Paterson est le nouveau film de Jim Jarmusch en compétition au Festival de Cannes 2016. Un récit poétique qui manque de rythme.

Paterson est un conducteur de bus, poète à ses heures perdues, qui vit à Paterson. Son recueil de poèmes préféré est Paterson de Wiliam Carlos Wiliams. Dit comme ça, ça fait beaucoup de Paterson d’un coup. Nous suivons donc ce personnage dans son quotidien plus que paisible, dans son travail de conducteur, dans ses écritures, mais aussi dans son couple avec Laura, une jeune femme pleine de vie qui contraste avec le calme de Paterson (le personnage, mais aussi la ville !).

Une traversée du quotidien

Jim Jarmusch nous propose ainsi un film divisé en sept jours de la semaine. Nous entrons dans le quotidien du couple dans ce qu’il a de plus indéfinissable. Les petits riens, les dialogues, et les minuscules bouleversements qui font que le quotidien est morne, mais unique. Pour mettre en place cette ritournelle, Jim Jarmusch se focalise sur des points essentiels dans les journées similaires de Paterson. Le premier plan de la journée est ainsi toujours un plan fixe du couple au réveil. Les créations fantasques de Laura pendant que Paterson est au travail ou encore la quotidienne promenade de leur chien Marvin sont aussi des passages obligés du quotidien du couple.

Ainsi, Jim Jarmusch excelle dans un cinéma qui lui est propre, sans réel grand bouleversement. Nous voyons par exemple la tendresse du couple, mais jamais un litige ou une scène passionnée. Le cinéma de Jarmusch est spécial dans son rythme et dans ses thématiques. Amateurs de films à rebondissements, il vaut mieux passer votre chemin. Seules des touches d’humour seront là pour distraire la contemplation du film, notamment à travers Marvin, le chien, qui semble toujours défier le couple avec ses airs de bulldog capricieux. 

Paterson Jim Jarmusch quotidien
© 2016 – Mary Cybulski

Paterson est poétique, mais lent

La grosse thématique du film reste la poésie, ainsi que la créativité. Les poèmes de Paterson rythment tout le film, nous les voyons se griffonner sur le côté de l’écran, et c’est une belle réussite dans la réalisation. Paterson rencontre aussi deux autres poètes sur sa route quotidienne, avec lesquels il échangera quelques vers, ou quelques discussions poétiques. C’est donc un beau film truffé de poésie que nous offre Jim Jarmusch, accentué par des touches de fantaisies créatrices. Les rêves de Laura, la fantasque, hantent, par exemple, l’esprit du personnage principal. 

Le temps est également un topos capital du film, puisque c’est en une thématique propre à la traversée du quotidien. Les plans fixes sur l’heure de réveil de notre poète, ou encore d’autres sur la montre qui s’accélère en signe du temps qui passe sont essentiels. Paterson écrira d’ailleurs un poème sur cette quatrième dimension qu’est le temps. Justement, les amateurs de cinéma un peu rythmé pourraient fortement s’ennuyer devant la semaine monotone de Paterson. Indéniablement, c’est beau, mais reste à savoir si cela suffit pour une Palme d’or.

Sortie prochainement

Paterson – Une ode au quotidien à la vitesse tortue

par Laurène Thiéry Temps de lecture : 2 min
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