La question du temps, très chère au FRAC (Fonds régional d’art contemporain) de Besançon, y est présente du 29 mai au 18 septembre. Estefania Penafiel Naiza et Nathalie Talec, deux femmes, deux expositions, deux voyages dans le temps. 

Le temps à rebours 

Estefania Penafiel Loaiza, artiste équatorienne, dévoile dans A rebours une certaine vision du temps. Un regard où mémoire et oubli, apparition et effacement se renvoient la balle. Un projet composé de photographies, d’objets, d’œuvres vidéos, etc. Dans ces créations et notamment dans Compte à rebours, l’artiste déjoue les lois du temps : ce dernier est chamboulé, les personnages comme pris dans une machine à remonter le temps. Afin de réaliser le projet Compte à rebours, l’artiste a lu à l’envers la totalité des 18 constitutions politiques adoptées depuis la fondation de la République de l’Equateur (d’ailleurs, si vous êtes attentifs, vous pourrez voir que l’Equateur est une notion très récurrente dans son exposition). Là n’est pas tout, une fois les lectures filmées, la vidéo a été montée à l’envers. Un résultat on ne peut plus spectaculaire. 

FRAC temps
Sans titre (figurants), Estefania Penafiel Loaiza © L’Etudiant Autonome

Cette oeuvre, Sans titre (figurants) est composée d’une multitude de pages de journaux internationaux. Sa particularité ? Toutes les personnes présentes sur les photos y sont gommées laissant alors place à une silhouette blanche. Les détails de chacune d’entre elles sont précieusement gardés dans des petites fioles numérotées. La singularité de ces anonymes est conservée. Le paradoxe est tel que l’artiste, en effaçant ces personnes, les dévoile d’autant plus ! Elle rend hommage et dévoile les oubliés de l’histoire

Voyage et vécu au FRAC

Dans son exposition Vingt mille jours sur Terre Nathalie Talec narre sa vie d’artiste. Si un tel projet est le travail de plusieurs années, son point d’ancrage est, quant à lui, bien distinct : un film super 8 réalisé par son père. La fillette se jetait alors, riant aux éclats, dans la neige.  Dès lors, la globalité de l’exposition de l’artiste prend son sens et en tire son essence. 

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In Search of the Miraculous, Nathalie Talec © L’Etudiant Autonome

C’est avec une obsession certaine pour le froid, le risque, la survie, et la neige que l’artiste partage. Une exposition où tous les supports sont conviés : peinture, vidéo, photographie…etc. Nathalie Talec fait voyager le visiteur du FRAC entre fictions et autofictions. Si l’art est un des moteurs d’inspiration de l’artiste, le kitsch et le décoratif l’est tout autant, c’est pourquoi ses œuvres paraissent si singulières. In Search of the Miraculous, par exemple, est un projet  gigantesque fait de néons. Ce radeau chargé d’histoire invite à l’aventure. Cette installation fait parfaitement écho à l’idée d’ensemble de l’exposition de Nathalie Talec. En effet, au travers de ce projet, l’artiste fait référence au naufrage.

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Feeling refuge, Nathalie Talec © L’Etudiant Autonome

Comme propulsé dans un pays nordique ou aux pôles, le visiteur pourra, au travers de ses projets, voyager aux côtés de l’artiste pour une remontée dans le temps. Une exposition où chaque pièce a son unicité, et où chacune d’elle raconte une histoire à l’instar de l’artiste.

Infos

Horaires : 14h-18h du mercredi au vendredi & 14h-19h samedi et dimanche

Tarifs : 4€ (entrée tarif plein), 2€ (tarif réduit), gratuit (scolaires, moins de 18 ans et tous les dimanches !)

Source : www.frac-franche-comte.fr

La question du temps au FRAC de Besançon

par Amé Lie Temps de lecture : 2 min
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