Après Ocean’s Eleven (2001), Ocean’s Twelve (2004) et Ocean’s Thirteen (2007), le spin-off Ocean’s 8, débarque sur nos écrans. Au revoir Georges Clooney, bonjour Sandra Bullock qui campe sa sœur Debbie. Gary Ross prend le siège de Steven Soderbergh à la réalisation, dans ce remake 100% féminin. Fait-il mieux que le Ghostbusters 2016 signé Paul Feig ou tombe-t-il dans les mêmes clichés ? Que vaut cette team de braqueuses ?

Ocean’s 8 et le souffle du passé

Beaucoup diront que ce film ne vaut pas Ocean’s Eleven et nous ne pourrions leur donner tort, mais Ocean’s 8 essaye tout de même de s’inscrire dans les pas de son illustre aîné. Le scénario qui se passe d’originalité reprend tous les codes de la version originale. Au début, Debbie Ocean sort de prison comme son frère Danny (à noter une similarité jusque dans le prénom) et à la fin le public apprend comment les braqueuses ont dépensé leur argent. Toujours rien de neuf sous le soleil. Même la raison de ce vol, hormis l’argent évidemment, est la même : la REVANCHE. Quand Georges décide d’attaquer un casino, c’est parce que son propriétaire a dérobé le cœur de sa bien-aimée, quand Sandra passe à l’action, c’est pour se venger de son ex. Dans Ocean’s 8, on détermine aussi rapidement qui fait quoi, quand Sandra Bullock endosse le rôle de leader, c’est Cate Blanchett qui fait la meilleure amie et joue plus ou moins le rôle de Brad Pitt à l’époque. Si le personnage de Rusty mangeait tout le temps, Lou, elle, rumine un chewing-gum, curieuse singularité… Ce qui est sympa, ce sont les petits caméos qui rappellent de bons souvenirs. Matt Damon avait annoncé qu’il jouerait dans cette version féminine, mais malheureusement Linus n’a pas survécu au montage de Gary Ross. On est content tout de même de voir Elliot Gould qui a toujours la classe en Reuben Tishkoff. Ceci n’est qu’un mini spoiler puisqu’il apparaît dès le début du film et qu’il ne joue pas non plus un rôle prépondérant. Un autre personnage de la trilogie originale sera présent, mais là, on ne dévoilera rien, car il est utile à l’action.

Girls just want to have diamonds

Ocean’s 8 est donc un remake 100% féminin d’Ocean’s Eleven ou le casting est encore là pour éblouir. C’est vrai qu’il y a de quoi faire avec : Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Sarah Paulson, Awkwafina, Rihanna, Helena Bonham Carter. Si les personnages manquent de profondeur pour vraiment s’attacher, chaque actrice fait le job. Rihanna ne fait pas du tout cliché en hackeuse rasta (#ironie), mais bon est-ce vraiment pire que ses précédents rôles ? Celle qui se démarque réellement et qui fait tellement bien la nunuche qu’on a adoré sa prestation, c’est évidemment Anne Hathaway. Elle en a fait du chemin depuis qu’elle faisait la bonniche pour Meryl Streep ! Dans un Ocean’s 8 ultra glamour, c’est maintenant elle qui porte du Prada, ou plutôt du Rose Weil. Le personnage de Daphne Kluger peut être rapproché de celui de Julia Roberts et la fameuse scène du musée avec Bruce Willis. L’originalité de ce long-métrage est d’ailleurs peut-être là, dans cette mise en abîme. Comprenez : des actrices ultra connues jouent des voleuses qui évoluent parmi des stars dans le plus grand événement people de l’année ; le gala du Met. Le crime est minuté, sans accroc, il n’y a pas d’adrénaline, ce qui le rend limite accessoire, tout le plaisir réside dans les interactions féminines.

Ocean’s 8 : casse du siècle ou hold up de trop ?

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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