Le temps qui reste est une pièce de théâtre qui, comme son nom l’indique, parle du temps qui passe et de la nécessité de profiter de la vie. Quatre amis se retrouvent face à des questions existentielles après la mort de l’un des leurs. La pièce de Philippe Lellouche paraît triste, mais c’est pourtant une comédie qui permet de passer une belle soirée.

Le temps, ami ou ennemi ?

Adrien, Paul, Franck et Emma, quatre amis de longue date, se retrouvent un après-midi. Le temps n’est pas du tout à la fête : ils reviennent tout juste des funérailles de leur ami et mari d’Emma, Max. La France ce n’est pas les Îles Fidji, où l’on fait la fête après avoir enterré les morts. Tous sont tristes, ou presque. Emma leur annonce une autre triste nouvelle. Les personnages sont au bord de l’explosion avec leurs émotions et petit à petit, chacun va se dévoiler aux autres comme jamais ils ne l’ont fait auparavant. Ce qui leur ferait presque oublier leur tristesse, jusqu’à ce qu’ils mettent de la musique. La disparition de leur ami a permis aux personnages de se soulager de leurs douleurs. La comédie de Philippe Lellouche n’est donc pas si gaie. Quoique…

Quatre amis pour la vie

Mise en scène par Nicolas Briançon, les personnages de la pièce sont pour certains caricaturaux, mais ils nous émeuvent et on s’attache à eux par leurs paroles. Adrien (David Brécourt, si vous êtes de la génération Y vous connaissez forcément cet acteur de la série Sous le soleil) change d’identité. Franck (Christian Vadim) est celui qui est simplet, mais que l’on aime bien. Paul (Philippe Lellouche) est l’homme perdu qui pleure encore sa femme partie. Quant au personnage d’Emma, interprété par Noémie Elbaz, il est le moins convaincant. On passe d’une femme qui arrive sur scène en se tordant – beaucoup trop – à celle qui ne regrette pas son mari et la distance entre les deux passe mal. Ce n’est pas tant que ce ne soit pas moral – pour une fois que la femme n’est pas la veuve éplorée, ce que n’oublie d’ailleurs pas de rappeler le personnage – mais c’est plutôt difficile de comprendre pourquoi, à défaut d’avoir perdu un être aimé, elle ne pleure pas l’ami que celui-ci a été pour elle. De plus, on s’attendrait à ce qu’elle ait 50 ans comme les autres personnages, or la comédienne a dix ans de moins, ce qui creuse encore davantage le fossé. Dommage pour celle qui fût un temps à l’affiche de l’Hôtel des deux mondes, au Théâtre Rive Gauche.

Le temps qu'il reste à vivre
Les personnages du Temps qui reste sont attachants. @Théâtre de la Madeleine

« Combien de mois d’août nous reste-t-il à vivre ? »

La comédie questionne sur la vie qui passe. Le personnage de Paul évoque la question que bien des quinquagénaires – mais pas que – se posent : « Combien de mois d’août nous reste-t-il à vivre ? » Une question dont les personnages n’avaient pas encore tous pris conscience et qui leur fait peur. Mais Le temps qui reste est avant tout une pièce très drôle. D’ailleurs, le temps passe si vite que c’est déjà fini. On en aurait bien demandé un peu plus à ces amis. Bien que quinquagénaires, ils sont très énergiques. Le temps qui reste est une histoire triste. Mais plutôt que de sombrer dans la mélancolie, les personnages emmènent le spectateur aux îles Fidji, pour un (joyeux) voyage de funérailles.

Théâtre de la Madeleine (Paris 8e)
Jusqu’au 31 décembre 2017
Places de 16 à 57 €

Le temps qu’il reste à vivre

par Armandine Castillon Temps de lecture : 3 min
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