Souvenez-vous, en mars je vous ai fait la critique de Running up that bridge de Florie, que vous pouvez découvrir ou redécouvrir par ici. Une histoire d’amour et de haine entre Hugo Rosenbach et Daël Hamilton, héros dont les familles se haïssent, s’insultent et s’entre-tuent. La fin du tome 1 ne laissait pas beaucoup d’espoir à Daël et Hugo. Il finissait sur une promesse que les deux protagonistes ne pouvaient pas tenir : la promesse d’être ensemble, de s’aimer et de l’assumer. Dans ce tome, lors de ces deux actes, tout change, tout s’amplifie nous rappelant que eros et thanatos  ne peuvent pas fonctionner l’un sans l’autre. Ce tome de Running up that bridge est beaucoup plus sombre que le précédent et c’est tout à fait logique lorsqu’on sait que c’est dans ces actes III et IV que l’amour de Daël et Hugo s’exprime. A la fin du tome 1, Daël et Hugo s’aiment déjà sans jamais se l’avouer. Pourtant, la vérité leur éclate en pleine figure : ils sont amoureux et ils s’aiment fort. Ce n’est pas qu’ils ne peuvent pas se l’avouer mais ils ne le veulent absolument pas. Ils refusent d’assumer leur sentiment. Ils tâtonnent, ils refusent leur amour. Ce tome 2 de Running up that bridge parle de ça : l’amour, la haine, la vengeance et leur force à fonctionner ensemble. Un tome 2 à la hauteur du tome 1 qui nous avait tant plu.

La haine plus fort que l’amour

« Je voudrais t’aimer plus fort que ça. T’aimer plus fort que ma haine. »

La haine qu’entretient leur famille se mêle à l’histoire d’amour des deux protagonistes. Dès le premier chapitre, le ton est donné. En amour, il faut être égoïste, il faut l’être pour être heureux mais Daël et Hugo n’en ont pas le droit.  Lorsqu’ils veulent être égoïstes, lorsqu’ils veulent oublier leurs familles, une situation extérieure vient leur rappeler qu’ils se détestent ou du moins, qu’ils sont censés se détester. La culpabilité et la haine viennent reprendre le dessus sur l’amour.  Lorsqu’ils vont faire l’amour pour la première fois, le cousin de Daël vient interrompre ce moment et découvre que son cousin est avec un Rosenbach. Tout chavire aussi vite que le calme a été installé. Pour leur première fois, c’est un peu pareil, les problèmes extérieurs viennent menacer leur cocon si précieux. Le lecteur n’est jamais sûr de la fin, jamais sûr qu’il y aura une happy-end, jamais sûr que les deux familles se pardonneront et oublieront une bonne fois pour toute leur nom de famille. Il ne faut pas oublier n’ont plus que Running up that bridge est une réécriture très libre de l’oeuvre de Shakespeare et les figures de Roméo et Juliette ne sont pas Daël et Hugo mais un autre couple qui lui, ne connait pas le même sort que nos deux héros. A vous de découvrir ce qui leur arrive. 

Running up that bridge haine
Running up that bridge, tome 2 / Photo de l’auteur, Florie

L’auteur cherche à ne jamais dissocier la haine de l’amour et elle y réussit avec brio. A aucun moment, la tension entre les Rosenbach et les Hamilton ne s’essouffle. Jusqu’au bout, on vibre et surtout on se demande quel clan a raison. D’ailleurs, c’est complètement impossible de prendre partie. Les deux clans souffrent, les deux clans font souffrir, les deux clans ont tort et les deux clans ont raison. 

Running up that bridge, toujours ancré dans la réalité

La deuxième force de ce livre, c’est qu’il est profondément réel. Comme dans la vie, l’amour ne résout pas tout, l’amour ne résout pas les problèmes, l’amour n’efface pas la haine et le dégoût qu’ils se portent. Dans Running up that bridge, le lecteur arrive même à se demander si la relation entre le cadet des Rosenbach et l’aîné des Hamilton n’en crée pas encore plus. L’amour entre le Roméo et la Juliette de Florie, qui je dois le rappeler ne sont pas les héros de l’histoire, ne fait qu’en rajouter. Un amour d’adolescents qui ramènent les premiers morts de l’histoire (je ne vous dis pas lesquels, je ne veux pas qu’on me condamne pour spoil). Deux morts de chaque côté, un équilibre parfait. 

Alors évidemment, on peut se demander si il n’y a pas trop de drames qui arrivent à ces deux familles. Trop de morts, trop d’événements que l’on ne voit justement que dans les romans et c’est peut-être sûrement le cas, mais les situations qu’ils vivent sont réelles. On se pose la question du droit d’aimer dans notre société dite moderne. A-t-on le droit d’aimer une personne qui est différente de nous ? A-t-on le droit d’aimer une personne que notre famille n’accepte pas ? A-t-on ce droit fondamental ? et surtout : comment se pardonner soi-même d’aimer quelqu’un que notre famille déteste ? C’est aussi toutes ces questions que se pose Florie dans Running up that Bridge. 

Avec cet erosthanatos et cette haine latents, le lecteur arrive à se demander si une happy-end sera possible entre les Rosenbach et les Hamilton. Une situation que l’on retrouve même dans le résumé de ce tome 2 :

 « – On n’est pas les héros de l’histoire Daël

– Ça n’existe pas les héros. Pas dans la réalité.

– Les fins heureuses non plus. »

 La fin du tome 2 de Running up that bridge n’est pas vraiment la fin de roman puisque l’auteur a décidé d’écrire un dernier acte qui clôturerait les aventures, mésaventures et l’amour de Daël et Hugo. Un dernier acte, où l’on verra si cette fois-ci, l’amour est plus fort que la haine.

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Running up that bridge : la haine plus fort que l’amour

par Sonia Malek Temps de lecture : 4 min
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