Quand je suis entrée dans la salle de cinéma, ma première réflexion fut : « il y a beaucoup de gosses, dit donc, pour une projection presse ». J’ai ensuite réfléchi au fait qu’il y a 13 ans, à la sortie du Monde de Nemo, j’étais pareille, et j’ai pris un coup de vieux. Tout le monde se demande si Le Monde de Dory est une suite digne du Monde de Nemo. Je vous réponds de suite : oui, oui il faut aller le voir. Je ne suis pas la seule convaincue. Le Monde de Dory a réalisé le meilleur démarrage de l’histoire pour un film d’animation avec plus de 136 millions de dollars de recettes pour son premier week-end d’exploitation aux US.

Dory & ses nouveaux amis

Même si environ 13 ans séparent les deux films, Le Monde de Dory se situe un an après les événements du Monde de Nemo. Dans Nemo, Dory aidait son ami Marin à sauver son fils. Ici, Nemo et Marin vont aider Dory à retrouver ses parents. On se souvient des requins dont Bruce qui devait se convaincre que : « Les poissons sont nos amis, on y touche pas » ainsi que la bande de tortues qui les avaient aidés dans l’opus précédent. Dans cette franchise, il y a beaucoup plus de personnages. À croire qu’un institut de biologie marine est plus vaste que l’océan ! Laissez-moi donc vous les présenter ! Pour commencer, il y a Hank, un poulpe à 7 branches et 3 cœurs. Plutôt intéressé par le bracelet de Dory indiquant qu’elle va aller à Cleveland, il va finir par être plus qu’un ami pour elle qui se retrouve sans Nemo et Marin. On le rencontre alors qu’il essaye de s’évader, mais notre scène préférée, c’est quand il conduit un camion guidé par Dory. Un poulpe au volant, y a pas plus hilarant ! Vous vous souvenez tous que Dory parlait le langage des baleines ? Dans Le monde de Dory, on apprend qu’elle avait une amie baleine quand elle était petite et que toutes les deux communiquaient à travers des tuyaux. Vous savourerez donc encore des discussions étranges, mais cocasses ! Puis, il y a Destinée, un requin-baleine qui ne nage pas très bien. Mathilde Seigner lui prête sa voix. Elle traîne avec un Beluga nommé Bailey qui n’arrive plus à se servir de son sonar. Enfin, l’institut de marine biologique est aussi un lieu où l’on peut croiser Fluke et Rudder, deux lions de mer accros à leur rocher.

Nemo Dory
Désirée et Bailey avec Dory. ©2016 Disney Pixar

Une version plus adulte de Nemo

Le Monde de Dory aborde des thèmes très profonds au-delà des apparences comiques du film. Dory, qui était surtout vue, dans Le Monde de Nemo, comme la copine rigolote mais tête en l’air à la mémoire de poisson rouge, est en réalité un personnage beaucoup plus complexe. Pour le réalisateur et scénariste Andrew Stanton, le moment était venu de raconter son histoire. Le cinéaste explique : « J’ai pris conscience que même si moi, j’avais en tête toute son histoire passée, ce n’était pas le cas pour tout le monde, et surtout pas les spectateurs. Les gens sont sortis des salles de cinéma avec un souvenir amusé et attendri du personnage, mais moi j’ai toujours vu cette apparente légèreté comme un masque. J’ai réalisé que nous devions raconter au public son histoire à elle, combler ces lacunes sur ce qui lui est arrivé depuis l’enfance ».

Dory a des problèmes de mémoire, des troubles de la mémoire immédiate, un réel handicap qui lui fait oublier ses parents jusqu’à ce qu’un coup sur la tête lui ravive quelques souvenirs. Se souvenir de son identité, de ses proches, lui est parfois impossible, même si elle se rappelle de fragments comme la couleur préférée du coquillage de sa mère ou encore la chanson « Nage droit devant toi ». Dès le début du film, on voit qu’elle a perdu ses parents, et son premier instinct est de les retrouver. La mémoire, la douleur de la perte, deux thèmes qui ne sont pas tout à fait compréhensibles pour les enfants. À cela s’ajoute la préservation écologique des océans ainsi que la vie en captivité des animaux. Déjà dans Nemo, on voyait des artefacts de la Seconde Guerre mondiale, des mines flottaient encore sous l’eau. Ici, on aperçoit les ravages de la pollution par l’homme avec des détritus tels que des bouteilles en plastique ou des canettes de bière. Il paraîtrait d’ailleurs que les équipes de Pixar ont changé le lieu de l’intrigue après avoir assisté à la projection du documentaire choc Blackfish sur la captivité des orques. Un institut de biologie marine où l’on soigne les animaux malades plutôt qu’un parc aquatique, ça fait meilleur genre.

Dory Nemo
Fluke et Rudder, deux lions de mer sur leur rocher tout propre. © Disney Pixar

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Le Monde de Dory : le fun de Nemo avec plus de sérieux

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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