Lorsqu’on aime le foot et qu’on aime la Champions League, tout ce dont on a envie, c’est voir un match plus qu’intense en quarts de finale. Juste pour se dire que ça en a valu le coup. Juste pour se dire que le foot, un spectacle qui rassemble, déchire les supporters. Le Madrid – Bayern de ce mardi n’a pas échappé à la règle. Le mot d’ordre était : intensité. Une sorte de tennis footballistique. Match où Marcelo a été le meilleur et où Robben était un danger permanent. Match où le Real Madrid s’est qualifié pour les demi-finales en souffrant (et nous aussi) en éliminant le Bayern 4-2 dans un match de haute qualité.

Un onze de gala pour un partidazo

Rien qu’avec la compo, le ton était donné. Carlo Ancelotti avait sorti le grand jeu afin de faire son retour au Santiago Bernabéu, un stade où il a vécu de grandes joies… comme de grandes déceptions. Neuer, Lahm, Boateng, Hummels, Alaba, Xabi Alonso, Thiago, Vidal, Robben, Lewandowski et Ribéry. Une composition moins surprenante, mais tout aussi impressionnante pour Zidane : Navas, Nacho, Carvajal, Ramos, Marcelo, Casemiro, Kroos, Modric, Isco, Benzema, Cristiano.

Avec ce genre de XI, on s’attend forcément à un match qui en jette. Avouez que si ça n’avait pas été le cas, on aurait tous été déçus. On ne l’a pas été. Pas du tout. Certains supporters m’ont même soufflée à l’oreille qu’ils auraient voulu que ce soit beaucoup plus facile, mais si ça avait facile, ça n’aurait pas fait ma beauté du match. Et ce partidazo, on l’a eu… Un partidazo encore plus parce qu’en l’absence de Bale, on a pu profiter du talent d’Isco qui a été sorti beaucoup trop tôt. Ovationné par tout un stade. Contrairement au match que l’on a tous vécu la semaine dernière qui était bien loin de nous avoir offert ce niveau de jeu et surtout cette intensité.

Des actions mais sans buts…

Madrid
Xabi Alonso et Cristiano Ronaldo (AFP)

Enfin, ça c’était au début. Au début du match, c’était simple. Le Bayern mettait la pression, le Real Madrid sauvait, protégeait et contre-attaquait. Le Bayern, lui, donnait tout, mais le Real Madrid avait l’avantage ayant gagné 2-1 au match aller. Le plan de Carlo Ancelotti était simple : dominer le Real Madrid sur tous les plans, ne surtout pas laisser le Real Madrid se déployer. Mais c’était sans compter sur le Real Madrid qui, au fil des minutes, a trouvé un vrai rythme de jeu. Le Real Madrid a eu beaucoup d’actions, mais en a aussi rarement mises. Une superbe action de Benzema (qui a réalisé un bon match) associé à Cristiano et Carvajal donnaient naissance à un corner, mais Neuer nous a offert un arrêt magistral. Comme à son habitude. En Espagne, on appelle ça un paradón. Pourtant deux minutes plus tard, Neuer fait the faute, faute sauvée par Boateng sur la ligne. Une première et deuxième mi-temps où les occasions ont foisonné. Un match où les défenseurs ont été meilleurs que les attaquants.

Madrid – Bayern : pas fait pour les cardiaques 

Tout a changé à 53e minute. Casemiro a offert le match nul au Bayern. Un penalty provoqué par Casemiro sur Robben. Un but marqué par Lewandowski offrait au  Bayern le match nul. Le Real Madrid entrait dans des minutes de terreur et de folie pour le Bayern. Thiago en est l’exemple parfait. L’espagnol construisait, passait, gagnait ses duels. On aurait pu penser que le Bayern aurait pris l’avantage sur le Real Madrid fort de ce but mais ce ne fut pas le cas. On a eu le droit à une égalité parfaite. Le match nul était aussi symbolisé dans le rythme de jeu. Aucune des deux équipes n’avait l’ascendant sur l’autre. 0-1. Croyez-moi, on a souffert. Tout ce que l’on attend d’un match de ce niveau, ils nous l’ont donné : des buts, du drame, de la joie.

Madrid
Impossible pour Navas d’arrêter ce ballon (AFP)

Après avoir cherché le chemin des filets depuis le début du match, le Real Madrid en a marqué deux en une minute. Cristiano qui n’a pas été bon pendant une bonne partie du match a marqué pour sauver son équipe. Après une passe sublime de l’homme du match côté Real Madrid, Marcelo. Une minute plus tard, le deuxième arrivait, puis un but contre son camp du capitaine Sergio Ramos. Il commet l’erreur qu’un joueur de son niveau ne doit plus faire. 1-2 (3-3 comptant le match aller). Le match fut relancé.

Un arbitrage douteux 

Le match a été, évidemment marqué par l’arbitrage. Sur le penalty du Bayern, il n’y a rien à dire. Par contre, lorsqu’on passe à l’expulsion de Vidal, sorti pour avoir pris deux cartons jaunes, tout se complique. Expulsé pour une faute qui, objectivement n’en était pas une. Il aurait pu être sorti avant, mais pas sur cette faute idiote. Ce fut la même chose pour le but de Cristiano Ronaldo… en hors-jeu. Tellement visible qu’on aurait pu le voir depuis Mars ! Il restait 7 minutes et la configuration du match était la suivante : le Bayern était proche d’inscrire un but et le Real était… proche d’inscrire un but. Un carton rouge pour Vidal. Comme à l’aller, le Bayern se retrouvait à 10 contre 11. Une faute bête et plus que douteuse.

Así así gana el Madrid

Sans Vidal et sans Alonso, Ancelotti et son Bayern arrivaient en prolongation avec un joueur en moins et 1-2 au score. La prolongation commençait et Ramos se transformait en mur infranchissable comme pour laver l’affront qu’il avait subi et qu’il avait fait subir au Real quelques minutes plus tôt. Arrêt génial de Neuer sur une frappe tout aussi géniale du Real Madrid. À ce moment du match, aucune des deux équipes n’étaient supérieure à l’autre. On attendait juste LE changement qui allait changer le match. Aucune des deux équipes ne voulaient arriver aux tirs au but… Lorsqu’une équipe en arrive aux prolongations, c’est la dernière chose dont elle a envie. Surtout que le Bayern aurait été clairement avantagé, grâce à son superbe gardien.

Le Real Madrid poussé par ses supporters poussait. Et ce que le stade Santiago Bernabéu attendait, arriva. Cristiano, sortit de nulle part, a marqué à la 105ème et à la 109 ème minute. Deux buts pour offrir au Real Madrid sa septième demi-finale consécutive. Cristiano a vraiment réalisé un match moyen. Pourtant, il a offert au Real Madrid un triplé et une qualification. Triplé qui permet au Real Madrid de s’imposer. Quelques minutes plus tard, c’est le jeune Asensio qui marque pour le 4-2, laissant le Bayern KO. Cristiano Ronaldo est le premier joueur de l’histoire de la Coupe d’Europe à marquer 100 buts, le premier ayant marqué un triplé face au Bayern.

Pour la septième année consécutive, le Real Madrid se retrouve en demies de la Champions League. Une compétition qui leur a toujours souri. Le Real Madrid s’approche de plus en plus de son objectif : celui de gagner sa douzième Champions League.

Madrid/Bayern : Un partidazo pour passer en demies

par Sonia Malek Temps de lecture : 4 min
0