Ces cinq romans-là, on en a entendu parler partout depuis la fin de l’été. Stars incontestées de cette rentrée littéraire, on retrouve :
L’Autre qu’on adorait, de Catherine Cusset, un roman poignant que seul Yann Moix a eu le déplaisir de ne pas aimer ;
Beaux Rivages, de la talentueuse Nina Bouraoui, le roman âpre et décomplexant qui cartographie la rupture amoureuse en en étalant toutes ses phases sans pudeur et sans filtre ;
Babylone, le très attendu nouvel opus de Yasmina Reza qui a partagé la critique ;
Continuer, l’autre roman très attendu de Laurent Mauvignier ;
Petit Pays, la Madonna de cette rentrée qui a tout emporté sur son passage – et qui promet de rafler un paquet de prix.

5 romans stars pour une multitude de prix qui les citent d’ors et déjà dans leurs sélections : tabac médiatique avéré ? Sans aucun doute, oui. Voilà de très bonnes raisons de les découvrir.

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L'Autre qu'on adorait, Catherine Cusset, Gallimard, 18 août 2016, 20€
L’Autre qu’on adorait, Catherine Cusset, Gallimard, 18 août 2016, 20€

L’Autre qu’on adorait, Catherine Cusset

 « C’est trop tard, écris-tu en sentant la jouissance atroce de ces mots définitifs qui te tuent tout en te sauvant : c’est fini. » Dans ce nouveau roman qui dessine un destin décimé, Catherine Cusset dresse le portrait de l’échec et de la persévérance, de l’amour mille fois déçu, de la vie avec ses vagues et ses creux – un point d’ancrage dans l’intimité d’une vie ratée et perdue. Déchirant. (Gallimard)

Extrait. « Quand tu penses à ce qui t’arrive, tu as l’impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d’un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d’amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable. Ce n’est pas un film. C’est ta vie.»

L’Autre qu’on adorait (qu’on cherchait sous la pluie), c’est sans doute le plus beau roman de Catherine Cusset. Le plus dur – il est brutal, cru, déchirant – et le plus doux, dans la beauté inouïe de sa langue, dans ses mots qui invitent au voyage, dans les nuances subtiles de ses phrasés qui la distinguent immédiatement de cette rentrée littéraire. Sa plume virtuose sublime la laideur de l’échec, le truchement de l’adresse à un lecteur, à son ami ou peut-être à elle-même apporte une singularité qui achève le génie de ce roman – beauté prodige d’un camaïeu de mots qui cinglent la mort pour mieux décortiquer la vie.

L’Autre qu’on adorait, c’est une nécrologie fantasmagorique, une autopsie des montagnes russes de la vie, le mystère d’une mort. Cusset fouille la vie de Thomas, un universitaire brillant malmené par sa bipolarité, qui s’est suicidé à l’aube de ses 39 ans. La fiction comble l’ignorance, les questions demeurent sans réponse, mais ce n’est pas tant cette recherche de la vérité qui importe, sinon cette implacable acmé vers l’inévitable issue, cette exploration cuistre des territoires géographique, culturel et émotionnel, la grâce infernale d’une dérive psychotique. C’est un roman délicat et intense, qui ronge et qui vrille, qui s’arrête, atermoie dans des instants somptueux, s’enfonce dans des instants d’errance où la vie opère et la mort progresse. C’est une ode à la vie qui ne réhabilite sans doute pas les espérances de l’auteur ou la dignité de son sujet, mais qui interroge, qui explore – qui accole de la poésie là où il n’y avait que du chagrin. Un chef d’œuvre.

Découvrez ci-dessous les premières pages du roman
L’Autre qu’on adorait, de Catherine Cusset,
et ici ses plus beaux moments

Beaux Rivages Nina Bouraoui
Beaux Rivages Nina Bouraoui, JC Lattès, 24 août 2016, 19€

Beaux Rivages, Nina Bouraoui

« C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation. » Un roman puissant, désarmant, qui figure la douleur à travers tous ses états. (JC Lattès

Extrait« J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde. Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, […] les larmes rassemblent davantage que les baisers. »

