19 000 spectateurs marseillais ont fait le déplacement jusqu’au Stade de France pour assister à la finale de la Coupe de France. Qui de mieux que le Paris SG, l’éternel rival, comme adversaire. L’objectif de l’OM était simple : sauver une saison calamiteuse en remportant la Coupe de France et décrocher son ticket pour l’Europa League. Pour le PSG, champion de France de Ligue 1, le triplé titre et coupes nationales était visé. En gagnant 4-2, ce fut Paris qui remplit ses objectifs.

Les frissons de début de rencontre

La Marseillaise est officiellement entonnée juste avant la rencontre. Est-ce un signe ? Nous ne le saurons pas tout de suite. En revanche, un symbole fort : Laurent Blanc et Franck Passi, les coaches des deux équipes, s’alignent aux côtés de leurs joueurs lors de la cérémonie d’avant-match. Marseille joue en 4-4-2 avec une composition surprenante, à l’image de Barrada titularisé sur le couloir gauche et la paire Batshuayi-Fletcher à la pointe, Cabella sur le banc. Pas de surprise côté du Paris SG, avec un 4-3-3 classique, Rabiot et Stambouli titularisés à la relance et en sentinelle, et Marquinhos préféré à David Luiz en défense centrale. Clément Turpin, arbitre sélectionné pour officier sur l’Euro 2016, a la lourde tâche du jugement, sifflet à la bouche.

Les supporters Marseillais sont les premiers à donner de la voie pour offrir une ambiance électrique en cette finale de la Coupe de France. Et d’entrée, à peine après plus d’une minute de jeu, Barrada donne un avant-goût intéressant avec une grosse frappe des 30 mètres, qui passe près du poteau. Réponse immédiate des Parisiens, avec la passe d’Ibrahimovic pour Matuidi qui enchaîne, le ballon tombant dans la niche de Mandanda. Pas le temps de respirer. Tout de suite après, le Paris SG profite d’une énorme erreur de marquage. Di Maria centre pour Matuidi – laissé seul par Rekik, qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score. Nous n’en somme qu’à deux minutes de jeu. Reste à savoir si c’est le début du cauchemar ou de la révolution pour l’Olympique de Marseille.

OM & Paris SG dos à dos à la pause

À partir de là, le Paris SG contrôle le match et conserve plus souvent le ballon que les Marseillais. Ces derniers tentent de se réveiller en tournant autour de la surface parisienne et essayant de trouver un trou de souris dans la défense adverse. Le match ralentit et les Parisiens laissent peu à peu la balle à Marseille en se contentant d’être correctement placé. Seulement, voilà, soudainement, Florian Thauvin frappe à ras-terre à l’entrée de la surface. Le trou de souris est trouvé, le ballon est légèrement dévié et Marseille égalise à la 12e minute.

L'égalisation de Thauvin n'aura pas d'impact pour le PSG sur la Coupe de France
L’égalisation de Thauvin n’aura pas d’impact pour le PSG ©L’Équipe

Cette égalisation a donné du baume au cœur de l’OM qui gène la relance parisienne par un marquage haut et une grosse pression. Néanmoins cette tactique ouvre des portes au PSG en cas de contre, à l’image de l’incursion de Serge Aurier sur le couloir droit à la 16e minute, infructueuse, avec peut-être une petite faute oubliée. La tactique de l’Olympique de Marseille fonctionne avec une agressivité dosée, qui leur permet de récupérer plusieurs ballons pour tenter de se projeter vers l’avant. Le Paris SG est un peu acculé et Ibrahimovic, qui joue son dernier match, doit beaucoup décrocher de son poste. À défaut de pouvoir exploiter l’axe, le PSG tente d’obtenir des coup de pied arrêtés sur les côtés mais peine à convertir ces occasions en but. Même Ibrahimovic trois fois de suite n’arriver pas à tromper la vigilance marseillaise. Mis à part quelques occasions pas très franches, les équipes repartent aux vestiaires dos à dos.

Retour sur le terrain. À peine le temps de rebrancher le casque et de se remettre dans le bain qu’un penalty est justement obtenu par Blaise Matuidi, accroché par Nkoulou. Pas de miracle sur ce coup, Ibrahimovic prend Mandanda à contre-pied et permet à Paris de reprendre l’avantage. Peut-être son dernier but au PSG. Et voilà que Marseille doit encore une fois courir après le score. Florian Thauvin, l’ailier droit de l’OM est un véritable poison pour les Parisiens. Auteur de l’égalisation, le milieu excentré est celui qui apporte le plus de dangers par des frappes et des centres plus ou moins réussis. Le rythme du match reprend peu à peu celui qu’il était quelques minutes avant la pause, très technique, avec une pression marseillaise moyenne et peu d’occasions.

Une 10e Coupe de France

57e minute : Ibra sert parfaitement Cavani, esseulé, en profondeur. Mandanda est impuissant, Paris prend le large et douche certainement les espoirs de révolution et de Coupe de France pour l’OM. Après coup, le club phocéen reprend une forme tactique plus habituelle en remplaçant l’attaquant de pointe Fletcher par le milieu offensif Cabella. Le Paris SG mène 3-1, mais l’ambiance chez les supporters parisiens est très plate, presque inexistante, on entend même quelques supporters marseillais, minoritaires, chanter. Coup dur côté Marseille, Barrada se blesse au genou gauche, puis surprise, il laisse sa place à Brice Dja Djédjé, défenseur gauche de formation alors qu’Alessandrini, ailier gauche, correspond davantage au profil. À un quart-d’heure de la fin, Blanc fait tourner son effectif et fait entrer David Luiz en milieu de terrain à la place de Stambouli, Lucas prend la place de Cavani. Dans la foulée, un frisson a traversé les travées du Stade de France quand Ibra se laisse tomber sur la surface face à Mandanda, mais il n’y a pas faute. Un peu tard pour espérer que ce soit le tournant du match pour l’OM.

Ibrahimovic, à l'image du PSG, sans pitié en Coupe de France
Ibrahimovic, à l’image du PSG, sans pitié pour l’OM ©Europe 1

Quoi de mieux pour conclure une carrière tonitruante en France qu’un doublé ? Pas de pitié de la part d’Ibrahimovic qui enfonce les Marseillais avec un quatrième but parisien, bien aidé par l’approximation défensive de l’OM qui a laissé, encore une fois, un grand boulevard que Mandada seul ne peut combler. Fin de match cruelle et difficile pour le gardien emblématique marseillais qui joue certainement son dernier match avec le club phocéen. Au final, c’est un score assez habituel, à l’image du PSG version 2015-2016, sans aucune concurrence sérieuse.

L’AS Saint-Étienne peut remercier le PSG, voire la défense marseillaise, de lui offrir l’Europa League sur un plateau. La réduction du score de Batshuayi (2-4, score final) est anecdotique et malgré les tentatives trop tardives de l’OM, son visage apathique sur la seconde période ne permettant pas réellement d’espoir. Standing ovation pour la sortie d’Ibrahimovic, et plus de suspens, Paris soulève la Coupe de France et signe un nouveau triplé titre + coupes nationales.

Le Paris SG maître de la Coupe de France

par Romain Lambic Temps de lecture : 5 min
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