Pensé par l’alliance EM Lyon et Centrale Lyon et conçu comme un véritable laboratoire de la créativité, le programme I.D.E.A. invite leurs étudiants à entreprendre et innover autrement. Geneviève Chevassus, responsable de la promotion du programme, nous dit tout.

 

programme_idea_logo_

 

D’où est venue l’idée de créer le programme I.D.E.A. ?

Le Programme I.D.E.A. a vu le jour il y a 3 ans et est le fruit de l’Alliance Science & Business portée par CENTRALE LYON et EMLYON. L’objectif était de former des entrepreneurs précoces, capables de manager des projets d’innovation en s’appuyant sur un socle de compétences diversifiées. Nous sommes partis du constat que nous avions en France une approche par silo et nous nous sommes inspirés du modèle de précurseurs tels que Stanford ou d’Alto. L’originalité et l’intérêt du programme ont été reconnus par l’attribution du label IDEFI (initiatives d’excellence en formations innovantes, ndlr).

Quelle est l’ambition du programme I.D.E.A. ?

Former des innovateurs capables de répondre aux nouveaux défis que rencontrent les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur : mondialisation, concurrence accrue, émergence de nouveaux acteurs, changements culturels et sociaux, rôle accru de la technologie comme accélérateur du changement, difficulté croissante à comprendre et à donner un sens à son environnement, etc. Face à cela, de nouvelles approches sont nécessaires, qui reposent sur un décloisonnement des enseignements et mettent en particulier l’accent sur la créativité, l’apprentissage par l’action, le collectif et l’interdisciplinarité.

Qu’entendez-vous par le décloisonnement ?

Face à cette complexification croissante, la tentation est d’ajouter des matières et des enseignements. Mais l’enjeu n’est pas de savoir plus. Il est bien plus d’être capable d’intégrer mieux les multiples dimensions qui caractérisent désormais les situations auxquelles sont confrontées les décideurs. Il s’agit donc de former de manière complète et intégrée aux enjeux de la science et de la technologie, à l’entrepreneuriat, aux sciences humaines et sociales et au Design Thinking, méthodologie d’innovation par le Design.

Qu’est-ce que le Design Thinking ?

Le Design Thinking est une nouvelle approche pluridisciplinaire de l’innovation pour permettre le développement de produits, services, ou systèmes innovants centrés sur les hommes et les usages. Il s’agit d’un style de pensée rendu populaire par Tim Brown, le « Design Thinking » est la capacité à combiner l’empathie pour le contexte d’un problème, la créativité dans la génération d’idées et la rationalité dans l’analyse et le choix des solutions adaptées au problème. L’originalité du Programme I.D.E.A. est d’avoir développé une méthode pour opérationnaliser ces principes et les traduire en mode de gestion de projet innovant.

Comment définissez-vous l’innovation de nos jours ?

Il est difficile de donner une définition officielle de l’innovation. On dira que c’est la capacité à apporter un changement bénéfique qui est adopté en pratique. On voit que c’est très large et pas nécessairement technologique, mais cette définition met l’accent sur la dimension sociale de l’innovation. Il s’agit de créer de nouvelles choses pour une population, et souvent avec elle. Il faut donc pour cela des méthodes, des principes, mais surtout un langage pour en quelque sorte amener toutes les parties prenantes à l’innovation autour de la table et travailler ensemble. Le Design Thinking fournit ce langage. Mais il faut également des lieux comme les FabLabs ou les espaces de co-working

Qu’est-ce que vous enseignez à vos étudiants ?

Avant tout un langage comme je l’ai souligné plus tôt. Ce langage leur permet ensuite d’intégrer les multiples dimensions d’un problème : la technologie, les acteurs, le sens, le temps et la fabrication, la dimension économique et la création de valeur, etc. Nous ne formons pas des spécialistes, pas des designers (c’est le rôle des écoles de design) mais des manageurs généralistes disposant de ce langage et à même de le mettre en œuvre avec une intelligence du contexte.

