La Ligue 1 a officiellement fermé ses portes le week end dernier. L’occasion pour nous de revenir sur un exercice 2015-2016, facile pour certains (le Paris Saint Germain) et tendu pour d’autres avec notamment un Toulouse qui a sauvé sa peau à 10 minutes de la fin de la saison.

On a aimé :

Le Toulouse Football Club

Des supporters qui désertaient le stade, et ceux qui étaient présents fêtaient la descente en Ligue 2. Un entraîneur, Dominique Arribagé, qui était perdu et des joueurs qui ne mettaient pas un pied devant l’autre. À 10 journées de la fin, le club de Toulouse semblait condamné à la Ligue 2. Mais un Savoyard descendu de sa montagne avec son pull qu’on peut qualifier de « particulier », pour ne froisser personne, en a décidé autrement. Sur les 10 dernières journées, il va réussir l’exploit de gagner 5 matches, soit plus que sur les 28 autres journées (4 victoires seulement) et faire 3 matches nuls. Le club peut clairement remercier Pascal Dupraz l’entraîneur miracle. Et dire que l’histoire aurait pu ne jamais s’écrire puisque la semaine de son arrivée dans la ville rose de Toulouse, il a du être hospitalisé après une petite alerte cardiaque. Mais son cœur va bien et heureusement pour lui d’ailleurs tant il a été sollicité lors de cette dernière journée. À 15 minutes de la fin du dernier match, à Angers, Toulouse est menée 2-1 et doit marquer deux buts pour sauver sa tête. En deux minutes son équipe renverse la situation. Incroyable.

Le Paris Saint Germain

Cette saison a été celle de tous les records, ou presque pour les joueurs du Paris Saint Germain. 96 points, 30 victoires et 6 matches nuls, 19 buts encaissés pour 102 buts marqués et le titre acquis dès la 30e journée. Ce sont les chiffres vertigineux des joueurs de Laurent Blanc cette saison, ils ont tout simplement marché sur cette Ligue 1. Trop facile et sans forcer. Un homme, plus que les autres a brillé cette saison, Zlatan Ibrahimovic et ses 38 buts (record du club sur une saison). Alors oui les Parisiens ont un budget de 490 M€, soit environ le double du deuxième budget de la Ligue 1 (Monaco avec 250 M€), mais ils ont surtout développé un jeu séduisant tout au long de la saison. C’est certainement la grosse satisfaction de la saison parce que les années précédentes, les Parisiens avaient tendance à se relâcher un peu pendant les matches. En plus du titre, le Paris Saint Germain a remporté le Trophée des champions et la Coupe de la Ligue. Et samedi face à l’OM, les Parisiens pourront remporter leur 10e Coupe de France pour signer leur deuxième quadruplé en France. Aujourd’hui il y a eux et les autres.

L’OL

À la trêve, les Lyonnais étaient dans le (gros) ventre mou de la Ligue 1, avec un vestiaire miné par les conflits et les embrouilles. Un changement d’entraineur, avec l’arrivée de Bruno Génésio, qui a participé à la formation des jeunes joueurs du club et l’entrée dans un nouveau stade a tout changé. Sur la phase retour l’OL a remporté 12 matches sur les 19, avec notamment un succès de prestige face au Paris Saint Germain. Suffisant pour faire une remontée éclair jusqu’à la deuxième place. Revenus comme un boulet de canon sur Monaco, ils ont tout simplement dévoré les joueurs de la Principauté lors de l’avant dernière journée avec une victoire 6-1. Pour la deuxième année consécutive, l’OL jouera la Ligue des champions. Les Lyonnais ont pu compter sur leur buteur fétiche Alexandre Lacazette, qui, comme son équipe, s’est réveillé lors de la deuxième partie de saison. Avec seulement 6 buts à la trêve, il a terminé la saison en feu, marquant 11 buts entre la 29e et la 38e journée, portant son total à 21 buts.

On n’a pas aimé :

Monaco

Du béton, de l’ennui, un stade vide (comme souvent à Monaco), un mercato qui ressemblait plus à une cour de récré où on s’échange des cartes Pokémon (désolé je suis vieux) qu’à une gestion sportive cohérente. Voilà en gros le schéma de Monaco version 2015-2016. Dans ces conditions évidemment il est presque impossible de construire une équipe et un jeu collectif. Les hommes de Jardim ont ennuyé toute la Ligue 1 cette saison et ont produit certainement, le plus pauvre jeu parmi les cinq équipes qui ont composter un billet pour l’Europe la saison prochaine. Heureusement que le club de la Principauté a pu s’appuyer sur ses quelques individualités, comme Bernardo Silva, pour terminer à la troisième place et allumer parfois quelques étincelles. C’est dommage parce que ce club pourrait faire tellement mieux avec une politique sportive cohérente et un budget conséquent. On attend bien mieux pour la saison prochaine.

L’OM

C’est plus ou moins la même chose que Monaco, avec le béton en moins (et l’argent aussi). Cette saison a été un véritable calvaire pour les Marseillais. Un conflit direction/entraîneur qui scelle le départ de Marcelo Bielsa dès la première journée, un président interventionniste qui joue au petit chimiste pendant le mercato et qui se trompe sur le choix de l’entraîneur pour la saison et des joueurs qui jouent leur propre partition. Même les satisfactions de la saison, Lassana Diarra et Steve Mandanda, qui joueront l’Euro avec la France ou Michy Batshuayi n’ont rien pu faire. Le tableau est bien sombre pour les Phocéens qui ont été incapables de sortir la tête de l’eau, notamment au Vélodrome où ils n’ont gagné que trois matches cette saison. Résultat, l’OM termine la saison a une anonyme 13e place, son pire classement depuis la saison 2000-2001. L’OM est en reconstruction et attend surtout un repreneur, seule lumière possible pour les supporters, avec peut être la finale de la Coupe de France contre le Paris Saint Germain, où l’OM pourrait remporter son 11e trophée dans la compétition.

Le Stade de Reims

Pas de football champagne (désolé j’étais obligé) pour ce club mythique du football français. Pire, le club champenois va descendre en Ligue 2. Le bilan cette saison est évidemment catastrophique avec un bilan de 19 défaites (dont 11 sur la phase retour) et 57 buts encaissés. Rien n’a fonctionné cette saison et il ne semble pas y avoir la lumière à tous les étages dans ce club, comme en témoigne les sorties médiatiques remarquées de l’ancien entraîneur Olivier Guégan qui pointait du doigt « l’amateurisme » du club ou du gardien remplaçant Johny Placide qui n’a pas hésité à mettre le président face à ses responsabilités dans le naufrage de son équipe. Reims s’est réveillé bien trop tard cette saison, à l’image d’un changement d’entraîneur à deux journées de la fin et d’une victoire 4-1 face à l’OL pour finir la saison. De quoi laisser les supporters amers, surtout que la saison prochaine il n’y aura plus que deux montées et deux descentes directes, avec un barrage entre le 18e de L1 (place occupée par les Reimois cette saison) et le 3e de L2. N’est pas Toulouse qui veut !

Paris Saint Germain Toulouse
Le Stade de Reims évoluera en L2 la saison prochaine.

Pierre GERBEAUD

L1 : le Paris Saint Germain déroule, Toulouse revient de loin

par contributeurs Temps de lecture : 5 min
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