Blanche-Neige fut le personnage principal d’un conte de Grimm en 1812 avant d’être porté par Disney en 1937. Le cinéma y est aussi allé de son adaptation avec Blanche Neige puis Blanche Neige et le chasseur. Gally Lauteur, elle, s’empare de la princesse à la pomme pour la réinstaller dans son univers littéraire. L’auteure de « Ne m’appelez pas Blanche-Neige » raconte avec gourmandise les aléas sentimentaux de la jeune Blanche…

Il était une fois

Gally Lauteur a choisi de revisiter Blanche-Neige, car elle voulait un conte avec beaucoup de personnages. Disney a donné des noms aux 7 nains, la romancière leur a donné un passé ! Dans le roman, on retrouve donc toute la petite troupe de Blanche-Neige et chacun a son chapitre. Joyeux est mentionné au chapitre 6, ça sera Rob Duval, un jeune homme plus mystérieux qu’il n’y paraît, il est toujours avec Jay aka Grincheux. Blanche rencontrera les deux garçons dans les WC d’un bar. Rob a un frère Matthias plus âgé, surnommé à juste titre Prof, même s’il n’est pas si exemplaire. Le fils de Prof sera Timide ou Théo, une petite bouille adorable que Blanche gardera. La nouvelle meilleure amie de Blanche s’appelle Roxanne, qui sera surnommée Atchoum et Stella sera Simplet. Toutefois, les deux jeunes femmes seront aussi comparées à des vraies princesses : Stella est une sirène comprenez donc Ariel et Roxanne est Cendrillon. Blanche à son propos (p115) : « Si je devais dessiner Roxanne, j’en ferais une jolie princesse dans un univers de chaussures ». Pour le dernier nain, Dormeur, le mystère sera résolu au chapitre 44… Les méchants du conte sont aussi présents : la reine se personnifie en Laurine, le roi est le père de Blanche, le chasseur est Fred le premier petit ami de notre princesse des temps modernes.

Pomme d’amour

« Je m’ennuyais dans les transports en commun et je me suis demandée ce que feraient les princesses d’aujourd’hui ou les sorcières si elles avaient des téléphones et comment on pourrait transformer les contes en quelque chose de plus moderne » avec ses mots Gally Lauteur plante le décor. Dans « Ne m’appelez pas Blanche-Neige », nous ne sommes pas dans un univers fantastique, la magie opère grâce à Internet. Alors que les réseaux sociaux sont à prendre avec précautions dans la vie réelle, ici Internet n’est pas le grand méchant loup. Le concept de ce réseau est assez sympathique : « Sur Pomme-d’amour.com, m’explique Rob, les profils sont appelés des miroirs magiques. C’est lié au fait que les photos, ou les avatars ont une forme de miroir ovale. Les miroirs de tes amis sur le site vont s’adapter à ton profil et créer un univers précis autour de ta passion ». En plus, si l’utilisateur veut supprimer une image de lui, il peut le faire simplement et elle sera réellement effacée ce qui est un grand changement, car en vrai, on sait que tout reste sur la toile. Dans « Ne m’appelez pas Blanche-Neige » le personnage de la sorcière est une femme excentrique et vraiment drôle : « Je ne fais pas dans la science-fiction, je fais juste dans les fruits et légumes ». Elle sera une sorte de conseillère Pôle Emploi, mais surtout une psy 2.0.

Le grand cœur d’une princesse ?

Blanche, c’est la jeune fille un peu timide qui vit dans l’ombre de sa meilleure amie, mais qui va se dévoiler peu à peu. On va suivre son évolution à travers ses rencontres. Au milieu des ravages qu’ont fait son père et Laurine, elle va devoir apprendre à refaire confiance : « Je ressemble presque à Blanche-Neige. Pourtant, je n’ai aucune envie de pousser la chansonnette ou de faire le ménage… sauf si je dois nettoyer le chaos de ma vie qui part en miettes ! ». On adore donc son franc-parler et sa répartie, peut être plus que Jay et Rob qui ne font pas toujours les malins avec elle. Le cœur de Blanche est brisé, elle ne croit donc plus au prince charmant, mais elle prône l’amitié : « Ces histoires de bisous sortant une jeune fille de son sommeil prolongé ne m’intéressaient pas. Blanche-Neige était exceptionnelle en ce sens qu’elle avait rencontré sept nains. Ce conte était pour moi le fantasme d’une histoire d’amitié éternelle ». Finalement, elle trouve tout de même l’amour, mais elle fait toujours preuve de beaucoup de second degré dans ce qui lui arrive : « Je suis une princesse moderne, je choisis le prince qui me convient ! Et, si cela n’est pas possible alors qu’on ne m’appelle plus jamais Blanche-Neige ».

Comments

comments

Ne m’appelez pas Blanche-Neige : une pomme princesse ?

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
0