Il y a plusieurs choses qu’on attend avec impatience dans la vie : rentrer chez soi lorsqu’on a qu’une envie : dormir, les soldes, le nouvel album de Britney, les Jeux Olympiques, Roland Garros, un Clásico, un derby. Il y a plusieurs choses qui nous énervent dans la vie : lorsqu’on rentre chez soi et qu’on ne peut pas dormir, les soldes qui ne proposent rien, l’album de Britney qui est rempli de reprises, un Clásico et un Derby où il ne se passe rien.

Ce samedi, le Real Madrid accueillait l’Atletico de Madrid et vous l’aurez compris, ce match fait partie des choses qui nous énervent dans la vie. Lorsque j’ai su que j’allais écrire sur ce match, j’étais toute contente. C’est vrai, lors de ces matchs, tout se passe. Aujourd’hui, pour voir un Real Madrid – Atleti, tu dois limite dépenser 3 mois de salaire et puis même, au-delà du prix de la place, pour ceux qui aiment le foot espagnol, voir un derby c’est une garantie d’émotions, de folie, d’intensité. Un match d’une importance capitale pour la place de leader. Un match qui a fini sur un 1-1. Un match sans queue ni tête qui nous a pas mal ennuyés et où Oblak a été décisif.

Un derby sans intensité

La vérité c’est que je ne sais même pas par où commencer. « Sans aucune intensité » pourrait être, sans aucun doute le résumé de tout ce match. Que ce soit côté rouge et blanc ou côté blanc, les joueurs avaient l’air tellement fatigués comme s’ils avaient nettoyé toutes les places du Santiago Bernabéu. Sans rire. On pensait que le match allait commencer à la 15 ème minute lorsque Modric fait une passe à Cristiano Ronaldo et qu’Oblak réalise un arrêt génial. On y a cru, mais non. Mais même après ça, la fatigue se voyait dans leurs corps, l’agacement se lisait sur le visage des joueurs et le désespoir sur les nôtres.

Un Real-Atletico méconnaissable

Personne ne bougeait. Personne ne mordait. On avait l’impression que les deux équipes jouaient à celui qui ne voulait pas jouer au foot. Beaucoup d’erreurs du côté de l’Atletico servaient au Real Madrid et beaucoup d’erreurs du Real Madrid servaient à l’Atletico. Enfin, en théorie. L’Atleti avait du mal à garder le ballon et le Real Madrid avait du mal à aller jusqu’au bout mais a quand même eu trois occasions, toutes arrêtées par un génial Oblak, le sauveur de Simeone. Oblak et ses mains providentielles.

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Ramos, Griezmann et Pepe. Tous deux auteurs des deux buts. (Maxppp)

Aucune des deux équipes n’était supérieure à l’autre. Au contraire, toutes les deux s’accordaient à vouloir faire n’importe quoi. Que ce soit un Torres ou un Bale complètement invisibles. Tellement qu’on arrivait à se demander s’ils étaient vraiment sur le terrain. Tout se jouait dans les petits détails, les corners, les fautes, les coups de pieds arrêtés, les arrêts magistraux d’Oblak, un Kroos aux passes 5 étoiles.

L’Atletico était complément méconnaissable. Je pouvais entendre de chez moi (j’habite pas très loin du Bernabéu mais quand même…) ce que pensait Simeone. L’Atletico nous a habitués à être un adversaire de taille et on a eu le droit cet après-midi à un Koke qui a offert au Real Madrid sa meilleure occasion, un Carrasco imprécis et un Griezmann qui se cherchait et qui a fini par trouver le chemin des buts à 4 minutes de la fin, montrant au Real Madrid ce que c’est que de faire une Ramos.

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Antoine Griezmann égalise pour ce derby (Reuters)

Des changements douteux

On peut se plaindre, mais ce match a surtout été l’occasion de montrer la tactique de l’entraîneur de ceux qui recevaient. En effectuant des changements qui ne voulaient pas dire grand chose. Alors c’est le moment de le dire. Je respecte Zidane le très grand joueur, mais Zidane l’entraîneur n’est, malheureusement, pas à la hauteur d’un Real Madrid. Alors vous allez me demander pourquoi il est encore là ? Tout simplement parce qu’il s’appelle Zinedine Zidane. Bale aurait dû être sorti au bout de cinq ou dix minutes tant il était invisible. On a vraiment l’impression que Zidane a peur de le sortir, comme s’il jouait sa place. Il y a eu un autre changement douteux. Kroos. Un joueur aussi bon aujourd’hui, qui était prêt à laisser un rein sur le terrain a été remplacé à la 70ème. Pourquoi ? Personne, pas même Zidane, ne le sait. Et je vous parie que ce changement, il l’aurait fait des centaines de fois. Le problème c’est qu’il a fait cette tactique pensant que c’était un match comme un autre, comme si la Liga n’était pas en jeu.

Mais s’il y a bien une chose que l’on sait, c’est que le football n’est pas juste, que les buts ne reflètent pas du tout la qualité du match. Ce derby n’était pas du tout à la hauteur d’un vrai derby. Au final, le match nul est juste et justifié.

Ce match nul aurait pu coûter très cher au Real Madrid qui aurait pu perdre la tête de la Liga si son rival le Barca ne s’était pas incliné 2-0 à domicile face à Malaga. Un coup de grâce pour les fans de football. Cette Liga se jouera une fois de plus lors d’un Clasico. Rendez-vous le 23 avril.

Real-Atletico : un ennui de derby

par Sonia Malek Temps de lecture : 3 min
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