Le 22 novembre 1963, John F. Kennedy, 35e président des États-Unis, est assassiné à Dallas alors qu’il était en voiture avec sa femme Jackie. « Je ne suis plus la première dame, appelez-moi Jackie ». Ces mots résument bien le ton intimiste de ce film. Pablo Larraín met en scène le deuil et la puissance de caractère d’une First Lady pas comme les autres, une Kennedy, magistralement interprétée par Nathalie Portman.

Nathalie porte le deuil de Jackie

Pour jouer Jackie, Pablo Larraín, a choisi la talentueuse Nathalie Portman et il a bien fait ! Dans son film, on aperçoit le vrai documentaire tourné le 14 février 1962 à la Maison Blanche, où Jackie explique ses choix de déco et sert un peu de plante verte. Toutefois, Jackie, on le verra, va peu à peu se forger une réputation aussi forte que celle de son mari en veillant à protéger l’héritage de celui-ci. Avec dignité et fermeté, elle impose ses choix, de l’assassinat au déroulement des funérailles, elle va donner de la voix pour exister après un tel drame. Elle va affronter le deuil avec une seule idée en tête : que son mari ait une place dans l’histoire à l’instar du président Lincoln. Jackie est une femme qui n’a pas choisi la célébrité, mais comme elle le dit dans le film, a épousé un Kennedy… Elle a fort bien conscience que l’histoire que l’on raconte et la façon dont on la raconte sont deux choses différentes. Dans ce cadre, elle va faire très attention à ce que va écrire le journaliste à qui elle délivre son point de vue de l’histoire. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à relire et retravailler le papier pour qu’il soit à sa convenance. Le film Jackie dresse donc un portrait plutôt convaincant d’une femme qui aura tout vécu et tout perdu, grâce à la magnifique interprétation de son actrice principale Nathalie Portman.

Larraín Jackie

La trame narrative de Larraín

Pablo Larraín, réalise, avec Jackie, un biopic assez particulier. Il ne raconte pas toute la vie de la veuve du président, mais les jours d’après, ceux qui ont suivi l’assassinat. Le cinéaste entre dans la vie intime de Jackie Kennedy par sa propre voix. Larraín choisit la confession ; Jackie va, dans le présent, raconter son histoire à un journaliste et, dans le passé, parler à un prêtre. Le film débute par l’arrivée du reporter à la porte de l’ancienne First Lady. Pablo Larraín ne dévoile pas le nom de cet homme, car il se focalise sur Jackie, mais il faut savoir qu’il s’agit de Theodore H. White. C’est Mme Kennedy qui lui avait demandé d’écrire un article sur J.F.K. pour Life Magazine, dans lequel il établirait un parallèle entre sa présidence et la légende du Roi Arthur. Ses mots ont d’ailleurs servi de base au film. Dans Jackie, Larraín, fait un aller-retour constant entre les événements tragiques et la voix qui les raconte. L’empathie est réelle pour cette femme qui à tout perdu d’un seul coup, car le réalisateur implique les spectateurs dans le récit notamment grâce à ses plans rapprochés. La photographie signée Stéphane Fontaine est de toute beauté. Il faut savoir que le film a été tourné en 16mm, d’où un certain aspect brut à l’image. Larraín, ne nous épargne rien, pas plus qu’à la First Lady. Nathalie Portman devra jouer face à une tête d’où sort un bout de cervelle ensanglantée. L’ambiance prenante du fameux moment est aussi bien rendue par le son. Tout le monde s’attend à entendre ce coup de feu et pourtant, il résonne en nous profondément et nous fait sursauter. La musique de Mica Levi faite de piano et de corde ajoute à l’angoisse des moments cruciaux de ce film.

Larraín Jackie
Billy Crudup interprète le journaliste.

Portman incarne Jackie, la First Lady de Larraín

par Aliénor Perignon Temps de lecture : 3 min
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