il est difficile de savoir combien de temps partir pour découvrir une ville, un pays, une culture. C’est à travers 5 nuits et 4 jours bien remplis que j’ai découvert la célèbre ville polonaise. Évidemment, il faut être motivé pour se balader durant des heures pour explorer chaque quartier en détail mais cela vaut le coup ! Après avoir préparé ma valise, avec beaucoup de pulls, et c’était nécessaire, me voilà partie. Hop dans l’avion !

Cracovie, ville d’histoire avant tout 

Cracovie (ou Kraków), ancienne capitale de la Pologne, est aujourd’hui la deuxième plus grosse ville du pays. Bordée par de nombreux pays comme la République Tchèque, l’Ukraine ou l’Allemagne ; la Pologne fait partie de l’Europe depuis 2004 mais attention, la monnaie n’est pas l’euro mais le zloty.

Beaucoup de pays de l’Europe de l’Est sont connus historiquement mais cela ne fait que quelques années qu’ils sont redevenus attirants aux yeux des touristes. Oubliez toutes idées reçues sur les pays de l’Est, certes en Pologne il fait froid et la vodka est à l’honneur mais il n’y a pas que ça, loin de là ! Voici un petit aperçu de la vie à Cracovie et de son histoire.

Un décor assez impressionnant : des paysages tout en immensité entourent les quatre coins de la ville. Arrivée un dimanche soir, l’ambiance nocturne n’était pas à son comble et la ville paraissait figée dans les années 50. Une fois les premiers pas sur les pavés polonais, la grande Place du Marché éblouit tous les passants.

De nuit, la place du marché - Rynek Główny
La place du marché, de nuit – Rynek Główny

En arpentant les rues remplies de bâtiments massifs mais tout de même en finesse, la diversité des styles prime. De l’architecture gothique à celle de l’époque Néo-Renaissance, en passant par des airs maghrébins, les monuments défilent, tous plus originaux les uns que les autres. Des bars, des cafés, des clubs scènes ouvertes en tout genre animent les soirées toute la semaine. Dans les petites rues à sillonner, il ne faut pas avoir peur de s’aventurer et de franchir les portes pour atterrir dans des lieux atypiques, dans des caveaux où passer une agréable soirée.

Impossible de ne pas penser aux impacts de la Seconde Guerre Mondiale dans cette ville, où 1,5 millions de personnes sont mortes… Un passage obligé à Auschwitz-Birkenau pour une journée, et quelle journée ! Forte en émotions et en prises de conscience. Des groupes de touristes tout autour du camps, un moyen de réaliser l’immensité du lieux. Nous sommes perdus face à cette cruauté qui a résisté durant des années. Des briques rouges forment les 20 bâtiments quasi intactes, des barbelés tout autour pour bien délimiter « la zone ». À l’intérieur de chaque bâtiment, des dizaines de photographies représentatives, des archives, des salles entières remplies d’objets personnels des prisonniers. Des « habitations » dans lesquelles 400 à 600 personnes y étaient, alors que ces lieux étaient conçus pour 52 chevaux. Et non Monsieur Jean-Marie Le Pen, les chambres à gaz ne sont pas un détail, elles sont encore bien là, visibles…

Arbeit macht frei ...
Arbeit macht frei …

Des décors bien connus, on se serait cru dans un film. Malheureusement, pas le même genre d’effet que l’on a quand on se promène à Los Angeles, où prône le fameux « Hollywood »… Il est évident que chacun d’entre nous a étudié la Seconde Guerre Mondiale, la Rafle, les camps d’extermination de juifs. Mais pourquoi donc l’histoire se répète-t-elle constamment ? Telle est la question que je me suis posée durant la découverte de ces 2 camps… Des phrases du IIIème Reich comparables à celles prononcées par des Hommes Politiques du XXIème siècle, comme Donald Trump (USA), Bachar El Assad (Syrie), Vladimir Poutine (Russie), Kim Jong Un (Corée du Nord), Omar Hassan el-Bechir (Soudan), ça en donne des frissons.

