2016, c’est fini. Une belle année de cinéma avec d’excellents films, mais aussi des déceptions, des incompréhensions et des moments de pur malaise. Cette liste, comme toute appréciation dans le domaine créatif, est subjective à 100%. Certains films ici ont été appréciés, encensé et ont même eu une petite renommée en festival, voir reçu un/des prestigieux prix. Or, cela n’empêche personne de ne pas aimer le-dit film. Ce que je vais m’empresser de vous démontrer. Pas de top du pire, juste une sélection des plus grosses déceptions de mon année ciné 2016.

« Ma Loute » de Bruno Dumont

L’incompréhension, le malaise infini pendant toute la durée de la projection mais surtout le décalage entre ce que j’ai ressenti devant ce film et l’accueil critique. En sortant de la salle, j’étais mal. Je me demandais comment c’était possible de faire ça. Même encore maintenant, je ne sais pas quoi dire sur ce film tellement je suis resté interloqué. Si l’intention peut être comprise dans le choix des acteurs (la noblesse incarnée par des très connus, les pauvres par des inconnus), le choix de faire surjouer (c’est même au-delà de ça) laisse pantois. Le rythme anti-comique choisi volontairement ne fait qu’enfoncer le film dans une autre dimension, proche de celle qu’on peut ressentir face à un nanar mal monté, mal filmé, mal joué. Alors que la bande annonce, trompeuse, est, elle, rythmée, avec la musique, pour être comique. Incompréhensible.

« X-Men Apocalypse » de Bryan Singer

Le premier film X-Men a été le fondement qui a permit de prendre au sérieux le potentiel filmique des adaptations de super-héros. Singer reprenait la force des comics et la transposait avec tout le sérieux et le respect qu’il se devait, en ajoutant une analogie bien trouvée sur le racisme et l’antisémitisme. 15 ans plus tard, Singer réalise un film qui détruit tout ce qu’il avait construit avec le premier volet. De l’esthétique kitsch, un antagoniste aux intentions réduites à « je veux dominer le monde », une utilisation d’Auschwitz bien trop légère pour la symbolique pesante du lieu et un scénario et climax final rabougris. On aurait aimé que la saga s’arrête sur Days of Future Past, qui représentait une bien meilleure conclusion.

Cinéma 2016
Le kitsch, c’est chic.

« Elle » de Paul Verhoeven

Qu’est ce que c’est que ce film désigné par la France pour le représenter aux Oscars (finalement non retenu par l’académie américaine) ? Certes, il possède une réalisation très belle et des acteurs qui jouent juste. Mais le propos du film, si il est volontaire, est le plus infâme et répugnant que j’ai vu depuis longtemps. Aucunement subversif, le film fait juste la démonstration qu’une femme, finalement, ça aime bien se faire violer et ça en redemande. Peut-être que Paul Verhoeven, le réalisateur, ne s’est pas rendu compte de la portée du scénario de ce film, mais c’est quand même l’homme derrière Robocop, Total Recall et Starship Troopers. Il sait donc la portée des images et la symbolique d’une histoire au cinéma. Peut-être qu’il voulait critiquer cette glorification du viol dans la société, avec l’analogie des représentation dans le jeu vidéo. Si tel était le cas, c’est totalement raté et ça fait même le contraire. Si l’intention était vraiment celle obtenu au final, Paul Verhoeven et tout les responsables décisionnaires autour de ce film sont des personnes détestables.

 

« Suicide Squad » de David Ayer

Je pense que c’est sans doute la plus grande déception de cette année, et le pire film sorti en 2016. Que de promesses autour de ce projet qui s’est fracassé à 300 km/h sur les concepts de cohérence et d’écriture de personnages. Tout aura été dit sur ce cas d’école : gros succès en salle, amputé d’une grosse partie de son scénario, montage refilé à une boite s’occupant de bandes-annonces, revirement sur la tonalité du film, reshoot flagrants, cohérence aux fraises et histoire peu intéressante et pas du tout crédible. Ce film est un condensé de tout ce qu’Hollywood peut faire de pire. On pourrait écrire un article de 15 pages pour expliquer tout ce qui ne va pas, mais le plus simple étant encore de dire : Rogue One et Guardians of the Galaxy sont de meilleurs Suicide Squad que ne l’est Suicide Squad.

« Juste la fin du monde » de Xavier Dolan

Je vous ai entendu hurler en découvrant ce film dans cette liste. Vous trouvez que je force ? Peut-être, mais ce film contient tout ce que je n’arrive plus à supporter dans ce qu’on peut appeler « le cinéma intimiste » typiquement français. Adapté d’une pièce de théâtre, le film raconte le retour d’un enfant mal aimé dans sa famille, pour leur annoncer qu’il va mourir. Et c’est tout. C’est long, pompeux, ça reste vague sur le pourquoi du comment ce qui fait que rien ne se passe. On sent que ça veut parler d’homophobie et de sida, mais sans jamais nommer le problème. Ça se déchire, ça s’engueule, ça se rabiboche, ça ne comprend pas et nous sommes spectateurs de tout ça. Dolan avait fait « Mommy », qui pour le coup possédait quelque chose qui transcendait son message. « Juste la fin du monde » est l’exact opposé.

Cinéma 2016
Couple français pour réalisateur québécois.

« Les sept Mercenaires » d’Antoine Fuqua

J’ai hésité à le mettre celui-là. Peut-on vraiment parler de déception alors qu’on en attendait vraiment pas grand chose ? Un peu quand même. S’attaquer à un monument du cinéma pour en faire un remake demande un peu de confiance en soi. Antoine Fuqua n’est pas un mauvais réalisateur, il a même fait des films très sympathiques et intéressants à voir. Sauf qu’ici, il tape dans quelque chose qu’il aurait mieux fallu ne pas toucher. Parce que son film est divertissant, mais sans plus, et ce n’est clairement pas au niveau de l’héritage du film original. Il est sorti, il n’a pas énormément marché et personne ne s’en souviendra en 2017. Pour de bonnes raisons.

« Inferno » de Ron Howard

Oui, les adaptations des aventures de Robert Langdon épousent à merveille l’esprit des livres, à savoir théories du complot sur fond de figures historiques, avec tout ce que ça comporte d’Opus Dei, autorités corrompues et de machination. Mais avec Inferno, le tout est poussé à un tel degré que ça devient pire que ridicule. Toute la cohérence de l’histoire s’effondre en se posant une simple question : pourquoi ne pas avoir lâché le virus plus tôt au milieu de la foule ? Simple, efficace et pas besoin de laisser 50 000 indices pour laisser la possibilité qu’on le retrouve. Quand tout ce qui fait fonctionner l’histoire s’effondre sur cette simple question, c’est à se demander si les scénaristes discutaient entre eux au moment de l’écriture. Au moins, la quête du Da Vinci Code et d’Anges et Démons avait un sens. Pas ici.

 

 

Gardez bien en tête que ce sont ici des déceptions par rapport aux attentes que l’on pouvait mettre dans le film. Il y a eu des films bien plus nuls qui sont sortis (sauf Suicide Squad, lui était vraiment très naze) tel que Ninja Turtles 2 ou Independance Day : Resurgence. Mais on sait ce qu’on va voir en allant en salle devant ces films. Le contrat est passé : ça va être naze mais on l’accepte. C’est même voulu. Pour les films de cette liste, non. N’oubliez pas également que je n’ai pas vu tout les films sorti cette année, je me suis basé sur ce que j’ai vu en salle uniquement. A vous d’agrémenter cette liste de vos déceptions à vous.

Les déceptions cinéma de l’année 2016

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 5 min
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