Il y a quelques mois, le nouveau gouvernement lançait le programme « Ambition Enseigner » (voir nos articles de décembre 2012 sur www.letudiantautonome.fr). Plus récemment, le programme des EAP (Emplois d’Avenir Professeur) est venu s’ajouter pour attirer plus de monde encore. Ces deux dispositifs ont fait, et continuent de faire beaucoup parler d’eux.

 

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                EAP est destiné aux étudiants boursiers de moins de 25 ans, inscrits en L2 (!), L3 ou M1. Pour candidater il suffit de remplir quelques documents parmi lesquels une lettre de motivation répondant à ces deux questions : « Indiquez les raisons qui vous incitent à devenir enseignant » ; « Veuillez préciser les motivations qui vous ont conduit à formuler une demande d’Emploi d’Avenir Professeur ». Il est également demandé à un professeur déjà en exercice de remplir une lettre de recommandation.

                Et ? Et c’est là le problème, pour ses détracteurs : et c’est tout. La procédure d’admission à EAP s’arrête là. Les étudiants souhaitant bénéficier de ce dispositif doivent s’engager à se présenter aux concours et ont même une contrepartie : la possibilité d’entrer progressivement dans le métier grâce à un parcours visant le développement de leurs compétences professionnelles, ainsi qu’une aide financière leur permettant de continuer leurs études. Le gouvernement a cruellement besoin d’infléchir la courbe du chômage ? Allez, facilitons encore les choses : les étudiants ayant résidé ou ayant accompli deux années d’études dans une zone urbaine sensible ou une zone de revitalisation rurale ou encore un département d’outre-mer sont prioritaires.

                Entrer dans la carrière du plus beau métier du monde ne doit pas être un parcours du combattant. Mais elle doit être conditionnée à un certain nombre de compétences : il ne s’agit en effet pas que de la carrière d’une personne mais d’une part importante de la vie de générations successives. Repensez à vos professeurs d’il y a quelques années : certains vous ont peut-être dégouté d’une matière, d’autres vous ont sans doute transmis leur passion. Que voulons-nous ? Un résultat rapide sur les chiffres du chômage ou essayer au maximum d’avoir de « bons » professeurs ?

                Le nombre de candidats est inférieur au nombre de postes à pourvoir, et c’est malheureux. Mais la bonne réponse n’est sans doute pas de courir après les étudiants pour les diriger vers un métier qui ne les attire peut-être pas.

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Hubert Camus

 

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Le programme des EAP (Emplois d’Avenir Professeur)

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