Les camps de Auschwitz-Birkenau
Les camps de Auschwitz-Birkenau

On se demande bien comment tout ça a pu se passer ? Pourquoi personne n’a rien fait ? Mais regardons aujourd’hui… Un camp d’extermination où les « touristes » se rendent pour voir de leurs propres yeux ce que les gens étaient capables de faire il y a 70 ans. Il est temps de trouver un moyen d’interpeller sur ce qui se passe aujourd’hui, histoire de ne pas avoir, dans 50 ans, des personnes allant visiter la Syrie et le camp Saydnaya, l’Ukraine, le Yémen, l’Irak, la Palestine et j’en passe beaucoup d’autres. Les barbelés entourant les camps ne font penser qu’à cette multitude de murs qui se construisent actuellement. Les barbelés étaient semblables à ceux de Calais et de cette fameuse « Jungle » dont on ne parle plus maintenant mais qui existe malheureusement toujours. Et ce n’est pas le seul exemple. En 1989, on ne comptait que 11 murs, contre 70 aujourd’hui, selon l’AFP. Cette visite me permet finalement de mettre à plat ces comparaisons entre le passé et aujourd’hui.

Un peu de gaieté tout de même !

Selon la légende, un dragon habitait dans la grotte du Château de Wawel. La princesse devant se marier, le roi décide d’offrir sa fille à l’homme qui arrivera à tuer le dragon. Et c’est un paysan astucieux qui devint roi dans ce beau château. Château aux multiples architectures, couleurs et niveaux. Une église imposante, des clochers à escalader dans la charpente, où se trouve une cloche porte bonheur. De quoi passer une bonne partie de la journée à explorer tous les petits recoins de ce palais. C’est assez simple de visiter Cracovie, plusieurs petits quartiers sont distingués.

Kazimierz, le quartier juif est remarquable. Des bâtiments anciens, du street art en tout genre, de nombreuses petites placettes. Et surtout des commerces et des bars originaux, toujours en quête d’authenticité. Toutes ces belles caractéristiques se remarquent également sur la place du Marché et son quartier de la vieille ville (Stare Miasto).

Les quatre coins de Cracovie
Les quatre coins de Cracovie

La Pologne est aussi une terre d’histoire universitaire. De nombreuses universités forment les futurs philosophes, scientifiques ou intellectuels. Les ouvrages universitaires ont du être déplacés au 16ème siècle, lors de la bataille de Vienne. Beaucoup ont été détruits lors de la Seconde Guerre Mondiale mais le collegium Maius reste chargé d’histoire. Entre ses murs, les incontournables découvertes astronomiques de Nicolas Copernic avec le premier globe où se trouve l’Amérique du Nord. Des salles sont encore utilisées aujourd’hui pour des réunions administratives et des rencontres politiques internationales. Ou encore, c’est dans ce lieu que Jean Paul II, ancien Pape canonisé en 2014, a étudié durant de longues années.

Encore une fois l’histoire a laissé une trace dans le quartier Nowa Huta, un peu plus éloigné de la ville. Des blocs massifs, des allées droites, des espaces verts carrés, digne d’une vision stalinienne, où il faut aller dénicher les endroits de vie, comme des restaurants atypiques polonais.

En parlant de restauration, la nourriture est l’une des choses que l’on retient toujours d’un voyage. La Pologne, étant un pays pauvre durant des dizaines années, la nourriture est assez « simple ».

Pierogi i piwo
Pierogi i piwo

Pierogi, pommes de terres, beurre, soupe, pain, potato pancakes, viandes en sauces, champignons, bref il y en pour tous les goûts. Mais ce n’est pas un voyage pour rester svelte, les plats typiques sont très nourrissants pour très peu de zloty. Parfait pour découvrir le pays et ses habitudes, on n’hésite pas à pousser les portes des petits bistrots pour goûter à ces merveilles, à accompagner de bières (piwo en polonais), de vodka ou de compote de fruits liquide.

Après ce petit séjour à Cracovie, une ville d’histoire passée, et sans aucun doute d’histoire future, j’en reviens des souvenirs et des découvertes plein la tête.

Les voyages sont fait pour être vécus à 100%, n’ayez pas peur de vous laisser transporter par des cultures diverses. Dire oui aux opportunités, c’est une autre manière de voir le monde !

Do widzenia, comme dirait on en Pologne !

Barbara PAUL-FOOS

Cracovie : une ville pleine d’histoire mais résolument mod…

par Barbara Paul Foos Temps de lecture : 5 min
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