Maman a tort est un drame social français sorti le 9 novembre 2016. Au casting: Emilie Dequenne et une jeune actrice du nom de Jeanne Jestin qui ici crève l’écran en interprétant le rôle principal d’Anouk, une jeune stagiaire de troisième.

Maman a tort Emilie Dequenne
La complicité entre Dequenne et Jestin se ressent dans ces scènes, on a vraiment une mère et sa fille.

Maman a tort, et c’est sa fille…

…en stage de 3ème, Anouk, qui va lui prouver. Ce film est l’histoire à première vue banale d’une adolescente qui se fait lourder de son stage d’observation, la veille du début de son stage. Dur. Du coup, sa mère, Cyrielle, l’emmène faire son stage à son lieu de travail : la maison-mère d’une société d’assurance. Pas la joie. Mais la curiosité d’Anouk va mettre sa mère dans une position inconfortable et révéler la joyeuseté du fonctionnement d’une société d’assurance, entre l’idéalisation et la naïveté d’Anouk et les véritables intentions des dirigeants.

De la désillusion enfantine…

J’ai parlé de la naïveté d’Anouk, mais ce serait plus juste de parler du fonctionnement détourné par les adultes. Une assurance, c’est là pour aider les gens quand ils ont des pépins dans la vie, en contrepartie d’un payement annuel ou mensuel pour obtenir cette aide quand celle-ci devient nécessaire à cause des imprévus de la vie. Anouk, telle une détective, va au final mener l’enquête et découvrir que l’entreprise fraude des dossiers pour éviter de rembourser ceux qui lui verse de l’argent.

Emilie Dequenne Maman a tort
« Elle commence a fouiner un peu trop loin ta gamine tu sais ? »

…à la cruauté du monde des grands

Je vous ai dévoilé une partie de l’intrigue, mais ne vous inquiétez pas, le film regorge d’autres détails qui en font un long-métrage précieux. Sans insister, il dresse un portrait sincère et réaliste du fonctionnement de l’entreprise, avec ses employés qui se conforment à ce qu’on leur dit et qui, s’en vraiment s’en rendre compte, font le jeu de ce qui les broie de l’intérieur. Par des échanges furtifs, on découvre le sexisme en entreprise, le rapport avec les supérieurs hiérarchiques ambigus, la pression des dirigeants, les décisions managériales pour le profit, le mal-être qui peut pousser jusqu’au pire etc…

La société française, exemple d’une entreprise en assurance

Au final, c’est autant une histoire d’une adolescente pleine d’idéaux qui se fracassent à 300 km/h sur le mur du cynisme du monde du travail, que celle de la perversité des adultes et du contexte économique actuelle. Tout fait sens et le film prend bien soin, au travers de son casting choisi très précisément (même dans des rôles qui relèvent de la figuration), de dresser un portrait de la société française à l’instant T de la sortie du film. Je peux vous le dire d’office : le portrait est parfait, dans tout ce qu’il a de cruel et de réalisme. Mention également à Emilie Dequenne, bluffante, et Jeanne Jestin, qui m’ont fait lâcher des larmes toutes les deux.

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Maman a tort : surprise de cet automne

par Christophe Lalevee Temps de lecture : 2 min
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