Imaginez un monde où les gens ne meurent pas : maladies, chutes ou soins palliatifs, rien n’y fait, la mort semble s’octroyer des congés prolongés. C’est dans cet univers décalé que nous emmène Marie Pavlenko, avec son huitième roman, La Mort est une femme comme les autres.

La Mort est une femme comme les autres

Un univers décalé et un humour satirique

De l’humour, il en faut pour aborder un sujet aussi peu joyeux que le mort. L’histoire se centre sur les personnages de Emm – la Mort – et sa Faux, Suzie, une jeune femme, et le bellâtre Antoine Paladru. Emm est fatiguée, lasse de faire son travail, et ce, malgré toutes les tentatives de sa fidèle faux pour la requinquer. Le docteur Paladru, chef de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de la ville est désemparé : aucun des malades de l’hôpital ne passe l’arme à gauche, et ce, malgré les innombrables chutes, blessures et maladies dont ils souffrent. Enfin, Suzie, une jeune femme morose, est atteinte d’un cancer en phase terminale.

Si le titre n’est pas très drôle à première vue, on se prend vite au jeu en lisant ce livre. La Mort y est personnifiée et représentée sous les traits de Emm, une femme dont on a du mal à imaginer l’apparence, si ce n’est qu’elle est maigre et ressemble à un punk…

Victime d’un « burn-out », Emm en profite pour observer le monde des humains sous un oeil nouveau. La rencontre avec Suzie va chambouler le destin des deux personnages, où rien ne les prédestinait à se rencontrer.  

Ils me supplient tout le temps de les épargner, et maintenant que je m’exécute, ça ne va toujours pas ! Ils ne sont jamais contents, jamais contents ! Emm

Des personnages attachants

Les chapitres sont assez courts, mais riches en péripéties. L’un de mes passages favoris reste celui de la rencontre, aussi invraisemblable que drôle, entre le psychologue et Emm. Mon personnage préféré reste de loin la Faux, fidèle accessoire de Emm. Pétillante et très sarcastique, elle ne manque pas une occasion pour affirmer son caractère bien trempé (oui, je parle bien d’un objet…) et ajoute au roman la dynamique qu’il peut parfois manquer dans certains chapitres.

L’idée derrière le roman est intéressante, car elle repense la mort comme un concept inversé : que se passe-t-il dans la « tête » de la Grande Faucheuse ?

Une plume à l’humour satirique

La façon dont le livre est écrit peut ne pas plaire à tout le monde : des répliques parfois familières, parfois vulgaires, où la narration omnisciente pouvait parfois constituer un décalage. Cependant, la plume de l’auteur participe à la mise en avant des émotions des personnages et parfois, à l’absurdité des situations. On se prend très vite au jeu des protagonistes, la force de Marie Pavlenko est de tenter de décrire les émotions de manière la plus complète possible.  

Bref, ce roman est un bon moyen de s’évader et porte même à réfléchir un peu… au sens de notre vie.

La Mort est une femme comme les autres

Marie Pavlenko

Editions Pygmalion – 16 euros 

 

Chronique littéraire : La Mort est une femme comme les autres

par Trishad Atanga Temps de lecture : 2 min
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