Alexander Payne, le réalisateur de Nebraska et The Descendants, revient en salles avec Downsizing. Dans ce film, Matt Damon interprète Paul Safranek, un Américain moyen, attiré par l’idée de réduire sa taille afin d’augmenter son niveau de vie. Cette fable humaniste montre qu’avant de vouloir sauver le monde, il faut d’abord faire sa propre introspection. 4 arguments pour vous donner envie de voir l’OVNI Downsizing.

1# Downsizing : monde miniature

Dans Downsizing, Alexander Payne, fait donc le pari de réduire l’homme à une taille d’environ 12 cm. C’est ainsi que son film aborde la science-fiction en y mêlant une bonne dose de comédie. Le parti-pris du réalisateur est donc d’utiliser des effets spéciaux, non pas pour incruster des planètes lointaines comme dans Star Wars, mais chose rare pour paraître naturel : « Il s’agissait de faire en sorte que les effets visuels et l’intrigue soient ancrés dans la réalité ». James E.Price, le superviseur explique : « En intégrant les images tournées sur fond vert à celles filmées en plateau, on a le sentiment que les personnages rétrécis sont dans un plan à échelle normale ». Au début du film, Leisure Land fait donc beaucoup penser à Disneyland et on s’entendrait presque chanter « It’s small world », mais petit à petit une fois à l’échelle de Paul Safranek, le monde semble ressembler au notre. Bien que futuriste dans l’idée, le réalisateur voulait que Downsizing ressemble à un film de la fin des seventies avec un côté rétro à l’image notamment dans la palette colorée.

2# Matt Damon : petit et grand

Si les perspectives de Paul s’élargissent au moment où il décide de rétrécir, il n’y avait pour le réalisateur qu’un seul acteur capable d’interpréter parfaitement son héros. Pour Alexander Payne : « Matt Damon est un comédien qui peut tout jouer, de Jason Bourne à un abruti fini. Dans chacun de ses films, on peut, d’une manière ou d’une autre, se reconnaître en lui ou retrouver chez lui quelqu’un qu’on connaît ». Le personnage de Paul Safranek n’est pas grand et fort comme Jason Bourne, mais plutôt en quête de soi comme notre cher Will Hunting. Matt Damon pour se glisser dans la peau de Paul, a dû subir quelques ajustements physiques. Il porte en effet des prothèses dont un faux ventre. Un détail qui l’amuse assez : « En réalité, ça correspond à ma physionomie quand je ne suis pas en forme ».

3# Des seconds rôles majeurs

La grande surprise de Downsizing s’appelle Hong Chau ! Apercue dans Big Little Lies, l’actrice dévoile tout son talent dans le long-métrage d’Alexander Payne. Elle est d’ailleurs nominée aux Golden Globes dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle pour sa brillante interprétation de Ngoc Lan Tran. Fille d’immigrés, la comédienne vietnamienne insuffle sincérité, sensibilité et enthousiasme au rôle. Elle campe, en effet, une femme profondément forte, altruiste, particulière en somme. Dans Downsizing, on retrouve aussi Christopher Waltz, le roi des interprètes pince-sans-rire ! Ici, il joue Dusan, le voisin bling-bling de Paul Safranek. C’est un sacré énergumène n’en témoigne ses répliques : « Tu crois vraiment qu’on va s’intéresser à un Serbe de 12 cm qui revend des cigares cubains ? C’est le Far West, mon pote ». Toutefois, c’est grâce à lui que le monde du héros va changer. Dans l’histoire, tout comme il y a un avant et un après Ngoc Lan, il y a un avant et un après Dusan.

4# Petit mais pas vraiment mignon

Le postulat de départ pour les chercheurs norvégiens qui ont permis le downsizing est qu’ainsi, ils sauveraient la planète. Un homme de 12 CM consommant bien moins que celui d’1M80 CQFD. Pour l’Américain moyen, il s’agit plutôt d’obtenir une meilleure qualité de vie et c’est dans cette optique que Paul et Audrey Safranek envisagent les choses. Alexander Payne dans son long-métrage dénonce donc les dérives de la surpopulation mondiale, mais au-delà d’un film sur l’environnement, il critique l’american dream. Son personnage principal, Paul, ne va pas spécialement améliorer son existence en réduisant sa taille. Si Neil Patrick Harris promet une belle maison et la possibilité d’offrir des diamants à sa femme, Paul va vite déchanter. Que le monde soit petit ou grand, on découvre, que les problèmes sont clairement les mêmes. Si on lui promet un taux de criminalité de 0, on voit avec Dusan que les business illégaux sont toujours d’actualité. Avec le personnage de Ngoc Lan, apparaissent aussi les dérives du Downsizing. En effet, la demoiselle a été diminuée sans son consentement, suite à une protestation politique au Viêtnam. Elle est donc devenue femme de ménage pour s’en sortir et vit bien loin de la ville dans un quartier pauvre où elle aide ses voisins comme elle peut. La réalité de ce microcosme n’est donc pas celle à laquelle on s’attend et cette fable bien qu’humaniste fera réfléchir le spectateur.

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Downsizing : le petit monde d’Alexander Payne

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 4 min
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