Le PSG a remporté hier le Trophée des Champions face à Montréal contre Lyon (2-0). 24 heures plus tôt en France, le second club de la capitale, le Paris Football Club, redécouvrait le monde professionnel. 

Paris FC
Les deux formations

Paris, Stade Charléty, vendredi 31 juillet, 19h15, température agréable pour une reprise. Ce soir, c’est un événement particulier que va vivre le Paris FC (champion 2014-2015 de National) : ses premiers pas en Ligue 2, une trentaine d’années après avoir quitté le monde du professionnalisme. Objectif : gagner sa première rencontre à domicile contre Laval, 8e la saison dernière.

Des joueurs expérimentés mais accrochés

3 500 personnes occupent les sièges du Stade Charléty, rempli sur un côté seulement. En face, une centaine de supporters du Stade Lavallois. Les ultras parisiens donnent de la voix et rien ne semble ternir leur enthousiasme. Le speaker annonce la composition des équipes. Côté Paris FC, presque que des noms connus de la Ligue 2, excepté Mehdi Jean, défenseur de formation mais aligné milieu défensif pour sa première. Presque une première aussi pour Vincent Demarconnay, gardien des buts parisiens depuis 2008, qui a joué un match de seconde division avec Le Mans en 2004-2005.

Onze de départ du Paris FC : V. Demarconnay – C. Glombard, H. Lybohy, J. Pierre, S. Cantini – M. Jean – T. Gamiette, B. Ca, C. Kinkela, R. Grange – K. Ayari. (Entraîneur : Denis Renaud).

Laval : L. Cappone – F. Chafik, D. Konaté, M. Couturier, E. Quintin – M. Jean – A. Gonçalves, H. Alla, C. Zéoula, R. Alioui – J. Viale. (Entraîneur : Denis Zanko).

Il est 20 heures, c’est enfin le coup d’envoi du match et de la saison. Si le niveau technique proposé par les deux équipes est intéressant, le match est assez terne. En dehors de quelques incursions et d’une occasion dangereuse de part et d’autre, pas grand chose à se mettre sous la dent. Le frisson s’est tout de même ressenti chez les supporters parisiens quand à la 13ème minute, la frappe osée de Romain Grange tombe dans la niche de Lionel Cappone, le gardien lavallois. Score nul et vierge à la mi-temps, les débats sont équilibrés.

Jean-René Godart, connu pour ses commentaires d’après-étape sur le Tour de France, est présent en tribune de presse. Le parisien de naissance est content de voir un second club de la capitale chez les pros. Ravi aussi de voir Vinci, sponsor convoité par de nombreux clubs de Ligue 1, investir dans le Paris FC.

Paris FC
Medhi Jean, premier buteur de la saison (©parisfootballclub)

Le match reprend et cette fois, il y a davantage d’animation. Cinq minutes après la reprise, les supporters parisiens exultent. Le corner tiré par Romain Grange trouve Medhi Jean, qui inscrit son premier but pour son premier match professionnel. Belle histoire pour l’ancien réserviste de Lille. 18 minutes plus tard, le frisson parcours les travées de Charléty. Le centre de Romain Grange file, Jean et Pujol taclent mais sont trop courts pour marquer. C’est le tournant de la rencontre.

Car en face, le Stade Lavallois est une équipe réputée joueuse et offensive. Chafik trouve Gonçalves dans la surface. Le capitaine mayennais sert parfaitement César Zéoula, seul au point de penalty. Il n’a plus qu’à pousser la balle pour égaliser, 1-1. Une mésentente en défense qui coûte deux points. Laval prend le contrôle du match et tente de profiter de ce but pour prendre l’avantage. Mais les arrières parisiens ont bien retenu la leçon. Les frappes d’Alioui aux 25 mètres et de Habran sur coup-franc sont les dernières cartouches des visiteurs.

Fin du match, les parisiens peuvent respirer. La victoire n’est pas au bout, la déception se ressent. Mieux vaut commencer avec un bon premier point que rien du tout. Bilan mitigé donc pour le Paris FC.

« Une vraie différence technique avec le National »

Denis Renaud, le coach du Paris FC, trouve ce résultat logique mais ne cache pas une petite pointe de déception en conférence d’après-match. « La première heure a plutôt était cohérente. Après, à partir du moment où on a ouvert le score, on a reculé. On a laissé la balle à l’adversaire et l’égalisation était justifiée. Il faut montrer un peu de recul par rapport à ce match et le nul me semble complètement logique. J’ai trouvé une équipe plutôt de qualité sur les 22-23 premières minutes. On a été capable de tenir le ballon, d’apporter de la vitesse. Ce résultat est un bon point pour un promu même s’il y aura toujours une pointe d’amertume par le fait qu’on a mené au score avant d’être recollé. »

Dans les coulisses, Mehdi Jean, buteur parisien de la soirée est content de découvrir la Ligue 2. « D’un point de vue personnel, c’est une grande satisfaction parce que c’est un moment que j’attendais avec impatience. Par rapport au championnat de National, il y a une vraie différence tactiquement et techniquement. Néanmoins je m’attendais à un match de ce genre, on s’y est bien préparé lors des matches amicaux. Il n’y a pas de match facile, la saison sera difficile. Je me projette match après match avec comme objectif d’engranger un maximum de points. J’espère être le plus utile possible à l’équipe, d’être performant et régulier. »

Avec une équipe constituée de joueurs habitués au haut-niveau, le Paris FC devrait plutôt bien s’en sortir et jouer une place en milieu de tableau. Mais le football n’est pas une science exacte, on peut s’attendre à des surprises. Prochain rendez-vous : vendredi 7 juillet à Tours.

Romain Lambic

Le Paris FC en Ligue 2 : premiers pas mitigés

par Romain Lambic Temps de lecture : 4 min
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