Deux ans après son dernier opus, l’icône new-yorkaise revient avec 47 minutes de mélodies qu’on ne lui connaissait que trop peu. Une exploration des genres musicaux pour parvenir à Joanne, un album des plus intimes. Brute, sensible, Lady Gaga se livre tout en authenticité pour ce cinquième album studio, très attendu après le succès mitigé d’Artpop

C’est à sa tante que la chanteuse rend hommage. Joanne Stefani Germanotta avait 19 ans lorsque, en 1974, elle décéda des suites d’un lupus. Bien que les deux femmes ne se soient jamais connues, Lady Gaga, de son vrai nom Stefani Joanne Angelina Germanotta, affirme à plusieurs reprises ressentir un lien très fort avec Joanne. « Ma connexion avec elle a été très forte tout au long de ma vie. Je me suis toujours demandée qui était cette personne que je n’ai jamais rencontrée, mais qui était une tornade absolue d’amour et de tragédie » confie-t-elle à la télévision américaine le 2 octobre dernier. Une tornade absolue d’amour et de tragédie, voilà à quoi ressemble l’album. 

« Take my hand, stay Joanne
Heaven’s not ready for you
Every part of my aching heart needs you more than angels do »

Joanne

Lady Gaga - Joanne
Avec Joanne, Lady Gaga se présente sous un nouveau jour

Where are our leaders ? 

C’est en entremêlant tous ces sentiments que la pop star s’offre au monde. Ce qui frappe le plus, c’est le tournant radical que prend la chanteuse. Oubliez les sons électro pop, Lady Gaga désarçonne son public du dimanche et parvient sans grande difficulté à surprendre à chaque note. Le folk du morceau éponyme, le rock’n’roll de Diamonds Hearts, les airs country de Just Another Day, la touche italienne de Come to Mama… Gaga nous plonge dans l’Amérique des années rock, véritable voyage dans le temps.

Pourtant bien ancré dans son époque, cet album on ne peut plus personnel n’en a pas moins une portée politique. Angel down, sublime ballade, sûrement l’un des titres phares de l’album, dénonce les États-Unis des armes à feu. Des coups sont tirés près d’une Église, un ange tombe à terre. « Où sont nos leaders ? » clame la chanteuse. Récemment interviewée par la BBC, celle qui supporte publiquement Hillary Clinton affirmait n’avoir « rien à déclarer » au sujet du candidat républicain. Fidèle à des idéaux prônant l’amour, la fraternité et la tolérance, elle se déclare croyante et nous appelle à s’essayer au respect de l’autre et à la gratitude. 

« I confess I am lost, in the age of the social. On our knees take a test, to be loving and grateful »

Angel Down 

It was a perfect illusion 

Morceau le plus gagatuesque de l’album, Perfect illusion s’adresse à la génération Y. La vie, une illusion parfaite ? « C’est particulièrement vrai avec les réseaux sociaux. On se demande tous pourquoi il y a autant de choses mensongères autour de nous, mais on continue de se laisser avoir parce que c’est addictif ».  Premier single dévoilé, ce n’était en effet qu’une illusion. Plutôt décevant, il ne séduit pas autant qu’un John Wayne, bien plus convaincant.

Le plus de cet album réside, sans aucun doute permis, dans les collaborations qu’a choisies Lady Gaga avec de nombreux compositeurs et musiciens qui ne nous pas inconnus. Fidèle à son producteur de toujours, RedOne a évidemment mis la main à la patte de cet album. Son acolyte, et ami Mark Ronson (connu pour ses productions avec Amy Winehouse et Bruno Mars) en est également l’un des acteurs principaux, au titre de producteur exécutif. Le trompettiste Brian Newman est arrivé tout droit des bars jazzy de Brooklyn pour enregistrer un solo entraînant sur Just another day. Quant à Hillary Lindsey, l’auteur compositrice texane est venue ajouter sa touche country au déchirant Million reasons. Surprise du côté du duo électrique Hey Girl, avec la participation remarquable de Florence Welch, leader du groupe anglais Florence and the machine. 

« Je suis heureuse de revenir à la musique, de simplement m’entrainer au piano, à la guitare et au chant et d’être entourée de musiciens incroyables » déclare Gaga. Joanne a tout d’un grand album, à a fois brillant et déconcertant. Une renaissance, pour celle qui devient, le temps de 14 morceaux, une jeune artiste new yorkaise des années 70. 

Joanne, s’il ne fallait choisir que trois morceaux : 

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Lady Gaga chante Joanne

par Louise Guibert Temps de lecture : 3 min
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