Avec un titre tout aussi mystérieux que la citation de Shakespeare présente en 4e de couverture, le nouveau roman de Cedric Lalaury promettait d’être intriguant. Il est toujours minuit quelque part, publié chez Préludes nous est même vendu comme « un thriller psychologique impossible à lâcher ». Quand est-il réellement ? Éléments de réponses.

Il est toujours minuit quelque part : le résumé

Bill Herrington est un homme heureux. La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : Richard Philip Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill. À un détail près : ce roman raconte une histoire vraie. Celle d’un crime dont Bill était persuadé que personne n’avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours. Ce livre envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable, ainsi que son équilibre psychologique, vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce roman vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

Le livre de Cedric Lalaury : oui ou non ?

Le défaut majeur du livre réside dans son personnage principal. S’il n’est pas rare de ne pas l’apprécier, le lectorat se plaît alors à le détester. Là, il n’en n’est rien, on trouve juste Bill fade et l’évolution du roman n’y changera rien. Il est toujours minuit quelque part dépeint le quotidien ennuyeux d’un professeur de littérature et malgré tous les bouleversements qu’il va subir, l’intérêt pour cet affreux bonhomme ne nous pique pas plus que ça. La lâcheté dont il fait preuve et son inaction face aux forfaits de la vie sont la preuve de sa futilité. Notre empathie va plutôt à cet intriguant Richard Philip Kirkpatrick qui n’apparaît réellement que trop tard. Le personnage d’Alan est lui aussi plutôt rafraîchissant. Cette jeune étudiante sert d’intermédiaire bienvenue dans cette histoire. Dans ce thriller, le suspens n’est pas au rendez-vous, Cedric Lalaury manquant d’insuffler l’angoisse qu’il conviendrait. Le style est fluide et plutôt simple, il n’y a pas de raison de ne pas tourner les pages. Pourtant, la fin déçoit tellement ! Ici pas de #findeDINGUE et on s’exclame : tout ça pour ça ! Si l’auteur décrit plutôt bien le poids de la culpabilité qui peut ronger un homme qui fait fasse aux conséquences de ses actes, on reste sur un livre bâclé. Pas de vengeance à proprement parler, de sueurs froides, Kirkpatrick n’est pas un vrai danger. Tout le côté oppressant d’un thriller est plutôt réchauffé. Reste quelques réflexions littéraires sur le travail d’auteur qui retiennent l’attention. On en attendait tellement plus pour un livre qui avait tant de potentiel !

Tous les mardis et vendredis, nos rédactrices de la rubrique littérature vous parlent d’un livre qu’elles ont aimé. Ne tardez plus, allez découvrir nos autres chroniques !

Il est toujours minuit quelque part : le thriller de Cedric Lalau…

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 2 min
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