Emmanuel Macron est ce soir élu Président de la République Française à un score large d’environ 65% des électeurs. La campagne présidentielle que nous venons de vivre est inédite et cette dernière aura des conséquences que nous ne soupçonnons pas encore.

Macron Président
© ERIC FEFERBERG / AFP

Abstention, vote blanc et mode de scrutin

D’abord, nul ne doit se réjouir d’un parti d’extrême-droite qui réunit environ 11 millions d’électeurs. Il ne s’agit pas de les en blâmer, mais bien de comprendre comment et pourquoi nos concitoyens se tournent vers un parti qui choisit une certaine forme de patriotisme face à l’ouverture. Emmanuel Macron aura à concilier avec cette réalité.

L’abstention forte, autour de 26%, et les votes blancs qui représenteraient près de 9% des inscrits, nous rappellent quant à eux combien la démocratie française dysfonctionne encore. Au-delà de leur comptabilisation, les votes blancs doivent à l’avenir avoir une conséquence réelle sur le scrutin.

Les modes de scrutin pourraient être eux aussi questionnés, et il s’agirait alors d’un gigantesque chantier de réflexion à engager (que j’appelle d’ailleurs de mes vœux). Quid du scrutin majoritaire à deux tours qui peut créer des triangulaires ? Quid de la proportionnelle ? Le nouveau Président, qui veut moderniser la vie politique, a déjà indiqué qu’il était favorable à une dose de proportionnelle.

Quels militants pour quels partis ?

Ensuite, le paysage politique actuel est probablement en train de vivre ses derniers jours. Le Front National a décidé de se recomposer, de s’ouvrir, de créer des alliances et de devenir une nouvelle force politique. La gauche se déchire actuellement entre appartenance ou non à la future majorité présidentielle et ouverture ou non vers l’extrême-gauche. Les interrogations sont probablement aussi grandes chez LR et l’UDI. Les parcours personnels des membres de chacun de ses partis et les positionnements de leurs instances dirigeantes vont, dans les semaines à venir, dessiner une nouvelle carte partisane pour notre pays.

Aussi faut-il observer avec attention le nouveau militantisme dont a fait preuve En Marche, inspiré directement des méthodes de Barack Obama, entre autres. La mobilisation en un an de sympathisants, d’adhérents et de militants aussi hétéroclites mais non moins motivés et efficaces démontre bien que la crise de l’engagement n’existe pas. Seule la façon de faire de la politique et de s’engager était en cause, et nous ne pouvons que nous en réjouir. Emmanuel Macron a réussi à (re)mobiliser en politique, et en cela cette dynamique mérite d’être saluée.

Un nouveau visage pour la France

L’avenir ne sera pas aisé pour le nouveau Président, qui vivra pendant plus d’un mois une période délicate dans l’idée de réunir une majorité à l’Assemblée Nationale, en sachant pertinemment qu’il ne pourra pour le moment en disposer au Sénat. Ce quinquennat peut mettre fin à la discipline de parti, qui enferme les élus dans des manœuvres politiciennes, pour laisser place à l’idée du consensus voire même de la coalition. Il faut pour cela rompre avec notre tradition politique du conflit, et parvenir à nous tourner vers une politique qui s’élève pour l’avenir du pays.

Engagés et jeunes ne peuvent que se réjouir des bouleversements que notre pays serait en mesure de connaître, que ce soit en termes d’engagements ou de vie politique. Il nous incombe de les encourager, et d’en être les acteurs en nous engageant dans la vie associative, en politique, dans les syndicats, dans ces colonnes, ou simplement au quotidien en citoyen éclairé. Favorable ou non à Emmanuel Macron, à sa personne, à son projet, à ses futurs alliés ; chacun a la responsabilité de l’avenir de la France entre les mains. Profitons de cet instant précieux de bouleversement pour sauter le pas et aller vers un nouvel Engagement.

Guillaume Plaisance

Emmanuel Macron Président, un bouleversement ?

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