Chaque bataille est difficile, chaque accomplissement, chaque victoire vient après un effort, après avoir tout donné. Après tout, ne dit-on pas que tout travail mérite salaire ? Parfois, il est vrai, le sport et la vie en général sont injustes. Des victoires qui ne sont pas méritées, des dopés non contrôlés, des abandons non voulus. Mais le travail paie. Toujours. On est toujours récompensé si on ne baisse pas les bras. Moi, Andy Murray, je ne l’ai pas fait et ce dimanche, je vais jouer une finale parisienne, une finale sur le Court Central de Roland-Garros.

Roland-Garros Murray
Je jouerai la finale de Roland-Garros / Alastair Grant/AP/SIPA

Ma première finale à Roland-Garros

Ma dixième en Grand Chelem, la millième contre Djokovic. Les fans de sport appelleraient ça, un clásico. J’appelle ça, la relève. Il y avait les Federer – Nadal puis il y a eu les Nadal – Djokovic, il y a maintenant, les Djokovic – Murray. Ma première finale. La première d’un Britannique depuis la défaite de  Bunny Austin en 1937.

Murray / Djokovic : une finale de rêve ?

« Une finale de rêve qui n’a rien d’une surprise. » C’est le titre que j’ai vu revenir souvent depuis que j’ai battu Wawrinka. Tout simplement parce que Novak est numéro un mondial et moi le numéro deux. Tout simplement parce que le champion de Roland-Garros, Rafael Nadal, a déclaré forfait. Tout simplement parce que sur le papier, Roland-Garros appartient déjà à Novak Djokovic, le seul titre du Grand Chelem qui lui manque.

Voilà comment pensent les journalistes, voilà comment pense le public.

Mais voilà, ils se trompent. Ils oublient une chose. Le tennis, c’est comme la vie. Tout peut arriver. Ce que personne ne voyait venir, ce que personne n’attendait, ce que personne ne voulait. Mais c’est comme ça. Wawrinka le sait très bien. C’est de cette façon qu’il avait battu Novak en finale de Roland-Garros la saison dernière.

Parlons de Wawrinka, justement. En demi, on s’est fait la guerre. Je l’ai gagnée en étant le plus stratège. Sa défense était son armure. Je l’ai percé en l’envoyant au fond du court et avec mes amorties. Il avait plus de coups gagnants que moi, mais aussi plus de fautes. J’ai réussi à lui prendre son service et à le retourner contre lui. C’est drôle, parce que j’ai entendu dire que je n’ai pas eu besoin de me battre, que ce n’était pas difficile. Stan et moi nous nous sommes livrés une bataille pendant deux heures et 35 minutes et pas pendant 50 minutes. Tout a l’air plus facile lorsqu’on est uniquement spectateur. Ça me rappelle étrangement ces personnes qui se permettent de juger tes décisions en décrétant qu’eux a ta place, il n’aurait pas pardonné. C’est justement ça le problème, vous n’êtes pas à ma place. J’ai vaincu mais en me battant.

Roland-Garros est espagnol. Roland-Garros est américain. Ce dimanche, Roland-Garros sera serbe ou anglais. Rien n’est joué d’avance, tout peut être renversé si on s’en donne les moyens, si on lutte. Dans nos duels, Novak mène 23 à 10, 4 à 2 en finale.

Je n’ai jamais fait attention à ce qui était écrit sur le papier… Et je compte bien renverser la tendance.

Roland-Garros : Dans la tête de Murray

par Sonia Malek Temps de lecture : 2 min
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