Dimanche dernier, la victoire de la formation 5 Étoiles aux élections législatives italiennes a porté un nouveau coup à la stabilité européenne avec pour toile de fond les contrecoups de la crise migratoire.

Le Mouvement 5 Étoiles (M5S) est arrivé en tête en rassemblant 32.6% des suffrages, un score insuffisant pour avoir la majorité absolue. C’est aussi le cas pour la coalition rassemblant notamment la formation de Silvio Berlusconi (Forza Italia) et le parti d’extrême-droite de la Ligue du Nord qui a obtenu un score de 37%. Cette victoire éclatante de la formation M5S, qui se fonde sur un principe de rejet des élites, est toutefois à nuancer. Le gouvernement actuel de centre-gauche restera aux affaires tant que le président de la République italienne n’aura pas désigné un dirigeant de parti pour former un nouveau gouvernement.

« Nouvel appel à agir »

Ce résultat est un « nouvel appel à agir » pour Emmanuel Macron qui se veut le héraut d’une plus grande intégration européenne. En effet, les partis arrivés en tête sont des eurosceptiques convaincus qui ont pu prospérer sur le terreau de la crise migratoire que la péninsule subit depuis plusieurs années. Les félicitations venant de Marine Le Pen du Front national et de Nigel Farage, leader du mouvement pro-Brexit au Royaume-Uni illustrent la portée européenne de ce scrutin.

Les effets de la crise migratoire

La volonté d’Emmanuel Macron de renforcer l’Union Européenne est mise à mal une nouvelle fois après les difficultés allemandes à former un nouveau gouvernement. Outre-Rhin aussi celui-ci a mis du temps à se dessiner. De longues tractations ont finalement accouché d’une coalition rassemblant la CDU-CSU d’Angela Merkel et le SPD (parti social-démocrate). Elle conserve les rênes du pouvoir, mais elle est ressortie affaiblie de cet épisode marqué par l’affaiblissement de son parti aux élections législatives en septembre dernier. Ce recul est à mettre à l’actif des progrès dans les urnes de l’AfD, parti eurosceptique qui a remporté 12,6% des sièges au Bundestag, le Parlement allemand.

Il faut y lire ici également les effets de la crise migratoire dans un pays qui a accueilli un million en 2015. La chancelière allemande a dû depuis accepter de réduire le nombre de migrants sous la pression de la CSU (le Parti chrétien-démocrate bavarois).

Ces secousses interviennent pour l’Europe alors que les tractations sur la sortie du Royaume-Uni battent leur plein. L’UE veut afficher un front uni pour ne pas sortir affaibli en ayant accordé trop de concessions aux Britanniques.

En tout état de cause, la situation italienne met à l’épreuve la stabilité de l’UE alors que se profilent les élections européennes l’année prochaine.

Maxime Crinon

Elections législatives italiennes : nouvelle secousse pour l’E…

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