Le Tour du Qatar (compétition hors World tour) commence le 8 février prochain, l’occasion pour les sprinters Cavendish et Boasson Hagen de faire leur rentrée. En effet, c’est la reprise des grandes compétitions de cyclisme professionnel. En avant donc pour un nouveau tour de piste ! La saison 2016 devrait être encore une fois riche en exploits, en rebondissements, en révélations et en consécrations.

Les débuts du World tour

La petite reine a repris ses droits avec le coup d’envoi le 19 janvier dernier de la première compétition majeure, le Tour Down Under, une sorte de tour de l’Australie divisé en six étapes et qui fait partie du calendrier World Tour. Pour les premiers tours de roues au pays du kangourou, c’est justement un Australien, Simon Gerrans, qui se hisse sur le haut du podium. Le coureur de 35 ans, membre de l’équipe australienne Orica-GreenEDGE, a remporté cette première compétition pour la quatrième fois dans sa carrière. Ce premier rendez-vous a déjà permis l’émergence d’un surprenant coureur, Caleb Ewan, sprinter de 21 ans et coéquipier de Simon Gerrans, qui a remporté la première puis la dernière étape au sprint final, devant des coureurs expérimentés et habitués à cet exercice. Pas sûr donc que les Mark Cavendish, Arnaud Démare, Marcel Kittel, Edvald Boasson Hagen, Nacer Bouhanni, Tom Boonen ou encore André Greipel ne l’entendent de cette oreille, mais ils surveilleront de près le jeune homme dans les emballements finaux, typiques des étapes plates.

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Simon Gerrans et Caleb Ewan. AFP PHOTO / DAVID MARIUZ

Les classiques du printemps

Le Paris-Nice du 6 au 13 mars et le Tirreno-Adriatico, qui se déroulera en Italie du 9 au 15 mars, seront les premiers grands rendez-vous du calendrier World Tour du printemps et permettront de faire le point sur les forces en présence dans le peloton et d’anticiper la forme ou la méforme des principaux coureurs. C’est aussi l’occasion pour certaines équipes, invitées à participer, de se montrer et de, pourquoi pas, voler la vedette aux cadors avec une victoire d’étape ou un maillot distinctif en vue. Sur ces épreuves, se sont des coureurs comme Chris Froome, Richie Porte, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Joaquim Rodriguez ou Nairo Quintana, grandissimes favoris des tours auxquels ils participent, qui vont tenter de gagner des étapes-clés et d’obtenir la meilleure place possible au classement général. C’est également l’occasion pour les outsiders ou les chasseurs d’étapes de montrer les crocs et inscrire une victoire au palmarès. Sur le Paris-Nice en général, les coureurs français profitent de cette occasion pour se distinguer, ce fut le cas en 2015 de Tony Gallopin, qui est passé tout près de remporter le classement général définitif avec une victoire sur l’avant-dernière étape avant de chuter finalement à la 6e place, laissant la victoire finale à l’Australien Richie Porte. Ce dernier possède de sérieuses chances dans la chasse au podium d’un grand tour.

Un peu plus tard dans le mois et jusqu’en avril arrivent les courses dites « flandriennes » et du nord. Ainsi vont s’enchaîner des courses hors normes et qui peuvent parfois laisser des séquelles dans le peloton, jusqu’aux meilleurs coureurs, avec des parcours souvent chaotiques, vallonnés et parfois pavés. Cela commencera par le Milan – San Remo (19 mars), l’une des plus vieilles courses du monde mais aussi l’une des plus longues avec près de 300 kilomètres. Viendront ensuite le Grand-Prix Harelbeke (25 mars), le Gand-Wevelgem (27 mars) puis le Tour des Flandres (3 avril). Le 10 avril, les coureurs devront se confronter au terrible, redouté et légendaire Paris-Roubaix. L’Amstel Gold Race (le 17 avril), la Flèche Wallonne (le 20 avril) puis le Liège-Bastogne-Liège (le 24 avril) concluront ce marathon. Pour ce genre de compétition, il y a des spécialistes qui ont leurs noms gravés dans la légende de ces courses folles. Fabian Cancellara, Tom Boonen, Lars Boom, Philippe Gilbert, Greg Van Avermaet, Heinrich Haussler, Alexander Kristoff, Peter Sagan, Stijn Devolder, Vincenzo Nibali ou encore Chris Froome ont tous leur chance. L’un des principaux coureurs de ces classiques sera absent, John Degenkolb, vainqueur du précédent Paris-Roubaix, ayant été renversé avec cinq autres coureurs de l’équipe Giant (dont le français Warren Barguil) par une voiture lors d’un entraînement en Espagne le 23 janvier.

