En 1989, Masamune Shirow sortait Ghost in the Shell. Depuis la saga a donné lieu à plusieurs séries, films, romans et jeux vidéos. Rupert Sanders se frottait donc à un univers très particulier en voulant reprendre cette franchise. Le réalisateur réussit globalement à séduire les fans de la première heure avec cette version 2017. Il nous plonge dans un monde où corps et âmes fusionnent, où le graphisme permet le transcendement.

Des corps et des âmes

Ghost in the Shell raconte l’histoire du Major, l’agent d’élite de la section 9. Après un accident, l’âme de Motoko Kusanagi est préservée, mais pas son enveloppe corporelle. Elle garde son cerveau dans le corps d’un cyborg de combat amélioré. C’est le Dr. Ouelet, joué par Juliette Binoche, qui s’est occupé de la transformation. Le Major enquête sur l’intriguant Marionnettiste qui hacke les cerveaux des puissants. Le piratage informatique n’est plus donc réservé aux ordinateurs, mais aux « humains ». Les membres de la section 9 sont eux aussi « améliorés » sauf le plus proche collaborateur du Major, Batou. Son corps est remplacé par un composant cybernétique au fur et à mesure qu’il subit des blessures. Batou perd son humanité peu à peu alors que le Major a été changé d’un coup. Batou reste tout de même un homme, il aime les chiens (ndlr le meilleur ami de l’homme), mange de la pizza et de la bière. C’est l’une des rares personnes auxquelles le Major fait réellement confiance. S’il y a déshumanisation des corps dans Ghost in the Shell les âmes sont toujours présentes malgré le brouillage des frontières. Rupert Sanders explique que son « film est avant tout une quête d’identité racontée à la manière d’un roman policier ». En effet dans sa traque, le Major va être amené à se questionner sur sa propre nature. Ghost in the Shell est, en quelque sorte, un parcours initiatique où le Major, est en quête de son identité. Au-delà de son humanité, la voix de Kuze la pousse à remettre en cause ses origines.

Décors et des hommes

Ghost in the Shell version 2017 reste avant tout un formidable film graphique. C’est le produit de la vision futuriste d’un homme : Rupert Sanders. Peu après avoir dit oui pour le film, le réalisateur a proposé aux producteurs un roman graphique pour expliquer sa perception des choses. Le tournage a eu lieu à Wellington en Nouvelle-Zélande pour que l’équipe puisse travailler en étroite collaboration avec Weta Workshop, la société d’effets spéciaux fondée par Peter Jackson. Jess Hall, directeur de la photographie, a même travaillé avec Panavision à la conception d’objectifs sur-mesure car la plupart des caméras numériques produisaient une image trop nette pour saisir la qualité picturale de l’animé. Ainsi tourné en prises de vue réelles, Ghost in the Shell est à voir en 3D (Imax même) pour en apprécier chaque détail. La scène d’ouverture est tout bonnement magnifique !

Rupert Sanders a voulu rendre son univers multiculturel, multiethnique. Pour cela, il a fait appel à des acteurs des quatre coins du monde. L’acteur japonais Takeshi Kitano a obtenu le rôle du chef de la section 9. Batou est interprété par l’acteur danois Pilou Asbæk. Pour le réalisateur, il existe trop peu de films avec un univers masculin dirigé par une femme, c’est pour ça qu’il a mis en avant le personnage de Scarlett Johansson. Il a d’ailleurs été très impressionné par son jeu. En effet, elle ne pouvait pas utiliser son propre corps, elle devait avoir un visage peu expressif, mais pas pour autant dénué d’émotions. Rupert Sanders a aussi donné une grande importance au Dr. Ouelet. De base, le personnage devait être un homme, mais il a préféré apporter une autre touche féminine. Pour le cinéaste, il était primordial que la Française Juliette Binoche incarne cette figure maternelle pour le Major.

Ghost in the Shell : Rupert Sanders s’est donné corps et …

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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