La rupture est intrinsèquement individuelle, elle ne se conjugue, par essence, qu’au singulier – celle de Nina Bouraoui est universelle. L’auteur, de sa plume tantôt gracile, tantôt crue, dessine les étapes d’une rupture amoureuse – ou plutôt d’une femme quittée qui vit sa rupture amoureuse. Le chagrin tortueux s’insinue dans toutes les miettes de sa vie, dans l’histoire qu’elle refait à l’envers, dans la rage et l’apitoiement, dans ces instants pathétiques où elle donnerait tout pour le retrouver, où elle échangerait son pardon contre un regard amoureux, dans ces errances où elle épie la vie online de l’Autre, la nouvelle femme, celle qui prend sa place, où elle entre dans un ménage à trois, entre eux, comme un fantôme, elle surplombe leurs premiers émois de sa présence imperceptible, elle devient accro au blog de l’Autre, une déclaration de guerre de chaque instant – elle devient folle, littéralement, de le savoir avec Elle, de transposer leur amour fané à cette idylle naissante qu’elle exècre, elle devient folle et ne se radoucit qu’à peine quand il l’affronte, quand il l’apaise, quand elle crèverait de sentir sa présence, de garder son corps à côté d’elle, quand il se perd dans un double jeu où personne ne peut gagner – quand enfin, c’est elle qui reprend la main.

Aimer encore malgré dans la détestation, le raconter pour combler l’absence, être certaine de ne pas vouloir l’épouser, de vouloir lui laisser sa liberté, et puis être pétrifiée à l’idée qu’il l’épouse Elle, sentir l’Autre entre eux, mais observer les bribes de leur amour continuer leur course alors qu’il s’éteint, décortiquer le sublime de leur condamnation et l’évidence de cette tragédie – être incapable de se défaire de la souffrance, y trouver le dernier vestige de son amour, refuser de s’en défaire pour ne pas y renoncer. « Je reconnus, adossé à la palissade, la silhouette à peine floutée d’A, précédée de la légende ‪#PerfectLove. J’avais perdu. » Et puis rompre. Cette fois, c’est A. qui le quitte, qui abandonne les espoirs et délaisse les souvenirs, qui coupe tout contact, qui renverse la vapeur, c’est A. qui lui demande de la laisser, de ne plus lui envoyer de message, c’est A. qui prend le pouvoir – et A. survit. Dans un tourbillon polycéphale d’émotions qui débordent d’intensité, Nina Bouraoui décompose la souffrance, explore la séparation, écosse une relation – elle désosse le chagrin amoureux pour A., pour ses lecteurs et pour elle-même, pour tous les quittés du monde, elle crée une communauté des quittés tant l’identification est inévitable, elle rassure dans ce moment si singulier de nos vies où plus rien ne peut nous conforter. C’est un roman de résistance qui traverse la rivière, d’une berge à l’autre, qui se noie, et puis qui trouve l’autre rive. Un chef d’œuvre d’émotions.

Découvrez ci-dessous les premières pages du roman
Beaux Rivages, de Nina Baraoui,
et ici ses plus beaux moments

 

Babylone Yasmina Reza
Babylone, Yasmina Reza, Flammarion, 31 août 2016, 20€

Babylone, Yasmina Reza

Le génie atypique de l’écriture de Reza, qui a fait ses armes sur ses premières et ses plus connues pièces de théâtre, se met au service d’un vaudeville burlesque qui célèbre la ville, qui tire au polar et à la comédie, qui virevolte d’un personnage à l’autre en parvenant à toucher, en profondeur, l’âme et la dignité humaine. A ce roman à retardement, on décernera volontiers le prix du plot twist le plus wtf de cette rentrée littéraire. (Flammarion)

Extrait« Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C’est l’image d’eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l’excitation d’être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d’autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l’infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j’entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l’irrémédiable ».

C’est le roman qui déchaîne toutes les passions, cette rentrée. Si l’on devait choisir un trio gagnant du buzz littéraire, Yasmina Reza, Catherine Cusset et Gaël Faye seraient sur le podium. Reza, on l’attendait, surtout – on l’attend chaque fois. On l’a vue s’illustrer sur l’Art et sur l’amitié, avec ce talent inouï d’écrire la discorde, de faire grimper un dialogue sans autre artifice qu’une intensité progressive, subtile et imperceptible, on l’a connue dans Le Dieu du carnage, ce huis-clos-chef d’œuvre adapté au cinéma par Polanski, on l’a décriée dans L’Aube, le soir ou la nuit, ce roman polémique qui suivait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007, et puis on l’a applaudie avec Heureux les heureux, ce formidable roman qui sublime le premier amour, il y a trois ans. Quand j’ai rencontré Yasmina Reza, j’étais sans voix devant le génie bouillonnant d’une femme calme et posée, j’étais impressionnée par son talent singulier, par la force des nuances de ses mots. Babylone, je l’attendais avec impatience – je n’étais pas la seule. Il m’a fallu exactement 71 pages pour retrouver la pleine dextérité de sa plume.

