À chaque grande saga son remake, Jurassic Park n’y fait pas exception ! En juin 2015, Jurassic World voyait le jour avec Colin Trevorrow à la réalisation. Trois ans plus tard, pour sa suite : Jurassic World: Fallen Kingdom, c’est Juan Antonio Bayona qui est aux commandes. Vaut-il encore le coup de se déplacer pour voir ces fameux dinosaures ? Lumière sur un opus plus sombre, où la nature reprend ses droits.

Bayona’s touch

La critique avait été très sévère avec Colin Trevorrow, good news then, il laisse sa place à Juan Antonio Bayona à la réalisation ! Le moins que l’on puisse dire, c’est un grand ouf, car on voit une très nette amélioration de ce côté là. Le réalisateur de Jurassic World: Fallen Kingdom, voulait un film plus sombre et c’est chose faite. La scène d’ouverture est glaçante à souhait et vous mettra tout de suite dans le bain. Passé cet avant-goût, le film se divise en deux parties plutôt facilement identifiables : sur l’île puis dans le manoir des Lockwood. Que ce soit dans leur environnement naturel ou sur le territoire de l’homme, le dinosaure s’adapte ce qui le rend encore plus effrayant. Juan Antonio Bayona, ménage le suspense d’une manière assez incroyable notamment grâce à la beauté de l’image. Les jeux d’ombres et de lumières, qui préfigurent la présence d’un dinosaure, mettent le spectateur dans un état d’angoisse et raniment la peur infantile du monstre sous le lit. Un grand bravo à Oscar Faura, directeur de la photographie, pour ce travail. Le mélange numérique/animatronique pour donner vie aux dinosaures est aussi une franche réussite !

Dinos over bros

La vraie star de Jurassic World: Fallen Kingdom n’est pas Chris Pratt ou Bryce Dallas Oward et encore moins Rafe Spall, Daniella Pineda ou Isabella Sermon. Vous l’aurez compris, les humains, qu’ils soient personnages principaux ou secondaires ne sont pas les vrais héros du film. Pourquoi ? La réponse est simple : toute l’épaisseur du script a été tournée vers les monstres. On est content, ou pas d’ailleurs de retrouver Owen et Claire, mais leur relation n’est pas aussi intéressante que celle entre Blue et Owen par exemple. En effet, on retrouve dans Jurassic World: Fallen Kingdom, la petite raptor qui a un lien si particulier avec le ranger. Juan Antonio Bayona prend le temps d’expliquer comment cette connexion est née, ce qui apporte une touche de douceur. Dans cet opus de la franchise, si l’on voit les dinosaures parfois malmenés, plusieurs plans les montrent dans toute leur splendeur. Le bestiaire a été enrichi pour avoir toujours plus de dents avec notamment l’Indoraptor mélange du Vélociraptor et de l’Indominus Rex, une nouvelle création génétique.

The God Complex

Jurassic World: Fallen Kingdom n’est pas doté d’un scénario de folie, mais donne quand même aux spectateurs à réfléchir. Juan Antonio Bayona montre que ce sont les actions de l’homme qui corrompent la nature. Les dinosaures ne sont plus des êtres naturels, mais modifiés pour assouvir une quête du pouvoir. Ils ont été façonnés pour devenir des chiens de guerre. Et si l’homme a été capable de recréer des êtres disparus, faut-il les laisser mourir à nouveau ? Puisqu’ils ne seront pas définitivement éteints, l’homme pourrait être tenté de penser que cela n’est pas très grave. Une vraie réflexion sur l’extinction d’une espèce, et sa préservation est donc sous-entendue dans le film. Le réalisateur va même plus loin dans sa dénonciation de l’eugénisme à travers un personnage… Faut-il vraiment défier les lois de la nature ? À vous de voir en salles !

Fallen Kingdom élève Jurassic World

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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