Et le premier coup de cœur de la saison de la rédaction est : Chambre 113, jouée jusqu’en février au Théâtre de Ménilmontant ! Des acteurs géniaux, des chansons rythmées interprétées par des voix magnifiques, des chorégraphies rigolotes, de l’humour, mais aussi un peu de drame… Cette comédie musicale à l’hôpital saura vous requinquer !

L’hôpital peut être aussi musical que médical

Soigner ou se faire soigner, ce n’est pas forcément très gai. Enfin, tout dépend de qui vous soigne. Si c’est le docteur Grinsky (interprété par Emmanuel Quatra), c’est mal parti. Traiter de lui-même, il sait le faire, mais prendre soin des familles de ses patients, c’est trop lui demander. Brutal, il est pas mal critiqué dans le service. Notamment par Roseline (Hélène Hardouin), une infirmière peu commode, mais qui est au fond très soucieuse des autres. Il y a aussi Natacha (Noémie François), une autre infirmière qui croit en l’amour et à l’astrologie. Cette équipe va devoir prendre en charge Mathilde (Chloé Horry), qui vient d’avoir un accident de voiture et est plongée dans un coma stade 2. Il va aussi falloir s’occuper de son mari, Julien (Fred Colas). Cela n’allait plus très fort entre eux avant l’accident, alors… survivront-ils à ce choc ?

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Les acteurs sont époustouflants par leur talent tout en ne faisant « que » jouer. © Éric Bongrand

Un casting au sommet

Réunir seulement cinq acteurs pour une comédie musicale, cela peut paraître peu. Mais ça, c’est sans avoir vu ces cinq-là réunis. Parce qu’il faut les saluer pour leur prestation, redisons leur nom. Chloé Horry, Hélène Hardouin, Noémie François, Emmanuel Quatra et Fred Colas offrent une interprétation des plus excellentes. Chacun est bien dans son rôle et chaque personnage possède sa part d’humour. L’infirmière Roseline ne manque pas de dire les choses comme elle les pense : « Je croyais que pour vous, les hommes, la femme idéale est celle qui se tait », dit-elle à un homme dont la femme est tout de même plongée dans le coma. Natacha est certes blonde, mais joue des préjugés pour tromper le docteur qui la harcèle. Celui-ci justement, de par son égocentrisme, nous amuse. Et ce couple déchiré qui ne cesse peut-être pourtant pas de s’aimer. Si leur histoire est triste, ils ont aussi un propos parfois amusant. Enfin, deux autres acteurs de la comédie ne sont pas sur scène, mais font pourtant beaucoup : les musiciens Antoine Lefort et Éric Bongrand jouent de leur instrument en live. La salle est ainsi faite, mais c’est dommage qu’ils ne puissent pas être près des acteurs car ils se trouvent ainsi au fond de la salle.

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Comédie musicale, la pièce est aussi dramatique. © Éric Bongrand

Des rires pour une sacrée comédie et quelques larmes pour le drame

On est en droit de se demander si faire une comédie musicale dans le milieu hospitalier, ça fonctionne. Un univers aussi froid, menaçant et dévastateur peut-il amener le rire de gens venus se détendre le temps d’une soirée ? La réponse est oui ! Dans Chambre 113, une comédie et un drame en cours se superposent, sans anicroche. Il y a certes quelques moments de tristesse pour cette femme qui va peut-être quitter son mari – qui lui a menti – et leurs deux filles. Mais la comédie est là d’un bout à l’autre pour ne pas laisser le spectateur morose. Les deux infirmières s’occupent aussi bien du médical que du social. Julien devient presque leur patient et elles ne le lâcheront pas. Jusqu’à Rio de Janeiro s’il le faut ! Si l’on voit le tourment de Julien, il y aussi celui de sa femme, qui se dédouble et apparaît sans cesse sur scène, alors que les autres ne la voient pas. Le spectacle est né en 2012, lorsque Claire-Marie Systchenko rencontre Éric Bongrand. L’univers de la comédie musicale n’est pas inconnu par l’auteure puisqu’elle est partie l’étudier à New York. C’est ce qu’elle nous prouve avec Chambre 113. L’univers médical est théâtral. On retrouve par exemple les fameuses blouses du personnel médical et tout le matériel spécifique à ce milieu. Les acteurs – ou plutôt le personnel de service – changent le décor à vue : de simples panneaux sur roulettes qui servent de cloison pour les murs de l’hôpital, ce qui est marche très bien. Aucun doute, lorsque l’on sort de cette comédie musicale à l’hôpital, on se sent extrêmement bien.

Théâtre de Ménilmontant (Paris 20e)
Jusqu’au 11 février
Places à 10 € disponibles sur BilletReduc

Urgence à l’hôpital en chambre 113 !

par Armandine Castillon Temps de lecture : 3 min
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