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John Degekolb, le grand absent des classiques du printemps – (c) Denis Menchov

Grands tours, rêve olympique et maillot arc-en-ciel

Vient ensuite le tour des grandes boucles. En premier lieu le Tour d’Italie, plus connu sous le nom « Giro ». Celui-ci partira, comme le Tour de France 2015, des Pays-Bas. Au programme du Giro 2016, trois contre-la-montre et sept étapes de montagne, un parcours accidenté et chronométré qui devrait plaire aux meilleurs coureurs complets, ceux qui sont capables de briller ou de laisser la concurrence à l’abandon dans les pentes ardues des Apennins et de gagner un peu plus de temps sur les épreuves chronométrées. Si Alberto Contador, leader de la formation dano-russe Tinkoff, estime que ce parcours est équilibré et que les contre-la-montre creuseront les écarts, ce Giro plaît à l’italien Vincenzo Nibali par la grande difficulté de cette épreuve, qu’il a remporté en 2013. Le Tour de France, qui partira de la Manche le 2 juillet et s’étendra sur trois semaines, présente un parcours spectaculaire avec neuf étapes montagnardes, dont une en chrono et l’ascension du mythique Mont-Ventoux le 14 juillet, qui devrait inspirer les meilleurs coureurs français pour une victoire d’étape et pourquoi pas une place sur le podium final, comme Thibaut Pinot et Jean-Christophe Péraud en 2014.

Entre la Grande Boucle et la Vuelta espagnole se glisseront les Jeux Olympiques à Rio de Janeiro (Brésil). Il y a quatre ans, dans les rues de Londres, alors que les spécialistes de la petite reine s’attendait à une victoire sur sprint (notamment de Mark Cavendish), c’est le kazakh Alexander Vinkourov (aujourd’hui retraité) qui s’est imposé seul au terme d’un finish surprenant, juste devant le colombien Rigoberto Uran. Rien ne permet donc de deviner quel sera le profil du prochain champion olympique, en ce qui concerne le cyclisme en ligne. Pour le contre-la-montre, l’Allemand Tony Martin, qui domine la discipline depuis plusieurs années, pourrait succéder au britannique Bradley Wiggins. Verdict les 6 et 10 août. Les Jeux ne seront pas terminés que commencera le Tour d’Espagne, lui aussi très axé sur la grimpette, avec un enchaînement d’étapes de montagne et de parcours vallonné. C’est en conclusion de la saison, vers la mi-octobre, que les championnats du monde se dérouleront au Qatar et comme pour les Jeux, la victoire devrait se jouer sur un sprint mais attention aux baroudeurs et aux puncheurs en cas d’hésitation du peloton dans la dernière ligne droite.

En résumé, l’année 2016 sera encore une fois pleine de suspens, ce jusqu’au classement final de l’Union Cycliste International, qui récompense le coureur et les équipes qui ont accumulé le plus de points sur l’ensemble de la saison. Un Graal décroché en 2015 par Alejandro Valverde, leader de la formation Movistar. La petite reine nous réserve encore bien des histoires.

Romain Lambic

C’est reparti pour un tour !

par Romain Lambic Temps de lecture : 5 min
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