A une époque où de nombreux jeux peuvent se finir en quelques heures, pour finir par traîner dans un coin de votre ludothèque, le jeu dit d’adaptabilité est très prisé par les joueurs cherchant à jouer constamment des parties différentes. On voit, depuis quelques temps, fleurir des jeux piochant dans la boîte à idées qu’est le rogue-like (pas de retour en arrière possible, parties assez courtes – de l’ordre des 1 à 5 h – pour recommencer encore et encore sans lassitude ou sentiment de perte trop dur à supporter, nombreux recours au hasard pour bâtir l’expérience que constituera la partie, part belle à la notion de risque/récompense …), tels que Faster Than Light, Don’t Starve, Rogue Legacy, Binding of Isaac, Spelunky … Ainsi, les frenchies d’Amplitude Studios sortent Dungeon of the Endless. Crashtest.

Dungeon of the Endless? Quoi qu’est-ce?

DotE est le second jeu de la série des Endless (le premier étant Endless Space, un excellent Civ-like, le troisième étant Endless Legend, qui a pas mal de ressemblances à Heroes of Might & Magic ou encore Age of Wonders). C’est un mix entre le Rogue-like et le Tower Defense (Gestion de ressources, mise en place de défenses pour aider le groupe à éliminer les menaces).

Le pitch est le suivant : une navette transportant des prisonniers est attaquée par un ancien système de défense de la planète Auriga. Vous allez donc diriger les survivants d’une capsule de sauvetage, qui s’est écrasée dans les profondeurs de la planète …A vous de faire tout votre possible pour remonter à la surface, de préférence en vie !

Porte – Monstre – Trésor

Derrière cet adage propre aux fans de la première heure des jeux de rôle papier, se trouve une bonne partie du gameplay de DotE. Un niveau se fait ainsi :

– Vous apparaissez dans une salle éclairée, avec un cristal. Le but du jeu est de trouver l’accès au niveau suivant, et de transporter votre cristal vers cet accès, d’une traite. Bien entendu, si tous vos héros meurent, c’est fini.

Il faut donc explorer. Ouvrez l’une des portes. Un événement se déclenchera (un coffre contenant de l’équipement, des monstres planqués dans la salle …). De plus, toute salle plongée dans l’obscurité lors de l’ouverture d’une porte risque de faire apparaître des monstres. D’où l’importance d’éclairer les salles représentant pour vous un point faible, et de construire des défenses à ces endroits.

Les monstres sont de plusieurs types, et ont leur propre ordre de priorité. Certains viseront les modules, ou les héros … D’autres vont foncer sur le cristal, ignorant le reste.

Le jeu tourne autour de quatre ressources : Brume (qui n’est pas sauvée entre les niveaux), Industrie, Nourriture, Science. L’ouverture d’une porte fournira quelques ressources de chaque type, et la Brume viendra surtout des monstres éliminés et de certains événements.

  • La Brume sert à alimenter les salles (il faut 10 Brumes pour maintenir une salle allumée. Par exemple, 55 Brumes vous permettent de maintenir 5 salles allumées), et sert de ligne de vie. Tombez à 0 (car le cristal se fait taper dessus), et la partie est terminée. A noter qu’une salle ne peut être allumée (et donc faire tourner les modules présents dans la-dite salle) que si elle est adjacente à une salle déjà allumée, ce qui vous demandera de la planification.
  • L’Industrie sert à construire des modules : défenses, production de ressources (qu’il faudra impérativement bien défendre pour en tirer un gain).
  • La Nourriture sert à recruter des héros supplémentaires durant vos pérégrinations (vous commencez à 2, vous pouvez en avoir jusqu’à 4), les soigner en plein combat et les faire monter de niveau.
  • La Science remettra à 0 le temps de recharge des compétences d’un héros, et d’effectuer des recherches pouvant améliorer vos modules auprès de modules ‘neutres’ pouvant se trouver dans un niveau.

– Vous explorez, vous défouraillez les monstres … Oh joie, la sortie est là ! C’est pas fini. Vous devez maintenant sortir le cristal de votre socle (il faut donc désigner un porteur !), et foncer vers la sortie avec. Planifiez bien, car dès que le cristal est soulevé, les monstres arrivent en masse depuis les salles plongées dans l’obscurité jusqu’à ce que vous arriviez avec le cristal … A noter que le porteur est ralenti (~50 % de sa vitesse habituelle), et si le porteur meurt, la partie est terminée.

Bien entendu, chaque étage est de plus en plus difficile. D’où la nécessité de bien jongler sur le rapport risque/récompense pour ne pas être rattrapé par la difficulté croissante, tout en évitant de laisser trop de plumes sur le court terme.

Jouez à Dungeon of the Endless si …

– Vous passez des journées sur des tower defense avec votre smartphone ou votre navigateur.

– Vous aimez devoir faire avec les moyens du bord.

– Vous voulez en avoir pour votre argent (DotE coûte 10-15€, chaque partie est différente, ce qui donne une belle durée de vie théorique, et pourra sans doute tourner sur un PC peu puissant)

Ne jouez pas à Dungeon of the Endless si …

– Vous détestez la notion de hasard. C’est une composante essentielle du jeu d’adaptabilité, et DotE ne déroge pas à la règle.

– Le pixel art vous répugne (parti-pris artistique comme un autre, les goûts et les couleurs, tout ça …)

Bonus !

Pour ceux qui sont intéressés par le côté musical, le compositeur attitré des jeux Endless est FlyByNo. Vous pouvez retrouver l’OST des 3 jeux Endless sur le Bandcamp de GameAudioFactory : Endless Space (Grosse préférence pour ‘Reach the Amoeba’ et ‘Flawless Theory’) / DotE (L’OST dans son ensemble remplit son rôle, mais pas d’élément se démarquant du reste selon moi) / Endless Legend (Grosse préférence pour ‘Dusty Strings‘ et ‘Pierre de Lune’)

François-Xavier Cornillet

 

#Crashtest : Dungeon of the Endless

par François-Xavier Cornillet Temps de lecture : 4 min
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