Oubliez le livre de Feydeau et vos éventuels cours de littérature sur la pièce. La Dame de chez Maxim telle qu’elle est revisitée au Théâtre Rive Gauche est une pièce de théâtre classique drôle transformée en un spectacle incroyable ! Au texte s’ajoutent musique et danse, pour un vaudeville des plus exquis.

La dame, de chez Maxim à chez Petypon 

Monsieur Petypon a attrapé la « gueula lignea », comprenez : la gueule de bois. Il a passé la soirée avec son ami Mongicourt, chez Maxim. Tel un Tryo, ce dernier pourrait lui chanter : « T’as la mémoire qui flanche et les yeux rouges et en plus, surprise ! Dans ton lit, ça bouge ! » Et oui, il est occupé par la môme Crevette, dont il n’est pas prêt de se débarrasser. En plus, sa femme n’est pas loin… Pensez donc, une bourgeoise qui rencontre une cocotte, qui a en plus dormi avec son mari sous leur toit ! On l’a donc notre trio à nous, avec la femme, le mari et sa maîtresse. Représentée pour la première fois en 1899, La Dame de chez Maxim n’en finit pas d’être jouée. Au Théâtre Rive Gauche, on n’a pas choisi de seulement l’adapter…

Théâtre, chant et danse de folie

La dame de chez Maxim s’est-elle déjà retrouvée dans cet état ? Si l’on pense assister à une adaptation, c’est plutôt une révolution. D’entrée de jeu, les acteurs se produisent dans un spectacle de cabaret sensuel où l’on voit bien « la dame » mais pas Georges Feydeau, le dramaturge. Il arrive par la suite, mais ce show d’entrée donne le ton de ce que sera la pièce : survoltée. Si cette entrée en scène n’est pas dans la pièce, elle s’accorde parfaitement avec la suite. Car oui, La Dame de chez Maxim est revisitée avec moult chansons et chorégraphies. Si c’est la môme Crevette au micro principal, les acteurs se mêlent à elle pour danser et chanter tout au long de la représentation. Alors que Feydeau a construit son œuvre en abandonnant les couplets, ce spectacle retourne aux origines du vaudeville, qui désignait au XVIe siècle une chanson populaire composée sur un air connu. Dans leur adaptation donc, Johanna Boye (également metteur en scène) et Pamela Ravassard (l’interprète de Mme Petypon et de Mme Vidauban) ont fait le choix de laisser de la place à la musique, qui donne instantanément du rythme. Et ce presque concert de rock se fait même – et surtout – avec la présence d’un pianiste sur la droite de la scène, Mehdi Bourayou, telle une comédie musicale. Pas de fausse note donc, pour la mise en scène de la jeune Johanna Boye.

La dame de chez Maxim chamboule tout
Les acteurs sont drôles et présents à 100% sur scène. © Evelyne Desaux

Des acteurs au sommet de leur art

Des 29 acteurs indiqués dans le texte, seulement sept ainsi que l’ajout d’un musicien sont finalement présents sur scène. Si le décor est minimaliste – trois structures roulantes comportant une ouverture et des chaises – c’est parce qu’il importe peu par rapport au jeu, exceptionnel, des acteurs. Le rôle de la Môme Crevette colle à la peau de sa comédienne, Vanessa Cailhol. Avec sa voix grave et forte, elle a une de ces manières de prononcer les « Et allez donc, c’est pas mon père ! », formule mythique du personnage. Ce n’est plus la comédienne jouant la môme que l’on a devant nous, mais une cocotte qui jure par son langage et sa tenue vestimentaire parmi des bourgeois ! Chaque artiste présent est formidable. De Florian Choquart (Docteur Petypon) à  Vincent Vitti (le Général), tous sont drôles et se donnent à 100%. Il faut dire que certains jouent même deux personnages, comme Arnaud Dupont, qui est à la fois Mongicourt et une « dussèche » remarquables. Sur scène, les comédiens se travestissent, bougent, crient et s’éclatent tellement que leur joie à être là est communicative avec le public. Le Théâtre Rive Gauche présente une Dame de chez Maxim comme on ne l’a jamais vu et qui fait oublier que la pièce a plus de cent ans. Sensationnel.

 

Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté, 75014 Paris
Du jeudi au samedi à 19h
19 € (catégorie unique) ou places disponibles sur BilletRéduc

La Dame de chez Maxim chamboule tout au Théâtre Rive Gauche

par Armandine Castillon Temps de lecture : 3 min
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