Babylone, c’est une fête de printemps bourgeoise qui tourne au drame. Yasmina Reza emprunte tous les codes du vaudeville, mais s’en affranchit en le montant à l’envers. Après la fête, Jean-Lino s’aperçoit qu’il ne supporte plus les sempiternels discours écolo-bio de son exubérante femme, et l’étrangle pour la faire taire – définitivement, puis se réfugie chez Elisabeth et Pierre. Ce petit meurtre entre voisins grince admirablement dans ce qu’il dépeint le tour sordide que prend la fête intello-bobo. Comme dans l’ensemble de son œuvre, la mécanique Reza est bien huilée : un malentendu ordinaire déclenche toujours la catastrophe et, par effet papillon, un minuscule engrenage se détraque, puis détruit subrepticement la machine. À partir du concret, d’objets réels, le style sec et la netteté assassine de Reza, son élégance ravageuse nous entraîne dans ses digressions sarcastiques. Elle épingle les concepts creux de notre société, manie le paradoxe avec un irrésistible sens dialectique. Babylone met 71 pages à démarrer, 71 pages d’un contexte qui se dresse par une variation sarcastique sur la solitude, sur le couple, sur l’abandon – 71 pages où l’on peut s’ennuyer, mais qui prennent tout leur sens à la soixante-douzième et dans toutes les suivantes, dans ce plot twist qui déclenche enfin l’action et l’avidité du lecteur à s’accrocher aux rebondissements caractéristiques de Reza. Un roman indubitablement réussi, surprenant, déstabilisant – le made in Reza jubilatoire que l’on attendait, finalement.

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Babylone, de Yasmina Reza

Laurent Mauvignier Continuer
Continuer, Laurent Mauvignier, Editions de Minuit, Septembre 2016, 17€

Continuer, Laurent Mauvignier

L’auteur-roi des reconstitutions intimistes nous offre, avec Continuer, un roman d’aventure qui explore le Kirghizistan et écosse le passé d’une famille désossée à la dérive. (Editions de Minuit)

Extrait« Lui, c’est ça d’abord qu’il ressent. Mais il ne sait pas le nommer. Il ne sait pas regarder sa peur et ne voit que le mot dans lequel il peut la faire tenir tout entière, musulman, parce que ce mot devient pour lui le nom de la terreur. Parce qu’il a peur des attentats, qu’il a peur des images qu’il voit des banlieues, lui qui n’y a jamais foutu les pieds, lui qui vit dans un monde où les musulmans ne sont que des ombres dans les supermarchés et des silhouettes à la télévision, ou dans la rue, qui le frôlent, respirent le même air que lui mais avec qui il n’a jamais parlé, des gens à qui il pourrait demander sa route, un renseignement, avec qui il pourrait partager un moment. Comme s’il avait peur de comprendre qu’il y a des femmes et des hommes derrière ce masque – le nom qui effraie est aussi celui qui rassure : il donne un lieu où jeter tout ce qui nous oppresse et nous terrorise. »

Laurent Mauvignier, c’est l’autre grand nom de cette rentrée littéraire. Derrière une bibliographie incontestée (Loin d’eux, Apprendre à finir, le sublime Dans la foule, Des hommes ou Autour du monde parmi les plus connus), se cache un archéologue aguerri du sentiment, un scrutateur virtuose qui décortique le passé de ses personnages avec lenteur, avec douceur, pour les dépouiller de tous leurs ingrédients, pour n’en garder que l’essence, pour en exhiber les failles. Continuer engage Sybille et Samuel dans un voyage presque initiatique au Kirghizistan, à la recherche d’une vérité profondément enfouie. Il avait vaincu le stade du Heysel et la centrale de Fukushima, la France et l’Algérie, la Tanzanie et la Floride, Israël et la Russie – cette fois, Mauvignier explore les provinces Kirghizes dans un périple équestre à l’aide de Sybille, une mère à la dérive qui a abandonné ses amours – la chirurgie, l’écriture, Gael et ses idéaux de gauches – et Samuel, en hommage à Beckett, qui joue les skinheads et qui a été pris la main dans le sac dans une tournante. Même le père, dont Sibylle vient de divorcer et qu’elle appelle à la rescousse, est impuissant à empêcher le naufrage inévitable de ce garçon qui aimait tant monter et qui s’obstine désormais à tomber.