Le programme est donc construit autour de 4 blocs disciplinaires : sciences, technologies et enjeux sociétaux, Entrepreneuriat et innovation, Sciences humaine et sociale, et Design Thinking. Ces blocs sont naturellement très intégrés, notamment par la pratique du projet.

À quels besoins peuvent répondre les enseignements de votre formation ?

Le besoin exprimé par les entreprises (de toute taille et de tout secteur d’activité) d’innover en réunissant autour d’un projet des compétences diversifiées, et ce, très en amont pour sortir d’un fonctionnement et d’une réflexion menés en silo. Le besoin exprimé par les entreprises (de toute taille et de tout secteur d’activité) d’innover en réunissant autour d’un projet des compétences diversifiées, et ce, très en amont pour sortir d’un fonctionnement et d’une réflexion menés en silo.

Quelle est la typologie des projets que vous avez à l’I.D.E.A. ?

Le projet est fondamental dans I.D.E.A. La première année est ponctuée par 4 projets pédagogiques : mise en mode projet avec la conception et la fabrication d’une paire de lunettes, création d’une œuvre artistique dans le cadre de la Fête des Lumières de Lyon, conception d’un produit ou service innovant exposé dans le cadre de Lyon City Design, et enfin projet d’innovation sociale à l’étranger (hors d’Europe de l’Ouest) au sein d’une ONG ou entreprise à vocation sociale. La seconde année est centrée sur un projet long de novembre à juillet qui est soit une mission innovation au sein d’une entreprise, soit un projet de création d’entreprise.

À quoi reconnaissez-vous un bon innovateur ?

On croit souvent qu’un bon innovateur est quelqu’un de créatif, de visionnaire, mais c’est faux, même si cela peut être utile. En fait pour nous, un bon innovateur est quelqu’un qui a l’intelligence de la situation et la capacité de susciter l’intéressement des parties prenantes nécessaires à la réussite de son projet. C’est essentiellement une qualité sociale.

Quel encadrement préconisez-vous envers vos étudiants ?

L’encadrement est très important et très lourd pour deux raisons. D’une part, l’enseignement est basé sur la tangibilisation, c’est-à-dire la traduction du travail en résultats réels (prototypes, expositions, échanges avec le public, etc.) les étudiants passent énormément de temps dans le FabLab et sur le terrain dans les entreprises, dans des situations de mise en action réelle. Nous ne les lâchons pas seuls dans la nature, ils sont suivis de près par l’équipe encadrante. 

D’autre part, cet enseignement est interdisciplinaire ce qui nécessite là encore une très forte présente de l’équipe encadrante, car ce n’est pas naturel et beaucoup ont été habitués à étudier des matières peu reliées entre elles. Un étudiant qui vient dans le Programme I.D.E.A. ne peut pas s’asseoir au fond de la salle et attendre que ça se passe discrètement.

Quels sont les débouchés d’un étudiant qui ressort diplômé de votre programme ?

Toutes les fonctions de management liées à l’innovation : management de projets innovants au sein d’une entreprise existante, responsable innovation, conseil en innovation au sein de cabinets, mais aussi créateur d’entreprise (environ un tiers de chaque promotion).

Que diriez-vous aux étudiants qui ont envie de rejoindre votre formation ?

Le monde change, le monde est en mutation, et nous pensons que c’est une bonne chose ; en venant dans le Programme I.D.E.A., vous pourrez acquérir les connaissances et la pratique pour devenir un acteur, et non un spectateur, de ce changement, et surtout y prendre plaisir.

Propos recueillis par Onur Karapinar

Comments

comments

Tu pourrais aimer...
Conseil n°2 : S’inscrire au BDE

Le Programme I.D.E.A. : « Devenir un acteur du changem…

par La Rédaction Temps de lecture : 6 min
0