Elsa a 23 ans. 23, c’est d’ailleurs le numéro de son joueur de basket préféré. 23, c’est le numéro qu’elle a décidé de se faire tatouer. Elle a fait du basket pendant plus de la moitié de sa vie, on peut donc dire qu’elle l’a dans le sang. Portrait d’une ancienne basketteuse qui a commencé dans une équipe de garçons et qui s’est retrouvée co- capitaine d’une équipe féminine quelques années plus tard. Dans ce genre de portrait, on s’attend toujours à ce que les sportifs aient arrêté le sport parce qu’ils ont eu un problème cardiaque comme Lucas Scott. On s’attend tous à ce qu’ils aient tous traversé l’horreur avant de trouver la gloire. Parfois, on oublie que certains sont normaux. Ils aiment leur sport, ils en sont passionnés, mais à cause de la lassitude, des aléas de la vie, ils arrêtent. Elsa en fait partie ? Pas vraiment, grâce à une chose essentielle qui la différencie et qui a marqué sa pratique du basket. Elle nous raconte.

 Une basketteuse passionnée

Elsa  a commencé le basket à l’âge où on est encore en maternelle. Cinq ans. Lorsque je lui demande pourquoi, elle me dit que sa grande sœur l’a entraînée là-dedans. Sa grande sœur en faisait. Parfois, il y a des choses que l’on n’explique pas. Les coups de foudre, l’amour pour la télé-réalité ou être fan de Jul par exemple. Pour Elsa, c’était le basket. 

Portrait basketteuse
Elsa, plus jeune | Photo d’Elsa

Depuis toujours, elle aime ça. Je ne vais pas dire parce qu’elle est tombée dedans quand elle était petite comme Obélix parce que c’est une phrase clichée et pourtant… Elle est tombée dedans quand elle était petite. Elle jouait tout le temps, elle avait toujours une balle dans la main. Sa sœur la faisait regarder le All-Star Game presque tous les ans. Puis plus tard, elle est partie voir les Harlem Globetrotters avec une amie de sa mère. Une vraie passion.

Portrait d’une fille qui jouait dans une équipe de garçons

Comme je vous l’ai dit plus tôt, elle a commencé le basket à 5 ans. Elle jouait à Nanterre (qui est d’ailleurs actuellement en Pro A). À l’époque, peu voire aucune fille ne jouait au basket comme aucune fille ne jouait au football. Les années 2000, vous savez… Lorsque je vous disais qu’il y avait une chose qui la différenciait des autres basketteurs, c’est ça. C’est le fait que pendant plus de 10 ans, de ses 5 à ses 15 ans, elle n’a joué qu’avec des garçons. Ce qui peut paraître horrible pour d’autres filles ou pour d’autres garçons qui pratiquent un sport dit « de filles » (on est d’accord que ça ne veut rien dire) mais pas pour elle. Lorsqu’on est passionnés, rien ne peut nous arrêter. Elsa était passionnée et ce qui aurait pu être un handicap pour certain(e)s, est devenu sa force. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une émission de télé (que vous vous connaissez tous et que je ne vais pas citer) est venue la filmer afin de montrer qu’à Nanterre, une petite fille jouait avec des petits garçons et qu’en plus, elle était acceptée.

Portrait Basketteuse
Elsa et les garçons de son équipe | Photo d’Elsa

 Le rêve d’être pro

Son rêve ? Faire du basket. Elle ne voulait que faire du basket, elle ne faisait que du basket, elle rêvait d’être basketteuse professionnelle comme son idole Jordan. Mais à l’âge de 14 ans, elle eut un problème au pied ce qui l’a empêché de rejoindre un sport études. Vous l’aurez compris, pendant un an, elle a abandonné les garçons de son équipe. Je sais ce que vous pensez : « Mais Sonia,  tu nous avais dit qu’il n’y aurait pas de drames et de come-back. » Voilà, je vous ai menti.

À 16 ans, elle a recommencé à jouer et a intégré, onze ans après, une équipe de filles. Ce qui l’a vraiment changé : « C’était un esprit différent et une façon différente de jouer. »

Portrait basketteuse
Elsa dans la cour des filles | Photo d’Elsa

Alors, vu que c’est la fin de ce portrait, vous êtes en train de vous demander quand elle a arrêté et surtout pourquoi ? À l’âge de 18 ans. Elle me dit que c’est parce qu’elle était trop nerveuse sur le terrain et que ceci l’a poussé à arrêter, à lâcher son ballon. Peut-être qu’elle en avait marre de jouer. Peut-être qu’elle en avait marre de jouer avec des filles. Peut-être qu’elle était faite pour jouer toute sa vie avec les hommes. (Après tout, quel basketteur n’a jamais rêvé d’être le futur Michael Jordan ?) On ne le saura jamais. Ce qui est sûr c’est qu’Elsa restera toujours une basketteuse dans l’âme.

Elsa : portrait d’une basketteuse passionnée

par Sonia Malek Temps de lecture : 3 min
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