Ce mercredi 15 novembre 2017 est sorti le dernier film de l’univers DC Comics au cinéma. Justice League devait être le mastodonte qui lance complétement et installe durablement son univers. Des problèmes de productions, un changement de réalisateur et de la réécriture en cours de route font sortir au final un film correct, mais qui parait bien petit en terme d’ambitions a coté du gargantuesque Batman V Superman.

Joss Whedon a la rescousse

Il faut forcément en parler. Joss Whedon a marqué sa patte sur ce film. Remplaçant Zack Snyder parti pour raisons personnelles,  Whedon a activement participé à la réécriture du scénario et a corrigé certaines directions de ton (notamment sur la couleur et les dialogues) pour donner au film un aspect plus fun. Les références sont évidentes : DC et Warner ont accepté de ressembler un peu plus à la recette Marvel pour éviter une catastrophe industrielle, et de se rapprocher visuellement du travail d’Alex Ross. Cela se ressent à longueur de film sur la tonalité et l’aspect des héros. Whedon a encore fait le coup du comic relief inattendu, il a soigné les relations entre les personnages et supprimé ce qui alourdissait le récit des précédents volets (mais qui lui donnait aussi une profondeur et un sérieux intéressant). Exit donc les métaphores à la religion et la noirceur d’un Batman extrême dans ses méthodes. Bonjour Barry Allen le gaffeur et Bruce Wayne le martyr comique.

Les personnages avant tout

C’est le gros point fort du film, l’alchimie entre les membres de l’équipe fonctionne. Ce qui n’était pas gagné vu qu’il fallait introduire trois nouveaux personnages, les faire coexister et surtout faire qu’on s’y attache. Barry Allen/Flash devient tout de suite attachant en quelques secondes grâce au talent d’acteur d’Ezra Miller. Victor Stone/Cyborg possède la back-story la plus développée, inscrite dans l’intrigue, et qui permet d’apprécier son évolution au sein du film. Enfin, Arthur Curry/Aquaman est le moins bien introduit des trois, mais une petite scène tout bête de transition nous fera apprécier ce personnage un peu brut de décoffrage. Oui, les personnages sont bien écrits dans Justice League, et les dialogues les servent. Là encore, le rédacteur de cet article pense qu’on peut remercier Joss Whedon pour cet aspect du film, si bien qu’il ne reste de la patte Snyder plus grand chose, si ce n’est que quelques plans précis.

Justice League ou le film référence

Comme expliqué, le film a un ton totalement différent de Man of Steel et Batman V Superman. Il fait une transition forcée vers une tonalité qui permettra à l’avenir de mieux porter les différentes itérations des héros. Justice League est donc à la fois la suite directe du film précédent, mais également un réceptacle à plus de 40 ans d’imaginaire super-héroique. Le film fait des rappels au Batman de Burton et au Superman de Richard Donner en réutilisant les thèmes ultra connus (de façon brève mais non dissimulée). De même, des apparitions de différents héros sont faites à des moments du film, teasers prémonitoires pour la suite des adaptations. Dans une opération qui a pour but de sauver la machine à sous au bord de l’implosion en cas d’échec, les pontes de Warner mettent tout ce qu’ils ont comme références pour contenter tout le monde. La question est maintenant de savoir : à vouloir plaire à tout le monde, ne vont-ils pas au contraire se mettre à dos le restant de public qui pouvait aimer le ton pris par le début du DC universe ?

Justice League : Warner et DC font du damage control

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 3 min
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