Né en Italie en 1952, Andrea De Carlo est un écrivain très connu dans son pays, mais assez peu en France. En juin, HC éditions, nous faisait découvrir son roman La merveille imparfaite. Nick, chanteur du groupe Bebonkers et Milena fabricante de glaces, sont deux personnages très différents, mais, en plein mois de novembre, une coupure de courant va les rapprocher. Une romance psychologique et sucrée qui ne se dévore pas qu’en été !

L’Art d’Andrea De Carlo

L’écrivain mêle art & amour comme un hommage à son pays. La dolce vita se passe en Provence avec une héroïne italienne et un personnage principal anglais. Elle fait des glaces, lui est un rockeur ; deux métiers qui demandent une certaine créativité. Milena conçoit son métier d’une certaine façon : « ce qui l’intéresse, c’est explorer les nuances mystérieuses des saveurs, découvrir les liens entre sensations, images et souvenirs, passer outre la complexité pour arriver à la vraie simplicité » (P27). Elle élève son travail au rang d’art et chaque glace qu’elle crée est unique. Le talent de Nick lui s’efface peu à peu, il en doute même beaucoup. Andrea De Carlo, montre, à travers ce chanteur, les affres de la célébrité. Il décortique tous les sentiments passés et présents. Le leader des Bebonkers a une profonde réflexion sur l’industrie du show biz dont il fait parti : « Quel groupe a succès ne répète-t-il pas indéfiniment la formule qui marche ? » (P155). Le romancier a l’art des descriptions, elles sont souvent longues, mais toujours pertinentes et écrites avec fluidité. En trois jours, Andrea De Carlo construit une romance avec une intensité psychologique surprenante.

L’amour : une merveille imparfaite

Dans son roman, Andrea De Carlo décrit deux personnages ayant chacun de leur côté des problèmes de couple. Nick est sur le point de se marier et Milena de faire un enfant avec sa compagne, mais rien n’est aussi simple. En effet, la jeune femme ne semble pas ravie à l’idée de subir une fécondation in vitro : « Elle se demande pourquoi le désir de maternité de Viviane lui semble presque un abus de pouvoir » (P68). Chacune a sa fonction au sein du binôme et cela contrarie Milena : « les voici revenues aux rôles qu’elles se sont assignés, presque sans s’en apercevoir : la rêveuse et la pragmatique, celle qui poursuit les nuances impalpables des saveurs et celle qui fait bouillir la marmite » (P89). Elle, qui croyait s’être affranchi des contraintes en vivant avec Viviane, réalise que le problème demeure. La routine apporte un certain mimétisme : « Est-il inévitable qu’entre deux femmes qui vivent ensemble se recrée avec le temps un rapport semblable à celui qu’il y avait entre un homme et une femme ? » (P188). Nick, quant à lui, vit avec Aileen, même si on ne le sent pas amoureux. Lorsqu’il voit Milena : « Il sent son cœur battre plus vite ; et c’est ridicule, il pensait être définitivement à l’abri de ce genre d’états » (P270). L’auteur, avec ces deux couples, interroge, au fil des pages, les différences entre la sexualité hétéro et homosexuelle. Une fois ensemble, même Milena se pose des questions : « C’est mieux qu’avec Viviane… Comment cela peut-il se produire avec un homme ? » (P277). Même si la glace est rompue entre eux, Andrea De Carlo ne choisis pas la facilité d’un happy end : « Il y avait la merveille. Imparfaite, oui, à tel point qu’elle a fini, et mal, qui plus est ; mais elle était là » (P340).

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

La merveille imparfaite : une gourmandise signée Andrea De Carlo…

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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