Après les avoir utilisés pendant près de vingt ans, les fermiers américains remettent en cause l’efficacité et la productivité des OGM. Les chercheurs se sont donc penchés sur la question et en sont venus à procéder à une manipulation génétique pour pouvoir créer des plantes encore plus ciblées. Leur promesse : être capable de nourrir l’ensemble du continent africain en rendant les semences plus résistantes à la sécheresse. Le concept aurait de quoi en faire rêver plus d’un, mais ces nouvelles pratiques semblent bien loin du conte de fées que l’on souhaiterait nous raconter.

Des OGM qui ne disent pas leur nom

En boycottant majoritairement les OGM, les européens ont contribué à leur échec. Les scientifiques ont donc travaillé sur de nouvelles techniques de modifications du génome. Ces dernières ne sont donc pas comprises dans une législation datant du début des années 2000. L’industrie des biotechnologies aimerait donc profiter de ce « flou juridique » pour les commercialiser au plus vite. En évitant la réglementation européenne associée aux OGM, les consommateurs ne seraient pas informés de leur présence car ils échapperaient aux procédures d’évaluation des risques, de suivi, d’étiquetage, etc.

Scandale au sein du Haut Conseil des Biotechnologies

Nouveaux OGM

Le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) est un organisme public chargé d’éclairer la décision publique en matières de biotechnologies. Le 4 février dernier, il publie un rapport produit par son Comité Scientifique et son Comité Économique Éthique et Social à destination du gouvernement français. Seulement voilà, ce document ne résume que les avis des scientifiques qui considèrent que cette nouvelle pratique ne pose aucun problème et que l’on ne devrait pas parler d’OGM. Suite à cela, plusieurs membres du Haut Conseil suivi par plusieurs organisations de la société civile ont démissionné dénonçant une instance « aux mains des lobbyistes de l’agrochimie ».

« Le HCB français est une création inédite que le Parlement a ouvert aux organisations de la société civile dans le but d’éclairer la décision politique sans étouffer les controverses. Sa mission n’est pas de décider à la place des responsables politiques, mais d’éclairer leurs choix en leur fournissant l’ensemble des éléments en débat. S’il ne veut pas renoncer à cette mission, il doit rendre compte du manque de consensus au sein des scientifiques et publier immédiatement l’avis divergent qu’il a censuré. » FNE

Non aux Nouveaux OGM cachés

Une pétition européenne a rapidement été mise en ligne par plusieurs organisations pour appeler nos gouvernements à ne pas céder à la pression et à appliquer le cadre réglementaire des OGM aux nouvelles formes de manipulations génétiques. Patrick de Kochko du réseau Semences paysannes a effectivement peur des retombées que pourraient avoir le rapport du HCB : « C’est un enfumage total qui va permettre au gouvernement de s’appuyer sur un vrai faux avis scientifique pour défendre cette position à Bruxelles ». Dans les faits, il semblerait qu’il n’ait pas tort car les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture ne souhaitent pas soumettre ces techniques à la réglementation OGM et ont demandé au HCB de proposer des pistes pour établir un cadre légal propre à ces techniques.

Étude Séralini : ne pas refaire la même erreur

Souvenez-vous, c’était en 2012 : des photographies de rats avec des tumeurs grosses comme des balles de ping pong faisaient le tour du monde. En cause : le maïs OGM Monsanto. Gilles-Éric Séralini, pilote de l’étude, reprochait aux études sanitaires de ne pas avoir réclamé des tests plus longs. C’est donc seulement après 15 ans de commercialisation des OGM que les effets secondaires de ceux-ci ont été mesuré. Même si cette étude a été remise en cause en 2014, elle aura tout de même permis de constater que les industriels commercialisent leurs produits trop rapidement, sans quantifier les risques d’une consommation sur le long terme. Il serait donc judicieux d’éviter de refaire la même erreur en réalisant une étude plus approfondie des conséquences que peuvent avoir la consommation de ces nouveaux OGM.

OGM

Nouveaux OGM : on n’en veut toujours pas !

par Aude Norguin Temps de lecture : 3 min
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