Zhang Yimou signe avec La Grande Muraille une coopération de grande ampleur entre le cinéma chinois et américain. Il a été très critiqué avant même sa sortie à cause de son « whitewashing », car il met en avant un acteur blanc, Matt Damon. Ce film d’action à grand spectacle, donne pourtant un très beau rôle à l’actrice Jing Tian. La Grande Muraille est donc à prendre pour ce qu’il est : un film d’action qui raconte une légende chinoise.

Le mythe des Tao Tei

Dès les premières minutes de La Grande Muraille, on est prévenu. Le film raconte l’histoire d’une légende chinoise, celle des Tao Tei. Ces créatures surgissent tous les 60 ans pour éradiquer les humains. Le seul rempart contre ces créatures demeure La Grande Muraille. William Garrin et Tovar, deux bandits de grand chemin, se font capturer au pied de l’édifice après avoir tué l’un de ces monstres. Alors qu’ils sont faits prisonniers, l’Ordre Sans Nom, l’armée qui protège La Grande Muraille, subit une attaque dévastatrice. Après cette attaque, Tovar ne pense qu’à s’enfuir alors que William commence à apprendre le sens du mot Xìnrèn (confiance) grâce à une guerrière, mais pas d’histoire d’amour le film n’est qu’action.

Le casting de Zhang Yimou

Zhang Yimou pour conquérir le marché américain et chinois se devait de composer un casting très mixte. À trois grands acteurs américains répondent trois Chinois. Andy Lau joue le stratège Wang, Hanyu Zhang le général Shao et Jing Tian, quant à elle, campe une très respectée guerrière du nom de Lin Mae. S’il, on a plaisir à retrouver Matt Damon, dans La Grande Muraille, on a encore plus de satisfaction à voir Pedro Pascal. Qui n’a pas apprécié son rôle dans Game of Thrones ? Le retrouver dans ce film est surprenant, mais plaisant. D’ailleurs, ses répliques sont les plus drôles et il joue le meilleur des compagnons que l’on puisse avoir. Un peu filou, mais attachant. Le plus grand rôle du film est celui de Jing Tian. De mon avis, elle surpasse Matt Damon alors qu’elle devait être son alter ego. Elle incarne la puissance d’une femme qui va ramener l’homme blanc sur le bon chemin.

Zhang Yimou La Grande Muraille
Jing Tian aka Lin Mae
© 2016 – Universal Pictures

La Grande Muraille en technicolor

Dans La Grande Muraille, tout est grandiose : de la mise en scène en passant par le décor et les costumes. Quand on voit l’armée de l’Ordre Sans Nom se déplacer c’est comme un ballet tellement la coordination est belle. Pardon de s’extasier là dessus, mais diriger autant de personnes dans une même direction n’est pas chose aisée (parole de danseuse). Le sentiment de chorégraphie avec tous ses soldats qui tourbillonnent est renforcé par la vivacité des couleurs. Chaque entité à la sienne : l’unité volante composée de femmes est en bleu, les archers sont en rouge, en jaune les créateurs, noir les fantassins et enfin violet pour les cavaliers. Ces couleurs sont au cœur de l’histoire et donc au cœur des costumes. Mayes C. Rubeo, la chef costumière, s’est documentée sur la Chine du 7e siècle pour habiller les personnages, mais on retrouve aussi son inspiration dans les créations. Personnellement, ils m’ont fait un peu pensé aux Power Rangers. La Grande Muraille, que l’on voit à l’écran, est quant à elle une réplique construite en Chine comprenant 20 000 briques. Au total, 700 personnes ont travaillé sur ces décors. Une pierre grise a été utilisée pour la Muraille afin de justement faire ressortir la couleur des vêtements des factions.

La Grande Muraille : le Ying & Yang de Zhang Yimou

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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