La pièce de théâtre de Marivaux intitulée « Le Jeu de l’amour et du hasard » se joue au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, du 31 janvier au 31 mars 2018. Mise en scène par Catherine Hiegel, avec Clotilde Hesme et Vincent Dedienne, cette version enthousiasme le spectateur par la modernité bien dosée de son interprétation, sans jamais tomber dans la lourdeur ou le décalage. Une pièce pour tous âges et tous budgets ! 

Une pièce au décor luxuriant et moderne

La première chose qui frappe le spectateur qui s’installe dans sa loge est le décor, construit en trois plans. Envahie par le lierre et la végétation verdoyante, il est composé d’un jardin au devant, ou sont installés deux bancs de pierre, et plusieurs pots d’arbustes. Derrière, on peut voir une dizaine de marches en angle, menant vers un balcon, qui fait toute la largeur de la scène. Au troisième plan, on peut voir un bout du château de Silvia et de son père, Orgon. Dans ce château, une énorme fenêtre placée à côté de la sortie centrale sert d’observatoire à une violoniste, assise, qui veillera sur la pièce et rythmera son bon déroulement grâce à des interludes musicaux. Le côté cour et le coté jardin ne sont pas disposés de part et d’autre de la scène, mais divisés en 3 sorties, dont l’une est a l’arrière de la scène, en plein milieu. Cette organisation fait sentir dès le début au lecteur qu’il s’agit là d’un choix délibéré de la metteuse en scène, qui permet notamment de donner un rythme plus soutenu aux scènes, aux actes, et aux entrées et sorties des personnages.

Un quatuor qui fonctionne

Le quatuor principal d’acteurs, composé de Vincent Dedienne, de Clotilde Hesme, est savamment construit. L’alchimie entre les personnages et leurs interprétations ne pose pas question, et semble naturelle du début à la fin de la pièce. Les deux autres acteurs, Laure Calamy et Nicolas Maury, ne rendent le quatuor que plus plaisant. Et c’est bien l’art de la comédie, la répartie unique que Marivaux incorporait à ses textes que Catherine Hiegel a cherché à mettre en avant, en les vivifiant par le choix des acteurs. Elle n’aurait pu choisir mieux que Vincent Dedienne pour jouer ce bougre d’Arlequin, à la fois drôle et exaspérant d’audace. Clotilde Hesme interprète à la perfection cette jeune femme que l’on cherche à marier et qui se révolte contre l’institution du mariage et les faces cachées des hommes. Laure Calamy est d’un comique qui ne faillit pas tout au long de la pièce, et le spectateur se réjouit de la voir imiter sa maîtresse. 

Pauline Linard-Cazanave

« Le Jeu de l’amour et du hasard » : Marivaux dans les …

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