On ne peut pas enlever cette réalité au système universitaire américain ; il est plutôt ouvert à l’international. Mais pour beaucoup d’étudiants américains – qui parfois n’ont jamais franchi les frontières de leur Etat – les premiers cours à l’université sont aussi les premiers contacts avec d’autres cultures et avec le « vrai » travail. Après être allés au lycée où les jeunes sont mis au régime du « spoon-feeding », et ne sont pas forcement encouragés à s’ouvrir,  l’éducation supérieure est un grand changement. 

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« L’Université, c’est le début de la réalité. » 

John est étudiant Sophomore en Histoire, mineure en Français à State University of New-York, Buffalo. Intéressé par les influences politiques et philosophiques que l’Europe de l’Ouest a pu avoir sur le développement du monde intellectuel Nord-Américain, il a pour projet d’intégrer The Honors School (une branche très select de l’université), et éventuellement de s’engager dans la voie de l’enseignement : “Sûrement pas au lycée, mais plutôt dans l’enseignement supérieur, pour avoir des étudiants vraiment passionnés, comme je le suis par le sujet.

Quand je lui ai demandé comment il définirait la vie universitaire américaine en général, John m’a donné un portrait plutôt sévère de ces jeunes qui ont la chance de pouvoir suivre un programme universitaire.

“Beaucoup de gens s’attendent à vivre une expérience à base de soirées, d’alcool, de glandage et surtout de “fun”, mais en réalité, suivre des cours à l’université implique plus de stress qu’autre chose. Ma vie en période d’exam, soit la majeure partie du temps, est clairement rythmée par la caféine, l’analyse méticuleuse de livres d’histoire et les cigarettes.

L’université, c’est le moment clé où chaque décision que tu prends a un impact décisif. Ça n’a rien avoir avec le système du lycée qui n’est rien d’autre qu’un cocon bien confortable où tout te tombe déjà cuit dans les mains. C’est là qu’on se rend compte que la jeunesse américaine est intimement persuadée qu’elle ne tombe pas dans le stéréotype mais … en fait, si. Ce n’est qu’en arrivant a l’université qu’on prend vraiment conscience qu’il y a quelque chose d’intéressant en dehors des Etats-Unis.” 

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« Il y a tellement de choses dans lesquelles on peut s’investir, ça en devient presque étouffant »

Etudiante en Etudes Environnementales, Jay a aussi choisi une majeure en Anglais, et deux mineures en Français et « creative writting ».  Lors de notre entretien, Jay m’a fait part de son implication dans quelque chose qui, d’après elle, n’est pas assez reconnu aux Etats-Unis. Son projet : s’impliquer dans l’éducation civique et activiste des étudiants américains, faire en sorte que l’environnement devienne une chose qu’il faut protéger et pour laquelle il faut se battre.

« Pour beaucoup, aller à l’université permet de quitter le nid plus facilement, se libérer un peu de la pression familiale et découvrir ce qu’on aime vraiment. On se retrouve un peu livré à soi-même. » En plus de son CV assez impressionnant, Jay fait partie d’une fraternité (toutes les fraternités ne sont pas uniquement engagées dans des tournois de beer-pong), la « Professional Environmental Fraternity ».

Fondée en 2011, composée de membres mixtes et avec les 35 étudiants membres déjà diplômés, sa fraternité organise des campagnes de sensibilisation sur le campus. « Vivre sur le campus offre une tonne de possibilités, c’est comme être dans une gigantesque bulle, tout est à portée de main, il faut juste s’engager, faire marcher les réseaux, oser saisir les occasions »

 

>> Ces choses étranges qui se passent sur les campus américains >> Top 5 des  »please do nots » à l’américaine

Etudier aux Etats-Unis : des stéréotypes à la réalité

par contributeurs Temps de lecture : 4 min
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