Pour le sauver, Sybille emmène son fils dans un voyage méditatique. Au fil de rencontres improbables avec des Kirghizes ou des Français, le long des vallées et des flancs de colline, des falaises et des maraichages, le duo flirte avec le danger et pénètre dans le passé en recouvrant, peu à peu le lien distendu qui les unissait. Dans des scènes époustouflantes de beauté et de silence, Mauvignier passe du monologue intérieur à la fresque polyphonique, de la petite à la grande Histoire, et ausculte l’expédition métaphorique qui se cache derrière ce raid à cheval : celle, plus intime, que Sybille effectue dans son passé, douloureux et infranchissable, dans les souvenirs de l’homme qu’elle aimait, dans sa peur des attentats, dans ses désillusions de gauche et ses rêves avortés. La prose de Mauvignier galope dans ce roman qui reprend le thème qu’on a si souvent lu chez lui : comment continuer quand notre destin se brise ? Et, comme dans l’ensemble de son œuvre : s’il n’y apporte pas de réponse, l’auteur en dessine au moins les pistes dans une symphonie harmonieuse de mots et de sentiments inouïs.

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Continuer, de Laurent Mauvignier

Petit Pays, Gaël faye
Petit Pays, Gaël Faye, Grasset, 24 août 2016, 18€

Petit pays, Gael Faye

C’est le roi incontesté de cette rentrée : Gaël Faye a ouvert le bal des prix d’automne en raflant, avec son premier roman, Petit Pays, le prix des lecteurs de la FNAC le 1er septembre dernier. (Grasset)

Extrait. « J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

Il a donné le là à la saison littéraire dès sa publication, il est sélectionné dans les plus prestigieux prix littéraires, il est le coup de cœur de l’ensemble de la critique depuis sa parution – Gaël Faye a quitté la musique le temps d’une rentrée, et ça lui réussit plutôt bien. Dans Petit pays, ce roman qui est sur toutes les lèvres, il nous embarque dans la perte de l’innocence, dans la guerre de 1993, dans le génocide et dans l’insouciance qui se heurte à la laideur du réel. Dans ce voyage temporel qui traverses les cultures et les continents, Gaël Faye dresse un roman noir, âpre, lancinant d’intensité et de désillusions.

« Je vis et travaille en région parisienne. Saint-Quentin en Yvelines. RER C.  C’est chaque fois la même chose, le jour de mon anniversaire, une lourde mélancolie s’abat sur moi comme une pluie tropicale quand je repense à Papa, Maman, les copains, et cette fête d’éternité autour du crocodile éventré au fond du jardin … ». Pour comprendre la mélancolie, Gabriel se replonge dans le « temps d’avant ». Burundi, 1992. Gabriel, que tout le monde appelle Gaby, a dix ans. Il vit à Bujumbura, au Burundi, avec sa famille : son père, un entrepreneur français, sa mère, rwandaise, qui a fui son pays après les massacres de 1963, et sa petite sœur Ana. Gamin insouciant d’un quartier aisé de la capitale burundaise, il voit la guerre s’instiller d’abord au travers de sa famille, par des disputes incessantes au sein du noyau familial qui se distord en divorce, puis dans sa ville, dans son pays qui part en lambeaux pendant la guerre civile.

Petit pays nous plonge dans le quotidien insouciant de Gabriel, dans son petit bonheur au fil de ses pérégrinations qui vrille subitement dans une guerre sanglante qui décimera le pays entre 1993 et 2005. «  La mort n’était plus une chose lointaine et abstraite. Elle avait le visage banal du quotidien. Vivre avec cette lucidité terminait de saccager la part d’enfance en soi ». « Petit pays, c’est l’histoire de la fin de l’innocence, le paradis perdu », explique Gaël Faye : « comment on essaie de se raccrocher à sa naïveté, de ne pas voir le monde qui nous entoure, et de croire ainsi qu’on peut mettre à distance la violence. » Dans ce roman vorace à la prose tantôt chantante, tantôt tranchante, Gaël Faye parvient à donner chair, avec poésie et pudeur, à la patrie perdue de son enfance. 

Découvrez ci-dessous les premières pages du roman
Petit Pays, de Gaël Faye

 

La Liste #Octobre : 5 stars des Prix Littéraires

par Lolita Savaroc Temps de lecture : 14 min
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