Mardi 8 novembre 2016, les Américains ont été appelés aux urnes pour élire le 45ème président des Etats-Unis. Aujourd’hui, un seul fait les gros titres : Donald Trump.

La France aussi a connu son candidat atypique. Mais pour Coluche, être candidat à l’élection présidentielle de 1981 s’inscrivait dans une critique de la politique : avec du soutien, tout le monde peut se présenter. Le père des Restos du cœur ne se voyait pas à l’Elysée, loin de là. Aux Etats-Unis, c’est plutôt : avec de l’argent, tout le monde peut se présenter pour diriger la première puissance mondiale. Alors qui est vraiment Donald Trump ?

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Soyons bref. Donald Trump incarne le magnat de l’immobilier par excellence, milliardaire de surcroît. Âgé de 69 ans, il a construit sa fortune sur l’héritage de l’entreprise de son père, Elizabeth Trump & Son, qu’il a su faire fructifier. Sauf que l’élection présidentielle, lui, il y croit dur comme fer. Alors président Trump, crédible ou non ?

Un Donald, ça Trump énormément

Un bon misogyne, comme on les déteste

Le vendredi 7 août 2015, Donald Trump provoque un tollé sur les réseaux sociaux. Il insinue qu’une journaliste star de la chaîne Fox News lui aurait posé des questions « injustes » lors du premier débat télévisé … parce qu’elle avait ses règles. « On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son … où que ce soit ». Megyn Kelly n’avait en réalité fait que l’interroger sur les propos sexistes tenus par le candidat républicain. Il semblerait que la susceptibilité en période de règles soit contagieuse pour l’homme.  

« S’ils avaient le droit de porter des armes, la situation aurait été très, très différente. »

Le sujet est délicat et pourtant, lui n’a pas hésité à exprimer ses idées, plus que malvenues. Juste après les attentats qui ont secoués Paris et faits 130 morts, Donald Trump dénonçait la loi sur le port d’armes en France, « trop restrictive ». « Personne n’avait d’armes, sauf les méchants ».

Pour lui, si les Français avaient été armés, le bilan aurait été moins lourd. Inutile de s’étendre sur cette ineptie. Rappelons seulement qu’aux Etats-Unis, les armes font près de 10 000 morts par an.

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Quand Donald Trump se moque d’un journaliste handicapé

Aux Etats-Unis, Jersey City abrite une forte communauté musulmane. Pour Donald Trump, des milliers d’habitants de cette villle auraient applaudi l’effondrement du World Trade Center. Lors d’une interview avec un journaliste américain handicapé du Washington Post, Serge Kovaleski, Donald Trump a dû répondre de ses allégations, ce qui ne lui a pas vraiment plu. Lors d’un meeting le mercredi 25 novembre, une semaine après, le candidat n’a rien trouvé de mieux que d’imiter le journaliste. 

Ceci n’est qu’un florilège des plus belles déclarations d’un président des Etats-Unis. Je fais l’impasse sur l’interdiction des musulmans aux Etats-Unis, la construction d’un mur tout le long du Mexique, aux frais de Mexico (oui, oui), ou une photographie de campagne avec Donald Trump, sur fond de drapeau américain, de billets de banque et de soldats SS (la dernière partie, c’est semble-t-il la faute du stagiaire).

Alors on le sait, les Etats-Unis ont déjà eu des moments de flottement au cours des élections de ses Présidents. Mais pourtant, avec Barack Obama, ils semblaient avoir repris le droit chemin. Alors pourquoi Donald Trump ? 

C’est un outsider. Loin du profil classique des politiciens, il apporte un peu de renouveau et donc fascine.

Il est riche. Sa stratégie, c’est de faire croire qu’il rendra les Américains aussi riches que lui. Oui, vraiment. En plus de ça, il peut se targuer d’être complètement indépendant dans sa campagne. Et dans le pays où les lobbies sont rois, ce fait n’est pas à négliger. Il apparaît comme défenseur de ses idées, sans aucune pression.

Il ose tout. Ses frasques font rire, énervent, interrogent sur l’intelligence de l’homme et pourtant une chose est sûre, il sait ce qu’il fait. La preuve, que ce soit en France ou de l’autre côté de l’Atlantique : on parle de lui.

Alors soyons sérieux, les républicains l’aiment bien, mais le monde entier peut-être pas. Sauf qu’il l’a bien compris, mieux vaut parler de lui en mal que de ne pas en parler du tout. L’éléphant aura fini par tromper… énormément.

Justine Benoit

Un Donald, ça Trump énormément

par Justine Benoit Temps de lecture : 3 min
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