Fallen Angel est sorti chez Albin Michel le 2 mars. Stéphanie Janicot n’en n’est pas à sa première collaboration avec la maison d’édition puisqu’elle a déjà publié chez elle la trilogie de La Mémoire du monde (prix Renaudot du livre de Poche). Fallen Angel raconte l’histoire du meurtre du génie de la musique : Lucie Fersen. Une enquête passionnante menée de manière originale par un drôle de duo : une journaliste et une commissaire.

Fallen Angel : 3 femmes de papier

Stéphanie Janicot dans son roman met en lumière 3 femmes : Lucie Fersen l’artiste, Sibylle la journaliste et Anouk la commissaire. Les relations entre les trois protagonistes vont vite s’établir. Sibylle, qui est la narratrice principale, se retrouve par hasard à assister à la générale du Fersen Orchestra, dirigé par Lucie Fersen. En plein concert, le génie de la musique est touché par balle. Alors qu’elle cherche des informations pour son papier sur l’évènement, Sibylle va retrouver Anouk sa copine de la fac de droit. Cette dernière, grâce aux aléas du calendrier, s’est vu chargée de l’enquête. On s’identifie rapidement aux deux femmes qui mènent l’enquête, ce sont deux amies chacune avec leur caractère, mais leur jeunesse les rendent accessibles. La personnalité paradoxale de Lucie Fersen est une barrière qu’il faudra franchir. L’artiste de 36 ans est, en effet, très complexe, mais au fur et à mesure de l’enquête, le lecteur arrivera à la comprendre. Stéphanie Janicot dépeint une femme qui s’est cachée derrière son succès et en à fait un mur. À travers des interrogatoires, on va en apprendre plus sur ses relations et son point de vue sur la vie. Le « meurtre » en soi de la nouvelle Mozart est la base de l’histoire, mais il est parfois relayé au second plan au profit de la découverte du parcours de Lucie, un ange déchu. Ce mélange entre personnages complexes comme Lucie et plus simples avec Anouk et Sybille donnent une dynamique intéressante au roman. Ce trio féminin peu conventionnel est accrocheur.

Pour une femme de plume

Le roman de Stéphanie Janicot mêle enquête policière, journalistique, polar musical et thriller psychologique. Autrement dit, on ne peut lui coller une seule étiquette. L’écriture est sans fioriture, mais le mode de narration est très original. Le roman commence par le meurtre, on entre de plein pied dans l’histoire par les agissements du tireur. L’auteure alterne donc entre l’enquête racontée à la première personne par Sibylle et ce que devient le tueur avec un « il » plus lointain. Si parfois l’investigation reprend le dessus avec notamment de longs interrogatoires, on ne perd jamais de vue l’assassin. On découvre son identité un peu avant la fin, mais le suspens n’est pas bradé, car ses motivations resteront secrètes jusqu’au bout. Stéphanie Janicot fait quelques références à Agatha Christie notamment p228 avec le Crime de l’Orient Express et c’est tout à fait l’idée qui nous vient tant l’issue de l’histoire est un vrai twist. Son roman est aussi psychologique, car elle analyse beaucoup la personnalité de ses personnages. Au-delà de Lucie Fersen et son passé de star, l’auteure s’interroge sur la jeunesse à travers Anouk et Sibylle. Page 101, elle dit : « Nos parents nous avaient tant fait croire que nous serions éternellement des enfants, le temps nous avait surpris. Nous vieillissons en marge sans parvenir à prendre des places d’adultes ».

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Fallen Angel : la journaliste, la flic et le génie

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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